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Attentats en Turquie: Ankara accuse le régime syrien, qui dément

Attentats en Turquie: Ankara accuse le régime syrien, qui dément
11 mai 2013 à 20:262 min
Par Belga News

Le régime syrien a démenti dimanche toute implication dans le double attentat qui a fait 46 morts dans une localité turque frontalière. "La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas", a affirmé le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi, dans une conférence de presse.

"Nous avons été attristés par la mort de martyrs" a ajouté le ministre. "C'est (Reccep Tayyib) Erdogan qui doit être questionné sur cet acte (...). Lui et son parti en assument la responsabilité directe", a poursuivi Omrane al-Zohbi, qualifiant le Premier ministre turc d'"assassin".

Les accusations d'Ankara

Le gouvernement turc, ancien allié de Damas, soutient désormais l'opposition et les rebelles contre le président Bachar al-Assad."Les personnes et l'organisation qui ont mené (l'attaque) ont été identifiées. Il a été établi qu'elles étaient liées à des organisations soutenant le régime syrien et ses services de renseignement", a déclaré au cours d'une conférence de presse Muammer Güler.

Le vice-Premier ministre Besir Atalay a pour sa part précisé que les auteurs de l'attentat ne venaient pas de l'autre côté de la frontière, mais se trouvaient en Turquie. "Selon nos informations, les auteurs venaient de l'intérieur" a-t-il dit.

"Les coupables paieront"

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a de son côté mis en garde les auteurs de l'attentat, d'où qu'ils viennent. "Les coupables en paieront le prix, qu'ils viennent de l'intérieur ou de l'extérieur du pays", a-t-il dit aux journalistes lors d'un déplacement à Berlin. Interrogé sur la nécessité d'appeler à une action de l'OTAN, il a déclaré: "Elle n'est pas nécessaire pour le moment".

Dans une allusion implicite aux alliés du régime syrien, y compris l'Iran, le ministre a ajouté: : "Nous avons toujours appelé ceux qui soutiennent le régime syrien à ne pas s'allier avec ceux qui commettent un crime contre l'humanité". Le bombardement de Reyhanli montre la nécessité d'"une solution urgente" au problème syrien, a-t-il dit.

Plus tôt dans la journée, il avait souligné la "coïncidence" entre ces attaques et une "accélération" des efforts pour résoudre la crise syrienne, avec notamment une visite prévue du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Washington le 16 mai. Il a souligné que ces attentats ne modifieront pas la politique d'accueil de la Turquie vis-à-vis des réfugiés. "Quiconque se réfugie ici est notre hôte", a-t-il dit. La Turquie soutient les rebelles syriens et accueille quelque 400.000 réfugiés syriens.

La Turquie sous le choc

L'attentat s'est produit dans la ville de Reyhanli située à 8 km de la frontière syrienne. Reyhanli accueille, bon gré mal gré, des milliers de syriens qui fuient les combats dans leurs pays. Deux camions bourrés d'explosifs ont sauté devant la mairie et la poste. Il y a 46 morts, des centaines de blessés. Des voitures sont détruites et des vitres soufflées dans un rayon de 200 m.

Les attentats ont provoqué la panique chez les habitants : des groupes de jeunes s'en sont pris à des ressortissants syriens mais la police a dispersé la foule en tirant en l'air.

La Turquie, qui a déjà accueilli quelque 400.000 réfugiés syriens, n'entend pas modifier sa politique d'accueil.

La RTBF avec Belga

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