Jupiler Pro League

Anderlecht : Avec son erreur, Wesley Hoedt a résolu deux problèmes majeurs de Felice Mazzu

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10 oct. 2022 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Lancelot Meulewaeter

Le visage de Felice Mazzu à la mi-temps du match à Malines, en disait long sur sa détresse. Atterré par l’indigence de la prestation des siens, apathiques dans les duels, incapables d’initier un mouvement offensif construit, le tacticien carolo devait déjà faire mijoter les ingrédients de la révolte à venir. En sacrifiant Wesley Hoedt, coupable du penalty inutile qui allait offrir l’ouverture du score aux Malinois, Mazzu a de facto répondu à l’une des attentes des suiveurs du club bruxellois. Le Néerlandais bénéficiait d’un totem d’immunité que l’arrivée d’un autre cadre défensif en la personne de Jan Vertonghen n’a jamais ébranlé. Grassement payé, vu comme un leader positif par le staff, doté d'une relance longue appréciable, il cumule les atouts d’un joueur qu’on ne dévisse pas du onze de base aussi facilement. Seulement voilà : ces dernières semaines, le Néerlandais a fait preuve d’une arrogance mal placée, se permettant de critiquer à même le terrain des coéquipiers qu’il jugeait moins alertes que lui. Il a lui aussi vu son régime personnel baisser de manière vertigineuse. En première mi-temps contre Malines, il a abusé des longs ballons, souvent inefficaces avant de commettre l’irréparable sur une bête poussée peu avant le quart d’heure. Assez pour le voir remplacé dès le retour des vestiaires. Et en agissant de la sorte, il a peut-être fait les affaires de son entraîneur.

Son remplacement par Mario Stroeykens a induit un changement de système attendu à Anderlecht. "Evidemment que l’idée de passer à 4 défenseurs m’a traversé l’esprit, elle m’a traversé l’esprit à chaque fois qu’on m’y a confronté en conférence de presse," souriait Mazzu à l’issue du match. "Mais je rappelle qu’on m’a fait venir pour pratiquer ma propre philosophie (NDLR : le 3-5-2). Cependant, il faut que je tienne compte de ce qui s’est passé aujourd’hui." En seconde mi-temps, la bascule vers un 4-4-2 à plat a remis les Anderlechtois en confiance de façon criante. La défense à 4 composée de Murillo, Debast, Delcroix et de N’Diaye a semblé mieux tenir le choc face aux offensives malinoises. Moussa N’Diaye s’est révélé très à l’aise dans sa position de back gauche, livrant un assist délicieux pour le 1-3 de Fabio Silva. Et la paire centrale, bien aidée par un Amadou Diawara qui a disputé une bonne deuxième mi-temps malgré sa jaune précoce, a prouvé par l’absurde que la présence de Hoedt était loin d’être indispensable pour gagner ce match.

Mazzu, qui jusque-là s’est toujours demandé comment faire cohabiter quatre défenseurs centraux qualitatifs (Vertonghen, Hoedt, Delcroix et Debast) a en tout cas des éléments probants pour redistribuer sa hiérarchie. Et tient désormais un précédent d’une équipe en réussite une fois qu’elle est passée à quatre derrière. A revoir dans le calendrier chargé qui attend les Mauves. Après tout, Mazzu ne reste-t-il pas un pragmatique dans l’âme ?

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