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Littérature

“Après”, les frayeurs familières de Stephen King

“Après”, les frayeurs familières de Stephen King

Stephen King est un des auteurs les plus fiables qui soient. Chaque année, voire même deux fois par ans, on peut compter sur lui pour pondre un de ces récits effrayants dont il a le secret, familliers mais passionnants. Son dernier roman à être traduit en français, "Après", ne fait pas exception.

Comme certains de ses meilleurs livres ("Ça", "Shining", "Marche ou crève"), "Après" a pour protagoniste (et narrateur) un garçon d'un jeune âge. Empathique et dégourdi, avec un œil ouvert sur le monde et une intelligence aiguisée, Jamie est un de ces personnages dont King a le secret — trop mûr pour son âge pour être tout à fait crédible, et néanmoins terriblement attachant. Et comme nombre des personnages du romancier, il est en possession d'un don surnaturel. Jamie peut non seulement voir les morts, mais aussi dialoguer avec eux, et leur soutirer sans effort leurs secrets. De sa plus tendre enfance jusqu'à son adolescence, on partage son regard sur sa vie à New York, où quelques fantômes déambulent à l'insu des vivants.

Avec un tel concept, difficile de ne pas penser au film "Sixième Sens" — une parenté évidente que King assume complètement, mais dont il parvient à se détacher. Les premières dizaines de pages d'«Après» sont surtout consacrées à la relation entre Jamie et sa mère, une agente littéraire qui peine à joindre les deux bouts et ne sait quel comportement adopter face au don de son fils. Prenant la crise économique comme toile de fond, le récit nous entraîne dans leurs vies où le surnaturel se mêle à une réalité bien connue. Portée par l'écriture simple mais terriblement efficace de King, cette entrée de jeu est déjà passionnante en elle-même. Mais le récit s'emballe lorsque la compagne de la mère de Jamie, une détective de police, découvre son talent, et décide de l'utiliser à ses propres fins. Fantômes, démons et meurtres s'ensuivent avec leur lot d'angoisses.

Bien que le narrateur aime répéter qu'il s'agit d'une histoire d'horreur, il serait sans doute plus approprié de classer "Après" avec les thrillers de Stephen King, l'auteur de "Simetierre" étant déjà allé beaucoup plus loin dans la terreur. On pourrait même dire que ses frayeurs ont quelque chose de familier, similaire à celles qu'offrent bien d'autres de ses romans. Mais cette familiarité fait aussi partie de son attrait. Il y a quelque chose d'à la fois excitant et rassurant dans l'acte d'ouvrir un de ses livres et d'être sûr d'y trouver un certain effroi. Court, mené tambour battant et haletant de bout en bout, "Après" ne renouvelle pas son œuvre, mais la poursuit avec succès.

 

"Après" ("Later") de Stephen King, traduit de l'anglais par Marina Boraso, Albin Michel, 336 pages.

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