Andenne: les policiers en sous-effectif en ont "ras le képi"

Les policiers de la zone de la police des Arches en ont marre du manque de personnel (photo d'illustration)

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02 mars 2016 à 17:29 - mise à jour 02 mars 2016 à 17:29Temps de lecture2 min
Par Pierre-Yves Millet

Ils devraient être 94. Ils sont 6 de moins pour couvrir les 5 communes de la zone des Arches (Andenne, Assesse, Fernelmont, Ohey, Gesves).

Un sous-effectif chronique que les syndicats policiers iront dénoncer ce jeudi soir lors de la réunion du conseil de police, présidé par le bourgmestre d'Andenne. Et dans ce dossier, Claude Eerdekens en prend pour son grade. "L'an dernier, il a fait main basse sur le boni de 2 millions de la zone de police", dénonce Thierry Belin, du SNPS, syndicat national du personnel de police et de sécurité.

"En 2015, le compte dégage un bénéfice de 450 000 euros et le bourgmestre d'Andenne refuse d'engager, c'est inadmissible". Et le syndicaliste de lister les problèmes de sécurité générés par le manque de personnel. "Pour pallier les absences, ce sont les agents de quartier qui montent dans les fourgonnettes d'intervention. Vous trouvez ça normal? Alors qu'ils devraient être sur le terrain, dans les quartiers, pour faire de la prévention et observer les phénomènes de radicalisme religieux. Ce sous-effectif met en danger la population."  

"Ils sont furieux car je dis la vérité"

De son côté, le bourgmestre d'Andenne ne se laisse pas démonter. Il conteste le nombre minimum de 94 policiers pour assurer les missions dans la zone (c'est pourtant la norme fixée dans la loi, depuis la réforme des polices). Plus fondamentalement, il estime que les policiers sont devenus impayables aujourd'hui. "Les syndicats s'énervent quand je leur explique cela. Mais c'est pourtant imparable. Les avantages octroyés par le gouvernement fédéral aux policiers entrainent de tels surcoûts pour les communes que finalement le salaire moyen d'un policier est deux fois plus élevé que celui d'un agent communal. Voilà la vérité". Envisage-t-il, avec les autres bourgmestres de la zone, d'utiliser le boni de 2015 pour engager? "Certainement pas. Ce bénéfice nous permettra justement de ne pas emprunter pour acheter du nouveau matériel et ainsi améliorer les conditions de travail."

Des déclarations, de part et d'autre, qui en disent long sur le fossé d'incompréhension qui sépare policiers et autorités communales. Et qui n'est pas près de se combler. Si rien ne bouge d'ici le 24 mars, les syndicats déposeront un préavis de grève.   

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