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Armes aux Etats-Unis: Obama présente son plan, un mois après Newtown

Le président des Etats-Unis Barack Obama, le 16 janvier 2013 à Washington

© Mandel Ngan

16 janv. 2013 à 17:18 - mise à jour 16 janv. 2013 à 18:25Temps de lecture2 min
Par AFP

"Nous ne pouvons plus retarder" une action sur le contrôle de la circulation des armes, a affirmé M. Obama lors d'une allocution à la Maison Blanche, face à des familles des victimes de la tuerie de l'école primaire Sandy Hook et des enfants lui ayant écrit après ce drame.

"Le Congrès doit agir. Le Congrès doit agir rapidement", a assuré M. Obama, appelant en particulier les élus à interdire les armes d'assaut et les chargeurs de plus de dix balles et promettant de mettre tout son poids dans la balance.

Il a toutefois concédé que faire progresser ce dossier "sera difficile" vu l'opposition de certains élus à toute mesure semblant empiéter sur le deuxième amendement de la Constitution qui dispose le droit des Américains à porter des armes.

Mais il a argumenté avec passion sur la nécessité de préserver les écoliers de massacres comme celui qui a coûté la vie à 20 petits enfants et six membres de l'encadrement le 14 décembre à Newtown au Connecticut (nord-est).

"Ce à quoi nous devrions penser est à notre responsabilité de nous occuper d'eux et de les protéger du mal", a-t-il assuré. "C'est la première tâche qui incombe à notre société".

Le président, qui s'était rendu à Newtown peu après la tuerie, a aussi raconté qu'il avait accroché dans son bureau un dessin d'une petite victime, donné par ses parents, et qu'il lui rappelait chaque jour son devoir d'agir.

La vidéo de la NRA "répugnante et lâche"

A l'issue de son allocution, M. Obama a signé 23 mesures réglementaires, découlant de la réflexion menée par le vice-président, Joe Biden, présent à ses côtés.

Ces décrets requièrent notamment un renforcement de la vérification des antécédents des acheteurs d'armes et ordonnent aux agences gouvernementales d'étudier de nouvelles façons d'empêcher des personnes "dangereuses" d'y avoir accès.

Actuellement, 40% des armes vendues aux États-Unis le sont via des transactions de particulier à particulier ou lors de "foires aux armes" non assujetties à de tels contrôles, a rappelé M. Obama. Jusqu'à 300 millions d'armes à feu sont en circulation dans le pays, soit presque une par habitant.

Côté Congrès, où ses adversaires républicains sont majoritaires à la Chambre des représentants, M. Obama a notamment appelé à réinstaurer l'interdiction des armes d'assaut et des chargeurs d'une capacité supérieure à dix balles, le type d'équipement utilisé par l'assaillant de Newtown.

M. Biden s'est entretenu depuis quatre semaines avec les principaux acteurs du dossier, des associations de membres des forces de l'ordre aux éditeurs de jeux vidéo, en passant par la puissante NRA (National Rifle association), le lobby des marchands d'armes, qui refuse toute nouvelle réglementation.

M. Obama s'est à nouveau défendu mercredi de vouloir empiéter sur le deuxième amendement mais a rappelé qu'avec les droits venaient aussi des "responsabilités". Il a aussi remarqué que les victimes de coups de feu étaient privées de leurs droits fondamentaux, également protégés par la Constitution.

La NRA qui, depuis le début du premier mandat de M. Obama, l'accuse d'hostilité vis-à-vis des détenteurs d'armes et a l'oreille de nombreux élus républicains, n'a pas attendu l'annonce des mesures de la Maison Blanche pour s'en prendre au président.

Dans un petit film mis en ligne sur son site internet, le lobby, qui a proposé après Newtown de poster des gardes armés devant chaque établissement scolaire, remarque que les filles du président sont protégées par les policiers d'élite du "Secret Service".

"Est-ce que les enfants du président sont plus importants que les vôtres?", demande la NRA en l'accusant d'être un "hypocrite élitiste".


AFP

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