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Assises du Hainaut : Kristyan Gorniak seul coupable du meurtre de Demir Rusani

Krystian Gorniak photographié lors de la session de constitution du jury pour le procès d'assises.

© Belga - Benoit Doppagne

La Cour d'Assises du Hainaut a condamné ce vendredi Krystian Gorniak à une peine de cinq ans de réclusion criminelle, assortie d'un sursis probatoire pour ce qui excède quatre ans, pour le meurtre de Demir Rusani.

Il a prononcé une peine de trois ans, assortie d'un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive, contre Jenathan Mol pour des coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.    

Le 7 juin 2018, Demir Rusani a été roué de coups chez lui, à Châtelineau, par deux hommes. Il est mort trente-quatre jours plus tard à l'hôpital d'un sévère traumatisme crânien, ayant entraîné une dégradation de son état de santé général.    Son beau-fils, Krystian Gorniak, a été reconnu coupable de meurtre. Toutefois, la Cour et le jury ont estimé que son jeune âge, sa situation actuelle et le contexte dans lequel s'étaient déroulés les faits constituent des circonstances atténuantes.    Les mêmes circonstances atténuantes ont été retenues en faveur de Jenathan Mol.   La Cour a estimé que seul Krystian Gorniak était animé de l'intention de tuer son beau-père.

Le verdict

Après quatre jours de débat, les jurés de la Cour d’assises du Hainaut ont rendu un verdict. Krystian Gorniak est coupable du meurtre de Demir Rusani, par sept voix contre cinq. Jenathan Mol est reconnu coupable de coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. José Da Silva Da Costa est acquitté. 

Mardi, lors de l’instruction d’audience, Krystian et Jenathan ont déclaré qu’ils avaient porté des coups à Demir Rusani, le 7 juin 2018, chez la victime à Châtelineau. José, quant à lui, a déclaré qu’il n’avait pas porté de coups à cet homme âgé de 60 ans. Et s’il avait porté des coups à deux enfants, âgés de 16 ans, c’était involontaire. 

Vendredi, lors de leur dernière prise de parole, les deux premiers ont réitéré leurs aveux, précisant qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de tuer Demir Rusani. José a exprimé son ennui d’être impliqué dans cette histoire de famille qui lui était complètement étrangère. 

Le 7 juin 2018, Krystian Gorniak doit accompagner sa sœur, Christina, chez Demir. Les deux hommes ne s’entendent pas. Demir a épousé Zofia, la mère de Krystian, et il a traité différemment ses propres enfants et ceux de son épouse. L’enfance de Krystian fut difficile, violente, humiliante. 

Christina raconte que Demir la regarde quand elle prend sa douche. Krystian l’invite à déménager et à vivre chez lui. Pour procéder au déménagement, il faut un véhicule. On appelle José, un copain du parc qui a une voiture. On embarque Jenathan, un garçon paumé et alcoolisé, dans l’aventure. 

Le quatuor quitte Soignies pour Châtelineau. Krystian et Christina entrent dans la maison. José et Jenathan restent dans l’auto. La jeune femme prépare ses affaires à l’étage, une dispute éclate au rez-de-chaussée. Krystian frappe Demir. Son fils et sa fille interviennent. Un enfant crie et prend la fuite. Il ouvre la porte. José et Jenathan entrent dans la maison. 

Tout va très vite. Il y a une bagarre, des cris, des coups. Demir est au sol, inconscient. Le quatuor prend la fuite. Elvis appelle les secours. Demir est emmené à l’hôpital, son pronostic vital est engagé. Il meurt le 11 juillet 2018.

Un traumatisme crânien  

L’autopsie met en évidence un traumatisme crânien, lequel a provoqué une septicémie et une dégradation des organes vitaux. Sans les coups, Demir ne serait pas mort. Le lien causal est établi. 

Le juge d’instruction, qui avait inculpé Krystian et Jenathan d’une tentative de meurtre, requalifié les faits en meurtre. José est inculpé, comme les deux autres, de coups portés à des mineurs. En fin de procédure, la chambre des mises en accusation renvoie les trois hommes devant les assises pour meurtre. 

L’homicide, et donc l’intention de tuer, est soutenue par l’avocat général et les avocats des parties civiles. En portant des violents coups à la tête d’un homme, les auteurs auraient dû envisager une issue fatale. 

La défense répond qu’il y avait un couteau sur la scène de crime. Personne n’a frappé personne avec cette arme. 

Les jurés ont décidé que seul Krystian Gorniak était animé de l’intention de tuer son beau-père. Les SMS qu’il a envoyés après le crime confirment son intention de tuer. En portant de nombreux coups à la victime, il a admis le fait qu’il risquait de mourir.

Quant à Jenathan Mol, il a porté un coup à la victime, mais il n’avait pas conscience que Krystian voulait tuer Demir. Un doute subsiste sur l’intention d’homicide.

José Da Silva Da Costa est acquitté au bénéfice du doute en raison de témoignages évolutifs et contradictoires le concernant. La preuve fait défaut dans son cas. 

Les coups portés aux enfant mineurs de la victime ne sont pas établis.

 

 

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