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Le 8/9

Angèle : "'Bruxelles je t’aime' est un peu la réponse à 'Bruxelles' de Dick Annegarn"

Angèle, pour son album "Nonante-Cinq"

Le 8/9

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10 déc. 2021 à 11:154 min
Par François Saint-Amand

Angèle était l’invitée du 8/9 à l’occasion de la sortie de son nouvel album Nonante-cinq. L’auteure-compositrice-interprète de 26 ans a commenté la trame introspective et le premier single noir-jaune-rouge de ce disque.

Nonante-cinq, le nouvel album d’Angèle composé de 12 nouveaux titres, initialement prévu le 10 décembre, est sorti une semaine plus tôt, le jour de ses 26 ans.

Il y a quelques semaines, la jeune chanteuse vous dévoilait le 1er extrait de ce nouvel opus : Bruxelles, je t’aime. Un titre dans lequel Angèle chante son amour pour sa ville d’origine.

Elle a également fait appel à Damso pour chanter avec elle sur le titre Démons.

Bruno Tummers a rencontré à cette occasion la chanteuse belge qui sera en concert en 2022 le 16 mai à Forest National (Complet), le 16 juillet au Festival de Dour, les 19, 20, 21 et 22 décembre à Forest National. Elle sera aussi à Viva for Life le 23 décembre 2021.

Son attachement à la Belgique

Qui d’autre qu’Angèle pour proposer un Bruxelles je t’aime ? Son frère Roméo Elvis avait déjà sorti Bruxelles arrive. C’est au tour de la plus jeune des Van Laeken de lâcher une ode à la capitale belge.

Cette chanson, elle l’a écrite et composée lors du premier confinement, alors qu’elle était coincée dans son appartement à Paris. Elle multiplie aussi les références au plat pays, intitulant en toutes lettres son deuxième album Nonante-Cinq, alors que son premier disque portait déjà le nom d’un belgicisme, Brol.

Angèle explique son envie d’affirmer sa belgitude : "J’ai cette chance de travailler énormément en France, d’avoir beaucoup d’opportunités et un réel public français. C’est incroyable, il y a eu des salles énormes, mais il ne faudrait pas non plus qu’on commence à penser que je sois française (rires). C’est plutôt l’idée de revenir à quelque chose de sincère, de réel, d’authentique, que je sois belge ou pas, et de toujours rester fidèle à qui je suis et de pouvoir remercier aussi mon public belge par ce billet-là".

"Bruxelles je t’aime, c’est un peu la petite réponse à la chanson Bruxelles de Dick Annegarn", qu’elle avait d’ailleurs chanté dans le studio du 8/9 avant de connaître le succès. "C’est d’ailleurs une des chansons qui a pas mal changé les choses. C’est en chantant cette reprise que Damso a fait ma connaissance parce qu’il l’avait entendue et qu’il avait beaucoup aimé. C’est comme cela qu’il m’a contactée et qu’on a commencé à travailler ensemble" révèle-t-elle.

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Son quotidien rythmé par la musique et les réseaux sociaux

En quelques mois, Angèle passe du statut d’artiste méconnue à star belge et représentante de la génération Z.

Cette notoriété, elle la doit aussi aux réseaux sociaux, qui lui permettent d’être toujours mise en lumière dans les médias traditionnels, alors qu’elle ne sort plus de nouveaux sons. Elle ne les voit cependant pas comme un moyen de promotion, mais un outil qui a toujours intégré son quotidien. "J’ai toujours gardé un lien avec cela et le plus proche avec le public qui me suit sur les réseaux. Cela fait partie de ma vie, de mon quotidien, même si évidemment mon rapport avec a changé en cinq ans et ce que je dévoile n’est plus la même chose qu’à l’époque" confie-t-elle.

Angèle passe peut-être beaucoup de temps sur les réseaux sociaux mais son emploi du temps est bien sûr rythmé, pour son plus grand bonheur, par la musique. "Je ne pourrais pas faire autre chose avec autant d’envie et de joie parce que j’ai trop besoin de faire de la musique, d’écrire. La finalité d’être sur scène demande beaucoup de travail mais j’aime trop être avec le public" savoure-t-elle.

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Un album introspectif et parsemé de ses doutes

Produire Nonante-Cinq aura donc été un travail de longue haleine certes, mais passionnant pour Angèle. Sur cet album, elle exprime en particulier ses doutes, tant sur sa notoriété que sa vie privée. Mais n’est-ce pas paradoxal pour une célébrité ?

"Avant, j’écrivais parce que c’était un besoin, cela a toujours été le cas. Je chantais ou me mettais au piano mais finalement assez peu de personnes m’écoutaient, même mes parents n’en avaient pas le droit. J’attendais qu’ils partent pour jouer au piano, je n’avais pas ce besoin d’être écoutée" dévoile-t-elle. "Quand j’ai découvert le plaisir que c’était d’écrire des chansons mais en plus de pouvoir les chanter devant des gens et de partager un moment, j’ai compris petit à petit que ce serait mon métier et que c’est ce que je voulais faire".

Arrive alors le revers de la médaille de la popularité : "Il y a eu ce moment où cela m’a dépassé car les textes que j’écris qui sont très intimes se partagent finalement des milliers de fois. Et je ne sais pas très bien où sera la limite, mais en tout cas la mienne est que c’est d’abord utile pour moi. C’est merveilleux si cela peut être partagé et encore plus beau si d’autres gens vont l’interpréter différemment et s’identifier".

S’épancher sur ses doutes a donc une légitimité, tant qu’elle ne se ment pas à elle-même.

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Une travailleuse acharnée

Connaissant le succès depuis quatre ans, Angèle a eu le temps de comprendre pourquoi elle a pu voir sa carrière exploser.

Je me suis beaucoup demandé pourquoi moi. Et aujourd’hui la réponse est qu’il y a quand même beaucoup de travail.

Il n’y a donc pas de recette magique, le travail, même dans l’industrie musicale, finit toujours par payer.

C’est cette même industrie qui l’acclame et que cette artiste féministe a domptée aujourd’hui, bousculant des codes parfois bien archaïques. Au début, la jeune chanteuse avait besoin de justifier qu’elle écrivait ses textes, par pur ego, mais aussi par crainte qu’on lui ôte son mérite. "C’est montrer que les temps changent et qu’aujourd’hui une femme peut écrire, des textes, composer. Ce n’est montrer pas que c’est extraordinaire, mais qu’aujourd’hui c’est possible et que l’industrie de la musique a évolué aussi. Elle permet davantage et donne plus confiance aux textes des femmes, ce qui n’a pas toujours été le cas".

Une chose est sûre, avec ce nouvel album, Angèle exorcise cette fois bien ses Démons.

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Du lundi au vendredi, retrouvez l’invité du jour dans Le 8/9 à suivre sur VivaCité et en télé sur La Une. Pour connaître le programme de la semaine, c’est par ici.

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