Economie

Après la Grèce, l'Espagne dans la tourmente et les marchés inquiets

Le siège de Bankia à Madrid

© Dominique Faget

30 mai 2012 à 06:45 - mise à jour 30 mai 2012 à 11:19Temps de lecture2 min
Par AFP

Paris a ainsi démarré sur un recul de 1,08%, Londres de 0,74% et Francfort de 0,56%. Peu après l'ouverture Madrid baissait de 1,12% et Milan de 2,13%.

La veille, l'espoir d'une intervention de la Banque centrale européenne (BCE) avait soutenu les cours en Europe et à New York.

Rumeurs

Mais des articles du Wall Street Journal et du Financial Times, affirmant que la BCE s'oppose à l'idée de Madrid d'injecter des obligations souveraines dans Bankia, qui pourrait les déposer auprès de l'institution monétaire en échange d'argent frais, ont douché mercredi matin l'optimisme.

"Le gouvernement espagnol n'a présenté aucun plan à la BCE et la BCE n'a rien rejeté", a lancé le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos devant les députés, réagissant à une information publiée mercredi dans le Financial Times.

"Faites plus attention au gouvernement espagnol et moins au Financial Times", a-t-il ajouté.

Bankia, troisième banque du pays par les actifs, a besoin de 23,5 milliards d'euros, dont 19 restent encore à trouver, un casse-tête pour le gouvernement dont les marges de manoeuvre sont très réduites.

"L'Espagne semble avoir remplacé la Grèce, au moins pour l'instant, comme source de tous les maux et cela devrait continuer jusqu'aux élections grecques du 17 juin", a estimé Chris Weston, analyste chez IG Markets.

L'Etat espagnol va devoir intervenir en direct

"Le gouvernement espagnol perd chaque jour un peu plus de crédibilité quant à sa capacité à gérer la restructuration de son secteur bancaire, d'autant que la BCE aurait opposé une fin de non-recevoir aux propositions de recapitalisation de Bankia, nécessitant son intervention indirecte", ont aussi commenté les analystes du Crédit Mutuel-CIC en se référant à l'article du FT.

Et comme l'a souligné M. Weston, "la démission du gouverneur de la Banque d'Espagne M. Ordonez n'aide pas". Miguel Ordonez a annoncé mardi soir son intention de quitter son poste le 10 juin, un mois avant la date prévue.

L'euro accusait également le coup mercredi matin et s'échangeait à son niveau le plus bas depuis près de deux ans face au dollar.

A 07H25 GMT, l'euro valait 1,2462 dollar contre 1,2503 dollar mardi vers 21H00 GMT. La devise européenne était descendue brièvement à 1,2461 dollar mardi, son plus bas niveau depuis le 1er juillet 2010, avant de se reprendre.

Record

L'écart entre les taux des obligations à 10 ans de l'Allemagne et de l'Espagne a atteint mercredi un nouveau record historique, en raison des difficultés des banques espagnoles, tandis que le rendement allemand a touché un plus bas depuis la création de la zone euro.

Peu avant 09H30 (07H30 GMT), le "spread", soit la prime de risque que doit acquitter l'Espagne pour emprunter, s'inscrivait à 518,8 points de base, soit 5,19 points de pourcentage. Le taux allemand a lui touché 1,336%.

L'Italie doit aussi emprunter à des taux plus élevés. Le pays a emprunté mercredi 5,74 milliards d'euros à moyen et long terme à des taux en forte hausse dans un marché très nerveux en raison notamment des fortes tensions sur l'Espagne.


RTBF avec agences

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