RTBFPasser au contenu

Charles Michel promet une solution pour Arco en 2017: les coopérateurs attendent d'y voir clair

Arco

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

16 oct. 2016 à 11:00 - mise à jour 16 oct. 2016 à 14:434 min
Par RTBF avec Belga

Le sort des coopérateurs d'Arco, près de 800 000, a fait une apparition inattendue dimanche dans le discours de politique générale du premier ministre devant la Chambre. Un plan sera élaboré sous l'égide du ministre des Finances et une task force sera mise sur pied.

L'"exécution opérationnelle" commencera en 2017. Le gouvernement entend de la sorte honorer un engagement mentionné dans l'accord de majorité du début de la législature, a expliqué le Premier ministre Charles Michel. "Dans la poursuite des initiatives des gouvernements précédents, le gouvernement prendra soin d'élaborer un règlement adéquat visant le dédommagement des coopérateurs personnes physiques de coopératives financières reconnues", dit l'accord conclu en 2014.

Ce dossier tient particulièrement au cœur du CD&V et a suscité sous la législature précédente de vifs accrochages avec la N-VA, alors dans l'opposition. "A propos d'Arco, l'accord de gouvernement est confirmé afin d'élaborer un règlement praticable en vue d'un dédommagement des coopérants personnes physiques des coopératives financières reconnues", a déclaré Charles Michel.

Jusqu'à présent, ce sujet n'avait guère été évoqué dans les comptes-rendus des négociations tendues et difficiles qui ont mené à la confection du budget. La mention du dossier a interpellé l'opposition et suscité un relatif brouhaha dans l'hémicycle. 

"Difficile de ne pas y voir une des façons dont on a arrêté la crise de la semaine passée", selon le politologue Dave Sinardet

"C’est très intéressant de noter que Charles Michel, dans sa déclaration a explicitement fait référence aux épargnant d’Arco, un dossier très cher aux yeux du CD&V parce qu’Arco était étroitement lié au mouvement ouvrier chrétien flamand. C’est beaucoup d’épargnants qui ont perdu beaucoup d’argent et pour le CD&V il est très important qu’ils soient indemnisés histoire de sauver la face aux yeux de ce mouvement ouvrier chrétien flamand ", explique le professeur Dave Sinardet (VUB-Université d'Anvers), invité sur le plateau d'A votre Avis sur la Une télé. " Ce mouvement, et à travers lui le CD&V, essaie déjà depuis des années d’obtenir une compensation financière, une indemnisation pour ces épargnants", dit le politologue flamand.

Un dossier particulièrement sensible, notamment pour le partenaire de la majorité N-VA 

" Pour la N-VA c’est un peu plus difficile parce que quand ils étaient dans l’opposition ils ont focalisé sur Arco et les malversations du mouvement ouvrier chrétien flamand et maintenant c’est un ministre des Finances N-VA qui doit exécuter cette demande du CD&V. Charles Michel a promis qu’une Task Force serait créée au sein du gouvernement et que Johan Van Overtveldt allait s’occuper de ce dossier pour parvenir à une indemnisation de ces épargnants Arco en 2017", estime Dave Sinardet. " C’est une annonce assez claire, assez nette et il est très difficile de ne pas y voir la main du CD&V mais aussi une des façons dont on a arrêté la crise ou la crisette de la semaine passée."

"Indécence totale" et "sucette donnée au CD&V", selon l'opposition

Pour l'opposition, la crise qui a paralysé les négociations budgétaires la semaine passée s'éclaire d'un jour nouveau. "On a enfin compris le prix payé par le CD&V: les économies dans la sécurité sociale, pas un euro pris chez les plus riches, etc. C'est d'une indécence totale. Voilà le CD&V démasqué", a lâché la cheffe de groupe PS, Laurette Onkelinx, tandis que son homologue cdH, Catherine Fonck, se disait "totalement stupéfaite". "Ils ont fait monter la pression sur les plus-vlaues parce qu'ils voulaient Arco. Ils ont préféré Arco à la justice fiscale", a affirmé Jean-Marc Nollet (Ecolo). Olivier Maingain (DéFI) a parlé d'une "sucette donnée au CD&V pour compenser les pertes d'une coopérative très flamande". 

Le CD&V a démenti cette interprétation. "Il y avait déjà eu un accord sur Arco au cours des négociations", a fait remarquer le vice-premier ministre, Kris Peeters, sur la VRT.

Dans les rangs gouvernementaux, l'on relativisait la portée de cette mention dans le discours de politique générale. La liquidation d'Arco venant de s'achever, il revient au gouvernement de se pencher sur le dossier, conformément à l'accord de majorité. Aucune solution n'a encore été élaborée, assurait-on.

Les coopérateurs d'Arco réagissent de manière négative

Les coopérateurs d'Arco ont réagi de manière négative : "On parle d'un nouveau départ, mais je ne vois pas d'évolution. C'est encore vague, les coopérateurs d'Arco sont devenus une marchandise politique", estime l'avocat Geert Lenssens, qui représente environ 1000 coopérateurs.

"On parle d'un règlement praticable, mais ce n'est pas clair", poursuit Me Lenssens. "Il ne faut pas donner de faux espoirs. Initialement, il avait été annoncé que les coopérateurs récupéreraient 100% de leur argent, maintenant on parle d'un remboursement partiel. L'année passée, on mentionnait 40%, ce serait très décevant", ajoute-t-il.

L'avocat appelle désormais le gouvernement à ne communiquer que s'il a quelque chose de concret à annoncer. "Par ailleurs, les coopérateurs ne peuvent pas continuer à être mis de côté. Nous demandons une reconnaissance en tant que partenaire dans les discussions", conclut-il.

"A propos d'Arco, l'accord de gouvernement est confirmé afin d'élaborer un règlement praticable en vue d'un dédommagement des coopérants personnes physiques des coopératives financières reconnues", a déclaré dimanche M. Michel. Un plan sera élaboré sous l'égide du ministre des Finances et une task force sera mise sur pied.

Dans les coulisses, on indique toutefois qu'il n'est pas encore certain que les coopérateurs puissent être dédommagés en 2017.