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Après avoir été censuré par plusieurs musées, Philip Guston pourrait battre son record de vente

"Nile" (1958) de Philip Guston est estimé entre 20 et 30 millions de dollars (entre 18 et 27 millions d’euros).

Figure de proue de l’expressionnisme abstrait américain, Philip Guston n’a pas vu son marché décoller comme celui de ses collègues Willem de Kooning, Mark Rothko et Jackson Pollock. Mais cela pourrait bien changer lorsque sa toile "Nile" passera sous le marteau en mai chez Sotheby’s à New York.

La maison de Patrick Drahi parie sur "Nile" pour redynamiser le marché de Philip Guston. Cette toile monumentale, exécutée en 1958, fait partie d’un petit groupe d’une dizaine d’œuvres qui ont contribué à le faire connaître comme l’un des maîtres de la peinture américaine du XXème siècle. La plupart d’entre elles sont actuellement conservées dans des musées comme le Whitney Museum of American Art à New York, le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden à Washington D.C ou encore le Museum of Fine Arts à Houston.

"Nile" est l’une des trois dernières peintures de ce groupe encore en mains privées. Elle est restée pendant plus de quatre décennies dans la collection de Peter et Edith O’Donnell, deux philanthropes et mécènes texans. Et qui dit provenance prestigieuse dit estimation généreuse. Sotheby’s estime que cette toile de Philip Guston pourrait être adjugée entre 20 et 30 millions de dollars (entre 18 et 27 millions d’euros).

Elle pourrait établir un nouveau record de vente pour l’artiste américain, en dépassant les 25,9 millions de dollars (environ 23,6 millions d’euros) auxquels a été vendu "To Fellini" en 2013 chez Christie’s à New York. "C’est l’archétype même du chef-d’œuvre issu d’une incroyable collection privée, ce qui n’arrive que très rarement dans le cadre d’une vente aux enchères", a déclaré à Penta Michael Macaulay, vice-président senior du département d’art contemporain de Sotheby’s. "Nous retenons tous notre souffle pour voir ce qui va se passer".

Philip Guston, le 29 janvier 1972.
Philip Guston, le 29 janvier 1972. Bettmann Archive/Getty Images

Tollé après le report de l’exposition Philip Guston

Les collectionneurs manifestent un regain d’intérêt pour Philip Guston depuis le report de la grande rétrospective que devaient lui consacrer, en juin 2020, la National Gallery of Art à Washington, la Tate Modern à Londres, le Museum of Fine Arts à Boston et le Museum of Fine Arts à Houston. A l’époque, les directeurs de ces quatre grands musées décident de repousser l’ouverture de cette exposition en 2024, par peur que des dessins et peintures reprenant l’imagerie du Ku Klux Klan ne suscitent la controverse. "Nous reportons l’exposition jusqu’à un moment où nous pensons que le puissant message de justice sociale et raciale qui est au centre du travail de Philip Guston pourra être interprété de manière plus claire", déclarent-ils dans un communiqué.

Cette annonce met le monde de l’art en ébullition, et une centaine d’artistes, de conservateurs, de galeristes publient une lettre ouverte dans laquelle ils condamnent fermement une décision jugée "lâche" et "condescendante". Face à l’ampleur de la polémique, les directeurs des quatre musées font machine arrière et annoncent que la première étape de cette grande exposition itinérante ouvrira à Boston en mai 2022.

Cette date coïncide, à quelques semaines près, avec la tenue, le 17 mai, de la prochaine vente new-yorkaise de Sotheby’s dédiée à l’art moderne. "Nile" sera mis aux enchères à cette occasion, aux côtés du tableau "Le Grand Canal et Santa Maria della Salute" de Claude Monet et de "Nu allongé et buste d’homme" de Pablo Picasso. Quelques jours plus tard, ce sera au tour de deux autres œuvres de Philip Guston, "Remorse" et "Studio Celebration", de passer sous le marteau chez Sotheby’s. De quoi relancer le marché du peintre figuratif américain.

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