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Anderlecht : la biodiversité menacée au vallon du Meylemeersch

La vallée du Vogelzang
20 juil. 2021 à 08:262 min
Par Jean Bensana

La vallée du Vogelzang, à la frontière entre la région flamande et la région de Bruxelles à Anderlecht, est un véritable havre de paix pour la biodiversité. Plus de 1700 espèces végétales et animales cohabitent dans cet espace naturel de 33 hectares. On y trouve notamment des chouettes chevêches, six espèces de chauves-souris différentes, une réserve naturelle, une zone boisée, un verger, des étangs et une ancienne ferme abandonnée. Le terrain est divisé entre CityDev, l’opérateur bruxellois d’appui à l’expansion économique, l’Université Libre de Bruxelles et le CPAS de Bruxelles qui ont différents projets de constructions.

Depuis plus de 20 ans, l’ASBL CNN Vogelzang se bat pour protéger la nature et la biodiversité dans cette vallée.

CityDev a plusieurs plans pour la zone. Il y est prévu de construire avec l’Université Libre de Bruxelles des logements étudiants et pour personnes à revenus modérés. Un projet en partenariat avec Bruxelles Environnement va également voir le jour. L’ambition est d’installer un projet d’agriculture écologique où 11 personnes en contrat d’insertion professionnelle seront formées au maraîchage écologique.

Des menaces sur la biodiversité

Le vallon du Meylemeersch fait 7 hectares est en partie en zone classée et en partie en ZEMU, zone d’entreprise en milieu urbain, ce qui autorise les projets. Mais pour l’ASBL CNN Vogelzang, continuer l’expansion urbaine sur ce site est un danger pour la biodiversité.

Bernadette Stallaert, membre de la CNN Vogelzang, milite pour que ce terrain soit préservé. CityDev et l’ASBL sont en contact et ont de bonnes relations, mais leurs objectifs ne sont pas les mêmes. L’association voudrait classer toute la zone en réserve naturelle tandis que CityDev souhaite s’étendre. L’opérateur public l’assure, tout est fait pour réduire l’impact négatif des constructions sur la nature. CityDev souhaite notamment garder une zone naturelle tampon, à la lisière des futurs bâtiments et de la zone classée.

Pour Bernadette Stallaert, ce n’est pas suffisant. " La biodiversité qu’on a maintenant ne va pas rester la même si on continue de construire autour ".

En l’espace de 50 ans, la zone a considérablement changé.

Le vallon du Meylemeersch en 1971
Le vallon du Meylemeersch en 2021

La principale menace pour la vallée du Vogelzang est la réduction des espaces favorables à la biodiversité. L’association explique qu’il faut différentier les approches vraiment naturelles et les approches esthétiques. Afin de rendre un environnement favorable à la biodiversité, il est important d’y toucher le moins. C’est pour cela qu’aménager des friches en parc n’est pas forcément le mieux pour la biodiversité. Ici, dans le vallon du Meylemeersch au sein de la vallée du Vogelzang, la biodiversité risque de cruellement manquer de place. Sur les 30 hectares de la vallée, seulement 13 sont classés en tant que "réserve naturelle", et pour Bernadette, ce ne sera pas suffisant pour sauver la biodiversité.

Ce n’est pas les 13 hectares de réserve naturelle qui vont suffire pour préserver la biodiversité.

Chouette Chevêche
Chouette Chevêche Geert Depreitere

Un patrimoine naturel important pour la ville

L’ASBL avance d’autres arguments. En plus d’être un havre de paix pour de nombreuses espèces végétales et animales, la vallée du Vogelzang est une opportunité pour la ville. Les espaces naturels comme celui-ci joue un rôle important durant les canicules, en favorisant le refroidissement des villes.

À terme, l’ASBL CNN Vogelzang souhaiterait donc que toute la vallée soit classée en tant que réserve naturelle.

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