Attentats de Paris: des gendarmes du GIGN s'en prennent à leur chef dans une lettre

Des gendarmes du GIGN s'en prennent à leur chef dans une lettre anonyme.

© MATTHIEU ALEXANDRE - AFP

13 juil. 2016 à 01:31 - mise à jour 13 juil. 2016 à 01:31Temps de lecture1 min
Par RTBF

Une lettre de trois pages s'en prend au patron du GIGN, le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale française, révèle Le Canard Enchaîné dans un article intitulé "Des gendarmes du GIGN au bord de la mutinerie".

"Voilà maintenant deux ans que nous subissons le commandement injuste et peu légitime du colonel Bonneau (…) un mauvais chef (…) qui fait de son mieux pour minimiser la Force intervention", écrivent les auteurs du courrier.

Évoquant l'intervention au Bataclan le soir du 13 novembre 2015, ils écrivent : "Alors que nous étions 40 opérationnels (...) prêts à mener un assaut, prêts à faire cesser la tuerie", le colonel Bonneau "attendait sagement d'être appelé" et "se cachait derrière une histoire de compétence territoriale", fustigent les auteurs, "scandalisés et traumatisés par cet événement", rapporte le site Atlantico.

Cette lettre, anonyme – les syndicats étant interdits au sein de l'armée française –, a été adressée au directeur général de la Gendarmerie nationale, le général d'armée Denis Favier, et concerne la patron du GIGN, le colonel Hubert Bonneau.

"Nous remettre en question collectivement"

Pour rappel, l'assaut au Bataclan contre les djihadistes a été mené par les unités d'élite de la police française. La commission d'enquête parlementaire sur les attentats qui vient de rendre ses conclusions a estimé qu'il n'était "pas nécessaire" de solliciter le GIGN, considérant que la BRI et le Raid étaient mobilisés en nombre suffisant pour intervenir à la salle de spectacles.

Dans un entretien au Parisien en février, le général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie (il a quitté ses fonctions depuis), déclarait néanmoins : "Une guerre avec la police serait purement suicidaire".

"Nous avons l'obligation de nous remettre en question collectivement, expliquait-il, et de travailler ensemble pour faire face." Une formule toute diplomatique à l'époque déjà.

Selon l'Agence France Presse qui a interrogé certains gendarmes sur le sujet de façon anonyme, "la lettre n'aurait été écrite que par un petit groupe de militaires insatisfaits".