Refoulements de migrants: "escalade inédite" des violations en Grèce, selon l'ONG Mare Liberum

Asile et migration - Refoulements de migrants: "escalade inédite" des violations en Grèce, selon l'ONG Mare Liberum

© ARIS MESSINIS - AFP

12 févr. 2021 à 16:25 - mise à jour 12 févr. 2021 à 16:25Temps de lecture1 min
Par Belga

Les violations des droits des migrants et réfugiés en Grèce ont connu "une escalade inédite" en 2020, une année marquée par un nombre accru de refoulements illégaux en mer Egée impliquant Frontex, l'agence européenne de contrôle aux frontières, selon une étude de l'ONG Mare Liberum, publiée vendredi.

Alors que le Parlement européen enquête sur l'action des gardes-côtes européens (Frontex), Mare Liberum montre, dans son étude menée entre mars et décembre 2020, "une escalade inédite des violations des droits de l'homme en mer Egée, à la frontière maritime et terrestre" gréco-turque.

"Plus de 9.000 personnes (tentant d'arriver en Grèce) ont été violemment renvoyées en Turquie et privées de leur droit d'asile selon 321 incidents documentés" par l'ONG allemande, qui précise avoir "reconstruit les cas des victimes sur la base par exemple de leurs témoignages".

Soulignant que le refoulement aux frontières extérieures de l'UE "n'est pas un phénomène inhabituel", l'ONG relève qu'outre les gardes-côtes grecs, "Frontex mais aussi des navires sous commandement de l'Otan sont également impliqués dans ces expulsions systématiques et illégales".

"Ces refoulements ne sont pas des cas isolés (...) mais un +modus operandi" récurrent et quotidien aux frontières extérieures de l'UE", estime Paul Hankel, l'un des auteurs de l'enquête de Mare Liberum, qui oeuvre depuis 2018 en mer Egée.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le gouvernement conservateur grec a décidé de mettre la priorité sur "la sécurité" des frontières extérieures, en adoptant une politique stricte sur les migrations, tout en intensifiant son contrôle sur l'activité des ONG en Grèce.

"2020 est une année charnière (...) nous avons réduit le flux de 80% en appliquant une politique efficace", s'était félicité en janvier Notis Mitarachi, ministre des Migrations et de l'Asile.