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Assises du Hainaut : Francis Vandy, l'accusé, a été chef d'enquête

L’accusé Francis Vandy, 72 ans.

© Belga – Laurie Dieffembacq

La Cour d’assises du Hainaut juge ce lundi un ancien commissaire de la Police fédérale de Charleroi accusé d’avoir assassiné deux Roumains, avec une arme à feu, en août 2019.

Né à Charleroi le 1er juillet 1950, Francis Vandy a effectué son service militaire en Allemagne, et il en est sorti en 1974, avec le grade de caporal.

Il revient en Belgique et intègre la police judiciaire. Il se marie aussi, mais son mariage se termine douze ans plus tard. Selon son ex-épouse, l’alcool le rendait violent.

Libre et peu conventionnel

Durant sa carrière, le policier mène de nombreuses enquêtes. On raconte aussi qu’il est libre et peu conventionnel. En 1986, année de son second mariage, il abat un homme dans les bois de Soleilmont à Ransart, lors d’une opération stups menée en collaboration avec la police allemande. Selon lui, la victime était haut placée dans la mafia turque. Il dit avoir agi en état de légitime défense. Il n’est pas poursuivi.

En 2000, il est nommé au grade de commissaire divisionnaire. Il cesse de travailler en 2006 et est mis à la pension deux ans plus tard. Il rend son insigne… mais pas son arme de service qu’il prétend avoir perdue. C’est justement cette arme qui aurait été utilisée le 28 août 2019.

Deux corps sans vie

Ce jour-là, Constantin Tomescu et Gabriel Ghemegeanu, deux Roumains qui vivent à Bruxelles, décident d’aller pêcher à Forchies-la-Marche, près de Charleroi. Constantin connaît l’endroit, il a habité près de là jusqu’en mai 2019.

Le lendemain, les deux hommes ne donnent plus signe de vie. Leurs proches s’inquiètent auprès de la police de Bruxelles. Au même moment, l’auto de Constantin est repérée à Forchies-la-Marche. La Police locale mène des recherches et retrouve deux corps sans vie dans un bosquet, proche d’un étang appartenant à Francis Vandy et son épouse.

Un arsenal chez lui

Francis Vandy est rapidement soupçonné du double crime, d’autant qu’il est reconnu par un proche des victimes sur un panel photographique. Quelques mois plus tôt, il avait menacé avec une arme, des Roumains qui étaient entrés sur sa propriété. Chez lui, les enquêteurs retrouvent un véritable arsenal.

Pour se défendre, l’ancien policier raconte qu’il était armé car il était menacé par la mafia roumaine. Il prétend ne pas être responsable de ses actes car il souffre d’une démence fronto-temporale.

Trois coups de feu en 2010

Ce mal lui avait permis d’échapper à un premier procès devant le tribunal correctionnel. Le 30 janvier 2010, il a tenté de passer les caisses d’un magasin avec un bidon d’huile pour moteur dissimulé dans ses vêtements. Repéré par un surveillant, il se montre agressif et doit être maîtrisé.

Amené dans le bureau des vigiles, il sort une arme et tire à trois reprises, blessant un gardien au ventre. Il a bénéficié d’un non-lieu devant la chambre du conseil en raison de problèmes cérébraux dégénératifs.

Cette fois-ci, les experts ont estimé qu’il était responsable de ses actes. À 72 ans, celui qui venait exposer ses enquêtes devant la cour d’assises risque la réclusion criminelle à perpétuité.

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