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On n'est pas des pigeons

Assurance solde restant dû : là où les banques se rattrapent

Assurance solde restant dû : là où les banques se rattrapent

On n'est pas des pigeons

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Et si on se faisait pigeonner ? À la banque, quand on achète, on veut tous un taux bas. Et quand on a le taux bas, on dit qu’on a réussi un bon coup… Mais ça ne serait pas tout à fait juste. La DH attire l’attention des clients sur l’assurance solde restant dû. Car c’est là que les banques se rattrapent.

Rester focalisé uniquement sur le taux du crédit hypothécaire ne serait pas une bonne idée. C’est l’analyse qu’a faite ce matin Vincent Shmidt, journaliste pour la Dernière Heure. En premier lieu, il relève dans son article les différences entre le taux d’affiche et le taux proposé finalement. " Celui qui figure dans ce dépliant ou qui se trouve sur les affiches dans les banques, il est assez élevé. Donc on se dit que ce n’est pas tellement intéressant. Puis on pousse la porte de la banque, et sans vraiment négocier, on obtient un taux qui est nettement plus bas. Et parfois si on a un taux d’affiche qui est à 2,80%, on se retrouve avec un taux à 1,60% et on se dit qu’on a fait une bonne affaire. Mais après, ça se gâte ".

Pour se rattraper, la banque met des conditions pour l’obtention de ce taux bas qu’elle propose, sans même réellement négocier.

En effet, ça se gâte car il y a de fortes chances que votre banquier vous accorde cette "faveur" à condition que vous souscriviez une assurance solde restant dû auprès de la banque, et une assurance incendie. Vincent Shmidt explique à nouveau : " La banque doit bien se rattraper. Pour le moment on le sait, les taux sont bas et historiquement bas depuis quelques années. Donc pour se rattraper, elle met des conditions pour l’obtention de ce taux bas qu’elle propose, sans même réellement négocier. Donc si on a un taux de 1,60% par rapport à un taux de 2,80% en affiche, elle va assortir des conditions. Et la première, c’est généralement la conclusion d’une assurance "solde restant dû". Et là, on voit qu’entre l’assurance "solde restant dû" que l’on contracte dans la banque qui offre ce taux bas, et celle que l’on peut obtenir sur le marché, il y a franchement de grandes différences et de grands écarts. Cela peut atteindre, sur des crédits, plusieurs dizaines de milliers d’euros ".

Prenons un exemple concret : le cas d’un couple qui emprunte 400.000 euros pour l’achat de sa maison. Au taux de 1,50% (sur 25 ans), le total d’intérêts qu’il devra payer est de 79.923 euros. Au taux de 1,70%, le total d’intérêts monte à 91.281 euros. Le couple se dit qu’avec une différence de 11.358 euros, il fait une bonne affaire. Mais si on inclut dans le calcul l’assurance solde restant dû, l’économie n’est plus que de 2237 euros avec le meilleur taux…

La banque est tenue de proposer à l’emprunteur un document sur lequel figurent la totalité des coûts liés à ce crédit

De plus, les banques ne peuvent pas faire de ventes couplées. Mais elles ne considèrent pas vraiment cette pratique comme étant de la vente couplée. La banque pourrait refuser de vous octroyer le crédit si vous ne prenez pas l’assurance solde restant dû et l’assurance incendie chez eux. Ou alors elle vous proposera un taux qui est loin d’être le plus bas. En d’autres termes, elle vous propose de vous faire une fleur si vous achetez d’autres de ses produits. Et elle se rattrape ensuite sur ces produits. " Si on pouvait choisir son assurance solde restant dû ailleurs, avec un taux plus élevé, il y a de grandes chances pour que sur la totalité du crédit, on paie moins " nous dit Vincent Shmidt.

Attention par contre ! La banque est tenue de proposer à l’emprunteur un document sur lequel figurent la totalité des coûts liés à ce crédit. Et pas seulement le taux qu’elle lui propose. " Il faut savoir aussi que si l’on cède aux sirènes des banques qui proposent un taux bas, en acceptant ces conditions, généralement c’est la domiciliation de salaire et là il n’y a pas réellement d’incidence. Et puis en cours de crédit on se dit qu’on a finalement trouvé une meilleure assurance, qu’elle soit solde restant dû ou incendie ailleurs et qu’on change, la banque, contractuellement, a le droit de relever le taux. Ce que vous avez gagné au départ, vous allez alors le perdre parce que le taux sera plus élevé ".

La DH a fait un exercice chiffré dans lequel on peut voir qu’entre les meilleures et les plus chères, c’est parfois du simple au double pour l’assurance solde restant du.

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