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Astronomie : et si on décryptait la voie lactée ?

Astronomie : et si on décryptait la voie lactée ?

01 juil. 2021 à 14:39Temps de lecture4 min
Par Antoine Binamé avec la Fédération Francophone d’Astronomes Amateurs de Belgique

    On le dit souvent : le moment le plus propice pour observer la voie lactée... c'est l'été ! D'accord... Mais qu'est-ce donc que cette fameuse "voie lactée" dont on entend si souvent le nom dans la bouche des astronomes (amateurs ou professionnels !) ? On s'est penché sur le sujet avec nos collègues de la Fédération Francophone d’Astronomes Amateurs de Belgique !

    Une définition théorique...

    Quand on parle du ciel et qu'on évoque la "voie lactée", on parle spécifiquement d'une concentration d'étoiles appartenant à une galaxie dans laquelle notre système solaire se trouve. Ces étoiles, à l'œil nu du moins, ne sont pas discernables les unes des autres et forment ainsi une traînée blanche qui a finalement donnée son nom à toute notre galaxie.

    Concernant notre fameuse galaxie, son diamètre estimé est de 120 000 années-lumière environ. Si cela ne vous dit rien (et ne vous cachera pas qu'au premier abord ce n'était pas notre cas non plus), on va essayer de vous donner quelques notions un peu plus concrètes... Commençons par "du basique" !

    Une année-lumière correspond tout simplement à la distance parcourue par la lumière en une année (jusque-là on ne vous apprend rien), ce qui équivaut ... à environ 9.461 milliards de km soit 63 240 unités astronomiques (une unité astronomique, ou UA, correspond à la distance moyenne Terre-Soleil). En clair : une année lumière correspond à plus de 63 000 fois ce fameux trajet Terre-Soleil... et le diamètre de notre galaxie vaut encore 120 000 fois plus !

    C'est toujours aussi abstrait ? Nous sommes d'accord ! On a donc posé la question à Maité Dumont (doctorante au STAR Institute, pour Space sciences, Technologies and Astrophysics Research, de Liège) qui nous propose deux images plus parlantes. Premièrement, si vous aimez les distances, imaginez que la Terre soit un simple grain de sable, le diamètre de la voie lactée serait proche de... 10 000 aller-retour Paris-New York ! Et deuxièmement, si vous préférez avoir une idée de "durée", imaginez un instant que l'humanité dispose d'un vaisseau spatial capable de faire le tour de la Terre en une seule seconde... il lui faudrait pas moins de 300 000 ans pour traverser, à cette vitesse, notre Galaxie !

    Concernant cette fameuse "trainée blanche", elle correspond en fait à l'observation que nous faisons de notre propre galaxie (nous en sommes plutôt à la périphérie) vue par la tranche, en direction du centre galactique, là où la concentration d'étoiles est la plus forte. Une image étant parfois plus parlante, on vous en propose une tirée du site de la NASA, la National Aeronautics and Space Administration américaine.

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    ... mais aussi un peu de poésie !

    Toutes les cultures, à tous les âges, ont envisagé le ciel et élaboré une mythologie à son propos. Les constellations que nous observons chaque nuit possèdent chacune une (ou plusieurs!) histoire imaginée par des peuples anciens, des histoires merveilleuses (on pense par exemple à Séléné, la Lune personnifiée, mais aussi à constellation d'Andromède qui s'attira les foudres de Poséidon, Orion, le chasseur, qui devint l'ennemi de la déesse Artémis,...) qu'on vous invite bien évidemment à découvrir... 

    Dans le cas qui nous concerne, la voie lactée, l'histoire tirée de la mythologie grecque est la suivante : Héraclès (ou Hercule, on parle du même personnage), le mythique fils de Zeus et de l'humaine Alcmène, ne possédant pas l'immortalité propre aux dieux de l'Olympe fût placé au sein d'Héra, sœur et compagne de Zeus, pour acquérir ce précieux cadeau. Les versions divergent alors (surprise Héra l'aurait arraché à sa poitrine ou encore Hercule, ne maitrisant pas encore sa force envoyant une giclée de lait) mais c'est de la projection du lait d'Héra dans le ciel que serait née notre fameuse "voie lactée"... !

    Nous sommes d'accord avec vous : c'est un peu plus poétique que les unités astronomiques dont nous parlions plus tôt !

     

     

    Comment la situer ... et l'observer ?

    https://stellarium-web.org/

    Lorsque l'été est en place, en juillet et en août, la voie lactée est plus facile visible. Elle s'étire depuis l'horizon sud (elle y est plus dense puisque le centre galactique se situe dans cette direction) vers l'horizon nord

    Elle traverse plusieurs constellations, notamment celle du Scorpion, du Sagittaire mais aussi celles de l'Aigle, du Cygne ou de Cassiopée (nous vous parlions plus haut d'histoires merveilleuses liées aux constellations, penchez-vous sur celle de Cassiopée qui se croise avec l'histoire mythique d'Andromède!).

    Pour la distinguer à l'œil nu, fuyez bien sûr toute pollution lumineuse (exit donc les ciels urbains, il faudra impérativement vous rendre dans la campagne loin de tout éclairage parasite) d'autant que l'éclat de cette fameuse voie lactée n'est pas très intense... Not so easy ! Après avoir repéré cette trace blanchâtre, munissez-vous d'une paire de jumelles et observez les milliers d'étoiles qui la compose... Un spectacle magnifique ! 

    Comment la photographier ?

    Vous l'avez repérée ? C'est bon ? Vous souhaitez maintenant la photographier ? C'est bien sûr possible, moyennant quelques conseils. Tout comme la photographie d'éclipse, la photographie de la voie lactée nécessite quelques ajustements particuliers !

    Munissez-vous au minimum d'un appareil reflex, d'un objectif à courte focale (on parle ici de 14mm ou moins!) et de l'indispensable trépied. On l'oublie parfois en prenant de "simples" photographies... mais la Terre tourne, hé oui! Si on veut éviter que les étoiles n'apparaissent comme des traits (plutôt que des points), il faut donc privilégier un grand angle. 

    Question paramétrage de l'appareil, retenez une règle simple : plus la focale est courte, plus longue pourra être le temps de pose (25 secondes par exemple sur un 14mm avec un capteur APSC). On vous conseille bien sûr, puisque le but est de faire rentrer un maximum de lumière, de privilégier un objectif à grande ouverture (F/2.8, F/2 ou moins si vous avez!). Concernant la valeur ISO, le dilemme est le même que d'habitude en photographie : on souhaite un ISO élevé pour capturer plus de détails ... mais cela risque de "bruiter" votre image, l'équilibre est donc à trouver ! 

     

     Quelques essais... et hop ! Une splendide image à partagez sur notre groupe Météo RTBF, ciel partagé !

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