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Ancienneté, heures supplémentaires... : la Flandre s’attaque à la pénurie d’enseignants

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06 déc. 2021 à 12:542 min
Par Belga

Le gouvernement flamand a validé vendredi dernier un paquet de mesures destinées à pallier le manque d'enseignants, directement accueilli lundi par des critiques de l'opposition. Ces petits "ballons" ne sont pas une véritable solution, balance la cheffe de groupe des socialistes au Parlement flamand.

Les écologistes ne sont pas convaincus non plus. Le ministre Ben Weyts (N-VA) "a oublié le chantier principal", celui des jeunes enseignants qui quittent rapidement la profession, accuse Johan Danen, député Groen.

Meilleure prise en compte de l'ancienneté

Le ministre Weyts a communiqué lundi les mesures. Elles comprennent une meilleure prise en compte de l'ancienneté (jusqu'à 10 ans plutôt que 8, dès janvier) pour ceux qui viennent du privé et rejoignent l'enseignement dans les matières et postes "critiques", dont la liste est d'ailleurs étendue (on y ajoute biologie, chimie, physique, mais aussi économie, anglais, allemand et latin, et les postes de directeur d'école et de coordinateur ICT, entre autres). On va aussi permettre au primaire d'utiliser et de nommer des personnes possédant un diplôme de Master et présentant un certificat d'aptitude pédagogique, qui seront cependant payés au niveau bachelier. 

Supplément de salaire pour heures supplémentaires

Les enseignants qui prennent à leur charge, de manière structurelle, des heures de cours supplémentaires, pourront aussi désormais prétendre à un supplément de salaire, ce qui n'était pas le cas. D'autres mesures donnent davantage de latitude aux écoles pour engager du personnel de soutien si elles ne trouvent pas d'enseignants pour les postes ouverts. 

Insuffisant

Les partis Vooruit et Groen, dans l'opposition, n'ont pas tardé à réagir. "Cela semble une bonne idée à court terme que les enseignants qui débutent donnent davantage d'heures, mais nous savons qu'une grande part d'entre eux décroche déjà à cause de la charge de travail", pointe Hannelore Goeman, cheffe de groupe Groen au parlement flamand. "Mieux les accompagner et leur offrir une stabilité d'emploi est une bien meilleure solution à long terme, mais malheureusement on ne voit rien à ce sujet".

L'ancienneté mieux prise en compte pour les transferts depuis le privé, c'est une bonne chose, estime-t-elle, mais c'est insuffisant. "C'est bien trop peu pour faire la différence. Une personne de 45 ans perdra encore la moitié de son ancienneté et financièrement cela se sent. Il y a pourtant là un groupe intéressant, pour pallier le manque d'enseignants à court terme". 

Plutôt augmenter la sécurité d'emploi et l'accompagnement des jeunes

Depuis les rangs des Verts, on insiste aussi sur l'importance de garder les jeunes diplômés dans la profession. "C'est là qu'on peut obtenir le plus gros gain sociétal. On en fait bien trop peu actuellement", pointe l'élu Johan Danen lundi. Un jeune enseignant sur trois décrocherait dans les 5 premières années de sa carrière. Johan Danen propose lui aussi d'augmenter la sécurité d'emploi et l'accompagnement de ces jeunes. "Donnez leur un statut spécifique, avec un accompagnement approfondi, un certain nombre d'heures de cours avec soutien des plus expérimentés, etc."

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