RTBFPasser au contenu

People

Aryana Sayeed, pop star Afghane, a fui le pays et partagé son périple sur Instagram

Loading...
24 août 2021 à 10:003 min
Par Chloé Rosier

La plus grande pop star féminine d’Afghanistan partage sur Instagram son périple pour s’échapper de Kaboul.

La prise de contrôle a incité des milliers d’habitants à se précipiter vers l’aéroport international Hamid Karzai de Kaboul dans le but de se mettre à l’abri du régime du militant. La chanteuse de 36 ans, coach dans la version The Voice du pays, a eu de la chance et a pu s’échapper de Kaboul à bord d’un avion-cargo américain la semaine passée.

"Nous étions toujours à l’aéroport et attendions de nous enregistrer lorsque les tirs ont commencé à l’extérieur pas si loin", a déclaré Sayeed lors d’une interview pour SheThePeople. "Tout d’un coup, à l’exception des passagers, tout le monde ; y compris la police, l’armée, les gardes de sécurité, les douaniers, le personnel des compagnies aériennes, ils sont tous partis. L’aéroport a été laissé totalement non géré…"

Sa sécurité était en péril dans un système taliban où la place des femmes de manière générale n’a pas encore été décrite clairement mais devra répondre aux exigences religieuses du groupe. Femme indépendante, chanteuse mais aussi entrepreneuse, elle était sur place pour lancer sa marque de vêtements. Elle explique : "Sans parler des chanteuses, les talibans doivent encore préciser leur position en ce qui concerne la 'musique' elle-même."

 

L’aéroport vidé, 1000 personnes dans un avion de 350

Elle raconte ensuite que l’avion qu’elle devait prendre avait une capacité de 350 personnes mais qu’ils étaient environ un millier, dont des gens avec des armes. Ayant peur de se faire agresser, elle a voulu quitter l’aéroport avec son mari mais les talibans étaient déjà aux portes du terminal.

" Ils tiraient en l’air pour disperser les gens "

Cachée sous son hijab et son mari derrière un masque, ils ont pu prendre une voiture sans être reconnus et arrêtés pour aller se réfugier dans la maison d’un cousin. "Pendant la journée, nous avons vu des soldats talibans arriver dans la rue de la maison où nous habitions. Mon partenaire avait laissé son arme dans le coffre-fort de l’hôtel et nous n’avions rien pour nous défendre en cas d’effraction… C’était une expérience éprouvante pour les nerfs."

Finalement le soir, ils ont décidé de tenter de rejoindre l’aéroport militaire, caché dans une voiture. "Sur le chemin de l’aéroport, nous avons traversé au moins cinq points de contrôle talibans et heureusement, ils ne nous ont pas reconnus. Nous sommes également tombés sur plusieurs voitures brûlées et criblées de balles."

Sur Instagram, elle explique à ses 1,3 million de followers qu’elle tentait de se rendre à Istanbul mais que le vol qu’elle a finalement pu prendre depuis Kaboul l’a emmenée à Doha, au Qatar. Elle y est restée pendant plusieurs jours dans ce qu’elle appelle des nuits épuisantes et inoubliables avant de pouvoir prendre un autre vol, le 19 août.

Loading...


Sur le second post Insta, on peut la voir en train de dormir, c’est son mari Hasib Sayed qui écrit : "Je la regardais et me souvenais à quel point elle a géré avec courage et sans peur les moments les plus récents, les plus difficiles et les plus dangereux de sa vie." Ils étaient dans ce qu’ils pensaient être le dernier vol, en direction de la Turquie mais le voyage ne s’arrêtera finalement pas là.

Loading...


Sur son troisième et dernier post de son périple, on peut lire "Je voulais que tout le monde sache que nous avons enfin atterri aux USA après 4 jours de voyage et d’épuisement. Loin de chez nous mais nous sommes bien, en sécurité et extrêmement reconnaissants… et pourtant je ne peux tout simplement pas m’empêcher de penser à notre peuple et à ceux qui n’avaient pas la même option que moi et bien d’autres pour se rendre dans un endroit sûr ! ?"

Après être rentrée à la maison et que mon esprit et mes émotions sont revenus à la normale après un monde d’incrédulité et de choc, j’ai de nombreuses histoires à partager avec vous

D’autres femmes afghanes célèbres n’ont pas eu la même chance qu’Aryana, notamment la gouverneure du district de Hazara, Salima Mazari, qui aurait été arrêtée, comme l’explique le NY Post. Sur place, beaucoup craignent qu’elle soit exécutée.

Articles recommandés pour vous