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Anne, victime du repassage des seins : "Tant qu’on m’interpellera là-dessus, je parlerai !"

Anne a subi le repassage des seins

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18 juin 2022 à 06:00Temps de lecture10 min
Par Marie Dessy et Francisco Luzemo

De ses 11 ans à 13 ans, Anne a été victime du repassage des seins. Une mutilation peu médiatisée, mais répandue dans certains pays d’Afrique, qui consiste à écraser la glande mammaire des jeunes filles afin de freiner le développement de la poitrine. A l’époque, on a expliqué à Anne que c’était "un massage du sein" pour éviter que les garçons ne la regardent et qu’elle puisse se concentrer sur ses études.  

Aujourd'hui installée à Toulouse et maman de trois enfants, la jeune femme est parvenue à trouver un certain équilibre dans sa vie, mais le traumatisme qu’elle a subi la poursuit encore. La reconstruction mammaire dont elle a bénéficié il y a quelques années n’effacera probablement jamais complètement les blessures psychiques encore bien ancrées.

Pour Anne, le calvaire a duré deux longues années. Aux aurores, sa grand-mère l'emmenait dans l’arrière-cuisine de la maison où des tantes et grandes cousines l’attendaient pour lui brûler la poitrine à l’aide d’une pierre à peine sortie des braises. Ensuite, comme si de rien n’était, les femmes de la famille envoyaient la petite Anne, blessée, à l’école. "Tout ce que je sais, c’est que je n’ai rien dit. Je me suis dit que c’était mon tour et qu’il fallait que je ferme ma gueule."   

Un jour, alors âgée de 13 ans, Anne apprend que sa petite sœur vient de subir le même sort. Folle de rage, Anne menace ses bourreaux de tout révéler à sa mère qui habite en France et de faire appel à un avocat là-bas. Dans sa famille, le repassage des seins s’est arrêté du jour au lendemain. Mais "il y a toujours des petites filles, dans certains pays d’Afrique, en tout cas, qui subissent ça en silence", déplore Anne. Elle implore les nombreuses victimes à sortir du silence et demande que le repassage des seins soit porté par l’OMS, au même titre que l’excision. 

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