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Après Laurent Gbagbo arrêté, les appels au calme

Après Laurent Gbagbo arrêté, les appels au calme
11 avr. 2011 à 12:49 - mise à jour 12 avr. 2011 à 06:374 min
Par Adrien de Callataÿ
Les troupes françaises ont donné l'assaut du palais présidentiel à l'aide d'hélicoptères. Des combats ont ensuite eu lieu aux alentours du palais. Laurent Gbagbo a été arrêté par les forces pro-Outtara, soutenues par l'ONUCI et les troupes françaises. 

A Paris, on précise que les soldats français n'ont pas directement participé à l'arrestation du président ivoirien sortant même si la force Licorne et la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) ont agi "en soutien de l'opération".  "A aucun moment les forces françaises n'ont pénétré dans les jardins ou la 
résidence présidentielle", a affirmé l'état-major des armées françaises.

Laurent Gbagbo est en bonne santé et il sera jugé, a déclaré l'ambassadeur ivoirien auprès de l'ONU. L'ex-président ivoirien et Simone Gbagbo sont "aux arrêts" et "le cauchemar est terminé" pour les Ivoiriens, a affirmé Guillaume Soro, Premier ministre d'Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo a été conduit au Golf Hôtel, le quartier-général du camp Ouattara. Des gendarmes de l'ONU assurent la sécurité du couple Gbagbo.

Arrêter les armes

L'ex-chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo a souhaité ce lundi soir qu'on arrête les armes dans une déclaration diffusée après son arrestation sur la télévision TCI du nouveau président Alassane Ouattara. "Je souhaite qu'on arrête les armes et qu'on rentre dans la partie civile de la crise, et qu'on conclue rapidement pour que le pays reprenne", déclare Laurent Gbagbo.

Sur des images, diffusées dans un premier temps sans son par la chaîne TCI, on voit Laurent Gbagbo entrer dans une chambre, s'asseoir sur un lit, entouré de plusieurs hommes debout avec lesquels il converse. Parmi eux, son fils Michel, le ministre de l'Intérieur d'Alassane Ouattara, Hamed Bakayoko, et le commandant Issiaka Ouattara, dit "Wattao", un des chefs militaires des forces pro-Ouattara.

L'un des hommes l'aide à retirer sa chemise, ouverte sur un débardeur blanc, son fils lui tend une serviette blanche avec laquelle il éponge son visage en sueur ainsi que ses aisselles, puis on l'aide à enfiler une autre chemise, de couleur verte, aux motifs africains.

D'autres images montrent son épouse Simone Gbagbo, décoiffée, et escortée par des hommes non identifiés.

Fin d'une longue période d'incertitude, de violences et de massacres

La crise en Côte d'Ivoire a commencé lors du second tour des élections présidentielles entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. C'était en novembre dernier. Les deux protagonistes s'accusent dès le départ d'avoir empêché mutuellement la bonne tenue des élections dans certaines régions. Début décembre, la Commission électorale tranche. Alassane Ouattara a remporté les élections avec 54,1% de voix de préférence. Directement, l'ONU reconnait la victoire d'Alassane Ouattara. 

"Laurent Gbagbo doit rendre le pouvoir"

La riposte ne se fait pas attendre. Le lendemain, Laurent Gbagbo s'auto-proclame vainqueur des élections avec 51,45%. Il s'applique à la création d'un gouvernement. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) suspend la Côte d'Ivoire et, de concert avec l'Union africaine, demande à Laurent Gbagbo de rendre le pouvoir. 

Le président auto-proclamé fait la sourde oreille. Le jour de Noël, la CEDEAO menace d'user la force pour déloger Laurent Gbagbo du palais présidentiel. 

La violence à Abidjan monte d'un cran durant le mois de février. Tout s'emballe fin mars. Le 28, les forces fidèles à Alassane Ouattara lancent une offensive vers le sud du pays. En quatre jours, les troupes d'Alassane Ouattara prennent le contrôle d'une grande partie du pays. Deux jours plus tard, l'ONU vote la résolution "1975". Cette résolution demande à Laurent Gbagbo de s'en aller. Elle donne aussi un mandat à l'ONUCI d'utiliser tous les moyens pour protéger les civils et prévenir l'usage d'armes lourdes. Le lendemain, les troupes pro-Ouattara entre dans la capitale économique Abidjan. Les combats avec les forces républicaines pro-Gbagbo montent en intensité. 

Les pro-Ouattara lancent l'assaut sur le palais présidentiel

Des ONG et l'ONU relatent le massacre de nombreuses personnes dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les forces françaises Licorne et l'ONUCI dirigent des frappes sur des camps militaires et des stocks d'armes proches de la résidence de Laurent Gbagbo à Abidjan. 

Début avril, les troupes pro-Ouattara lancent l'assaut au palais présidentiel. Sans succès. Un blocus autour du palais se met en place. La fin de l'ère Gbagbo semble proche. Jusqu'à cette annonce d'un conseiller de Laurent Gbagbo comme quoi il ne "partira pas". 

Riposte des forces pro-Gbagbo, le quartier général d'Alassane Ouattara à Abidjan est attaqué. Les Casques bleus contre-attaquent. Le camp Ouattara presse l'ONU et la France de "neutraliser les miliciens à la solde de Laurent Gbagbo et de remettre à la justice le candidat battu". Des tirs de l'ONU et de la France ont eu lieu depuis dimanche afin de "neutraliser les armes lourdes du camp Gbagbo". 

La fin d'une crise de cinq mois ? 

Ce lundi, les troupes Licorne s'approchent du palais présidentiel. Des blindés de la force française Licorne et de l'ONU étaient déployés ce lundi à la mi-journée à Abidjan sur un boulevard menant à la résidence du président ivoirien sortant. Les hélicoptères français ont à nouveau tiré sur la résidence de Laurent Gbagbo. Des combats ont ensuite commencé aux alentours du palais. 

Laurent Gbagbo était retranché dans sa résidence depuis quelques jours. Il a été arrêté ce lundi après-midi par les forces pro-Ouattara. Laurent Gbagbo a été remis aux forces de la rébellion. 

AdC avec AFP, Reuters et Belga

Gbagbo : de l’opposition à l’arrestation.

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En Côte d’Ivoire, L. Gbagbo a été arrêté par les forces d’A. Ouattara.

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