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Assises de Liège – Fabrice Casse avait menacé de tuer Françoise Donckers à plusieurs reprises

21 juin 2022 à 10:53Temps de lecture3 min
Par Belga, avec Anne Poncelet

La cour d'assises de Liège a poursuivi mardi matin les auditions des différents enquêteurs au procès de Fabrice Casse, un Verviétois accusé des assassinats de Françoise Donckers et de sa fille Mya Huberty. De nombreuses disputes avaient émaillé la vie du couple. Fabrice Casse avait menacé de tuer Françoise Donckers à plusieurs reprises.

Les faits reprochés à l’accusé se sont déroulés le 26 août 2020 à Spa. Françoise Donckers, âgée de 40 ans, et sa fille âgée de 12 ans, Mya Huberty, avaient toutes deux été tuées de plusieurs coups de couteau.

Jalousie et menaces

L’enquête a démontré que le couple formé par Fabrice Casse et Françoise Donckers a vécu plusieurs disputes et scènes de tensions. Leur relation a débuté en mars 2020. Fabrice Casse s’est montré rapidement jaloux, menaçant de tuer les hommes qui se trouvaient dans l’entourage de Françoise Donckers : le père de Mya ou même un homme qui la véhiculait sur son lieu de travail. Fabrice Casse était aussi mécontent quand il n’obtenait pas de vidéoconférence avec Françoise Donckers ou quand elle n’interagissait pas avec lui par téléphone ou sur les réseaux sociaux. Il se montrait agressif et insultant envers elle, se plaignait d’elle auprès d’autres personnes et menaçait de s’en prendre à son intégrité physique. À plusieurs reprises, Fabrice Casse avait prononcé ou écrit des menaces de mort.

L’accusé formulait aussi divers reproches envers la fille de Françoise Donckers, Mya Huberty, se plaignant de son éducation ou de sa manière de travailler à l’école.

Les enquêteurs ont terminé leur exposé en détaillant l’évolution des déclarations de l’accusé, qui avait nié son implication pendant plusieurs semaines. Ils ont aussi montré aux jurés un film comprenant la reconstitution des faits, une analyse des éléments de téléphonie et un relevé des différents trajets effectués par l’accusé vers le domicile de Françoise Donckers.

"Emporté par la colère"

Hier, lundi, Fabrice Casse, a affirmé qu’il a été emporté par la haine. L’accusé a soutenu ne plus se souvenir du nombre de coups portés et a prétendu qu’il n’était pas lui-même lors de cette scène. Il a détaillé les différentes étapes de sa vie. L’accusé a cinq frères et sœurs. Il ne porte pas le nom de son père biologique mais celui d’un des compagnons de sa mère. Après une opération des oreilles lorsqu’il était jeune, il a conservé des séquelles qui se manifestent notamment sur le plan de la diction. Fabrice Casse affirme avoir souffert de difficultés d’apprentissage et de compréhension lors de sa scolarité en établissement spécialisé. L’accusé a tenté différents plans d’insertion pour obtenir du travail, sans réel succès. Il a aussi fait différentes tentatives de suicide, alors qu’il se sentait rejeté par sa mère. Sur le plan affectif, Fabrice Casse a connu différentes femmes sur des sites de rencontres mais ses liaisons ne se sont pas éternisées. Fabrice Casse se décrit comme un homme qui a bon cœur et qui est un peu jaloux. Il vit chez sa mère en solitaire et a peu d’amis. Il passait ses journées dans sa chambre, où il mangeait et jouait avec sa console de jeux.

J’ai senti qu’elle ne voulait plus de moi

Fabrice Casse a précisé avoir rencontré Françoise Donckers lors d’une formation à Verviers. Elle émargeait, comme lui, au CPAS et vivait à Spa avec sa fille. Fabrice Casse prenait le train pour lui rendre visite et séjournait parfois plusieurs jours chez elle. L’accusé reconnaît plusieurs disputes, lors desquelles il a utilisé un langage méchant et vulgaire. Leur relation a connu des hauts et des bas. L’accusé a précisé qu’il était chez lui le 26 août 2020 et communiquait par webcam avec Françoise Donckers. Ils se sont disputés et il a ensuite décidé de se rendre chez elle à Spa. "J’ai senti qu’elle ne voulait plus de moi. J’ai voulu entrer par l’arrière de la maison. Je voulais lui dire que je l’aimais et la convaincre de ne pas me quitter. Mais elle ne voulait pas m’écouter. Elle m’a bousculé, insulté et rejeté. J’ai repensé à mon passé. Puis, j’ai fait quelque chose de grave", a indiqué l’accusé. Fabrice Casse a alors pris un couteau pour frapper Françoise Donckers.

C’était mon corps mais pas mon esprit

"Je ne me suis pas rendu compte de ce que j’ai fait. Je n’étais plus la même personne. C’était mon corps mais pas mon esprit. J’ai eu la haine, j’ai pensé uniquement à ma douleur et à la souffrance de mon passé. Je pense avoir donné entre 10 et 15 coups de couteau dans le cou. Je voulais qu’elle comprenne que je l’aimais", a exposé l’accusé. Mya Huberty se trouvait à l’extérieur de la maison lorsque Françoise Donckers a été frappée de coups de couteau. "Je l’ai fait rentrer, je l’ai rassurée. J’avais la trouille et je ne savais pas quoi faire. J’ai poignardé sa gorge. Je ne voulais pas la laisser vivante, car j’avais la haine et la colère. J’avais une force incroyable, en raison de cette haine et du sentiment d’avoir été rejeté toute ma vie", a précisé l’accusé. Fabrice Casse a encore précisé qu’il ne se souvient pas avoir porté autant de coups de couteau aux deux victimes.

 

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