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Attentats de Paris: " Les vivants vont payer pour les morts ", craint l'avocat d'Abrini au micro de #Investigation

Procès des attentats: droit de défense

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15 sept. 2021 à 04:00 - mise à jour 15 sept. 2021 à 15:11Temps de lecture2 min
Par Axel Van Weyenbergh et Martine Ernst

Une semaine après l’ouverture du procès historique des attentats de Paris, #Investigation vous propose de rencontrer un des hommes clés. Stanislas Eskenazi, l’avocat de "l’homme au chapeau", a accepté de sortir de l’ombre et parler du dossier pour la première fois. Nos équipes ont pu le suivre dans sa préparation avant le jour J et durant les premiers jours du procès.

Son client, Mohamed Abrini, risque la perpétuité. Il craint qu’il ne soit condamné d’avance : "Je suis convaincu qu’il sera un bouc émissaire parce que les vivants paieront pour les morts". Des commandos des attentats de Paris, seul Salah Abdeslam est toujours en vie. Oussama Atar, le présumé commanditaire est déclaré mort en Syrie et Abdelhamid Abaaoud, le chef coordinateur a été tué, lors d’un raid, quelques jours après les attentats de Paris. 

Un combat perdu d’avance 

Au palais historique situé sur l’île de la Cité à Paris, le quadragénaire monte sur le ring judiciaire pour défendre le dossier de sa vie. Boxeur amateur, pour lui, chaque procès est un combat :

Mes adversaires ne sont pas les victimes, je les respecte plus que tout. Elles dicteront mon comportement pendant tout le procès. Mon adversaire, c’est le parquet.

Avec Salah Abdeslam, seul survivant des attentats de Paris, son client est l’autre figure centrale du procès. Mohamed Abrini  est surnommé l’homme au chapeau depuis les attentats de Bruxelles. Le 22 mars 2016, c’est lui qui abandonne son chariot d’explosifs à l’aéroport de Bruxelles et s’enfuit. La veille des attentats de Paris, le 12 novembre 2015, il était avec les commandos qui feront 130 morts et 350 blessés. 6 ans après la nuit d’horreur, le procès de Paris déterminera la responsabilité du belgo-marocain âgé aujourd’hui de 36 ans.  Stanislas Eskenazi se bat pour lui depuis 5 ans.

 

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Abrini, un coup du hasard

La date du 8 avril 2016, l’avocat ne l’oubliera jamais. Il est de garde " Salduz " quand on l’appelle pour assister l’interrogatoire d’un homme qui vient d’être interpellé. La surprise est de taille quand il découvre à qui il a affaire : après 4 mois de cavale, un des 2 fugitifs les plus recherchés avec Salah Abdeslam, vient d’être arrêté à Anderlecht. C’est Mohamed Abrini. L’avocat est impressionné quand il est face à lui, dans les sous-sols du commissariat de la rue Royale à Bruxelles, entouré par une 50aine de policiers surarmés.

Mohamed Abrini le mandate. Après avoir demandé conseil à l’un de ses mentors, l’avocat accepte et pas seulement par devoir. "Je n’aime pas qu’on tire sur des chevaux à terre. J’ai eu l’étrange impression que tous les dés allaient être pipés d’avance et je pensais pouvoir apporter un autre regard sur ce qui s’est passé."

Un avocat atypique

"Stan", comme l’appellent ses proches, a un parcours atypique. Il a décroché un diplôme d’avocat à 27 ans, en suivant les cours du soir. Il est spécialisé en droit fiscal et commercial. Avant d’être avocat, il était serveur, agent de sécurité et aussi programmateur au Maroc.

Dans sa jeunesse, il a fréquenté les quartiers bruxellois, notamment ceux de Molenbeek, là où son client Mohamed Abrini a grandi: "Une personne qui a grandi dans le 18ème à Paris ou qui a grandi à Molenbeek… n’a pas les mêmes codes culturels, n’a pas la même façon de parler et donc je pense avoir ma pierre à apporter à l’édifice du procès". Le combat de l’avocat sera long. Après un procès marathon de 9 mois à Paris, il enchaînera dans la foulée le procès des attentats de Bruxelles.

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