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Tipik - Pop Culture

Angèle se dit "heureuse de ne pas avoir eu TikTok plus jeune" et parle des réseaux sociaux

10 févr. 2022 à 11:32Temps de lecture2 min
Par Romain Kuntz

Invitée à l’occasion de la sortie de son dernier album dans la matinale de France Inter, Angèle a longuement parlé avec Léa Salamé de son rapport à sa propre image, de l’effet que son succès fulgurant a eu sur son estime d’elle-même. Un succès inséparable des sacro-saints réseaux sociaux, pas forcément une bonne chose selon la chanteuse.

"Je me dis que je suis heureuse de ne pas avoir eu TikTok plus jeune, cela m’aurait conditionnée à une façon différente de me regarder dans le miroir."

Elle n'avait que 23 ans lorsqu'elle est devenue une artiste incontournable de l’industrie musicale francophone. A cette mise en lumière fulgurante est forcément associée une communauté Instagram grandissante, un impact bien plus grand à chaque nouveau post. Angèle a été très honnête en révélant être devenue par moment obsédée par son image et avoir dû chercher un juste milieu, qu’elle cherche encore aujourd’hui. Pour elle, le fait de poster sur les réseaux témoignerait d’une forme d’insécurité. Elle aimerait même "ne plus avoir besoin des réseaux sociaux pour se sentir belle", c’est dire l’impact que les réseaux sociaux peuvent avoir sur la perception qu’on a de nous-même, probablement encore plus à l’adolescence, et c’est ce qu’Angèle sous-entend en se satisfaisant de ne pas avoir eu TikTok étant jeune.

Un impact différent en fonction du genre

Dans une note de l’Observatoire "Vies numériques" de centre de référence en Santé Mentale, on découvre qu’il y a en effet un lien, très faible mais existant entre la consommation de médias sociaux et le bien-être. Si on s’attarde encore un peu plus sur le sujet, on se rend compte que chez les adolescents, c’est plutôt les adolescentes qui sont affectées de manière plus importante par les dérives des réseaux.

"La puberté et l’adolescence chez les filles comportent probablement plus d’événements stressants. C’est une des raisons pour lesquelles elles évoquent généralement un niveau de bien-être plus bas que les garçons à cet âge de la vie et sont plus sujettes aux insomnies. Par exemple, l’apparence physique et la réputation, deux facettes importantes de l’identité numérique à l’adolescence, sont aussi deux marqueurs forts des stéréotypes de genre. Il est beaucoup plus attendu des filles qu’elles "prennent soin" de ces deux dimensions, ce qui n’est pas toujours simple sur internet."

Les réseaux sociaux prennent, parfois, des mesures

Il n’est pas rare de voir les réseaux sociaux annoncer des changements dans leur politique, ces décisions sont parfois de simples effets d’annonce mais parfois elles témoignent aussi de la conscience qu’ont les géants du net de leur potentiel danger. On rappellera par exemple l’histoire de Molly, un jeune britannique de 14 ans qui s’était suicidée après avoir visionné des images d’automutilation sur Instagram. Après cet événement, la plateforme avait renforcé sa vigilance par rapport à ce type de contenu. Les filtres aussi sont souvent remis en question "doit-on autoriser la création de filtres qui déforment le visage ?" Cette question revient souvent et Instagram a du mal à trancher. Une chose est sûre, le débat sur l’authenticité des corps et des visages qu’on nous montre commence déjà à remonter, dès l’apparition de la publicité on s’inquiétait des complexes qui étaient créés de toutes pièces, et il n’est pas près de s’arrêter.

 

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