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Attentat au musée du Bardo: un an après, le tourisme tunisien peine à se relever

Attentat au musée du Bardo: un an après, le tourisme tunisien peine à se relever
18 mars 2016 à 15:45 - mise à jour 18 mars 2016 à 15:452 min
Par Antoine Mahin

Le 18 mars 2015, la Tunisie était frappée en plein cœur par un attentat revendiqué par le groupe Etat Islamique. La capitale, Tunis, en était la cible et plus particulièrement le musée du Bardo. L’attaque a couté la vie à 24 personnes. Un an après ce drame, le tourisme tunisien est au plus mal.

Il y a un an jour pour jour, le musée du Bardo à Tunis était victime d’un attentat. C’est la première fois que la Tunisie est touchée par un attentat d’une telle ampleur revendiqué par l’organisation Etat Islamique (EI). L’attaque fait 24 morts : 21 touristes, un policier et les deux assaillants. Quelques mois après, seulement, l’EI frappait à nouveau mais cette fois sur la plage de Sousse, destination balnéaire phare de la Tunisie. 39 personnes perdront la vie dans cet attentat.

Suite à ces attaques, les tour-opérateurs suspendent leur vol les uns après les autres. En Belgique, ni Jetair ni Thomas Cook n’offrent de vols vers la Tunisie à l’heure actuelle. Comme le souligne Florence Bruyère, porte-parole de Jetair, "pour la Tunisie nous avons un avis de voyage négatif qui est émis par le Ministère des Affaires étrangères. C’est une référence sur laquelle nous nous basons pour déterminer si oui, ou non, nous pouvons proposer un pays à nos vacanciers." Les vols étaient déjà suspendus jusqu’en mars 2016 mais en janvier 2016, Jetair a prolongé cette suspension jusqu’à la Toussaint. Pour Jetair, les chiffres de réservations sont 85% inférieurs à ceux enregistrés l’année dernière pour la même période.

 

Coup dur pour le tourisme tunisien

Selon les derniers chiffres de l’office national du tourisme tunisien, en 2015, seulement 1,3 millions de vacanciers sont venus en Tunisie, soit 53% de moins qu’en 2014.

"C’est une catastrophe économique."

"C’est un désastre pour l’économie, bien entendu mais il y a de nombreuses familles tunisiennes qui vivaient uniquement du tourisme. C’est une catastrophe économique. De tout cœur on espère que la destination puisse être à nouveau proposée sur le marché des vacances, ici en Belgique", déclare Florence Bruyère.

Pour inciter la clientèle européenne de revenir, l’office du tourisme tunisien vient de débloquer 17 millions d’euros pour une vaste campagne de promotion.

 

Peu de liaison Belgique - Tunisie

En Belgique, plusieurs obstacles se dressent pour le touriste qui voudrait, aujourd’hui, visiter la Tunisie. Comme le dit Franklin Braeckman, porte-parole de Thomas Cook, "en Belgique, il n’y a pas, en principe, de tour-opérateurs qui proposent des voyages vers la Tunisie pour l’instant. Par contre, on sait qu’au départ de la France ou du Luxembourg, il n’y a pas d’avis négatif."

Aucun tour-opérateur ne propose de liaison vers la Tunisie. Une seule possibilité pour partir de la Belgique : voyager avec Tunis Air. C’est la seule compagnie aérienne qui propose des voyages vers la Tunisie au départ de la Belgique.

Mais un autre problème se pose alors : le prix. La Tunisie, réputée pour être une destination avec un excellent rapport qualité-prix, devient une destination de luxe. Tunis Air, qui détient le monopole, n’hésite pas à demander des prix quatre à cinq fois plus élevés.

La Tunisie a de plus en plus de mal à attirer les touristes. Les récentes attaques de Ben Guerdane n’ont pas arrangé les choses mais l’office du tourisme garde espoir. "La baisse est stabilisée", selon eux. Les tour-opérateurs belges suivent de près la situation tunisienne et les avis du Ministère des Affaires étrangères. Ils espèrent pouvoir rapidement proposer à nouveau la Tunisie à leur vacancier.

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