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Aller au travail en vélo-train-vélo : Thomas, l’exception qui confirme la règle en Hainaut

3 kilomètres à vélo, une heure de train et 15 autres kilomètres à vélo. C’est le chemin de Thomas vers son boulot chaque matin.

En Hainaut, plus de neuf travailleurs sur dix vont au travail en voiture. Et un employé sur cinq a une voiture de société. C’est ce que dit le baromètre de la mobilité d’Acerta, prestataire de services de ressources humaines qui s’est intéressé aux trajets professionnels des employés du privé en 2021.

Seul un travailleur sur vingt va au boulot en train. Et un autre à vélo. Thomas Cuvelier fait partie de ces deux catégories à la marge des habitudes hennuyères. Ce Tournaisien travaille à Bruxelles, à 103 kilomètres de chez lui. "Il y a un an, j’ai fait une balade à vélo, ce que je n’avais plus fait depuis vingt ans. Je me suis senti bien et je me suis dit, pourquoi pas ne pas intégrer le vélo à mon quotidien. De chez moi à la gare, il n’y a que trois kilomètres. On y est plus vite à vélo qu’en voiture, surtout en hiver, le temps de dégivrer le pare-brise. Et une fois à Bruxelles-midi, ça va plus vite de faire les quinze derniers kilomètres à vélo plutôt que de les faire en train, donc je me suis lancé et je ne le regrette pas."

Les bonnes excuses

Parmi les freins à l’usage du vélo pour aller au travail, Patrick Allard, Cycliste quotidien (Gracq) à Tournai, relève trois arguments. 1. Il pleut tout le temps. "Mais un cycliste quotidien vous dira qu’il fait souvent gris, mais qu’on se fait peu arroser en réalité. Et des vêtements imperméables et antitranspirants existent". 2. Il n’y a pas de douche au boulot. "Les cyclistes ayant des soucis de sudation trouvent une solution dans le vélo à assistance électrique". 3. Trop peu de routes sont dédiées aux vélos. "Des efforts sont faits actuellement. Mais ils font les continuer, sécuriser davantage les pistes et les nettoyer."

Du côté des transports en commun, la qualité de l’offre doit s’améliorer pour inciter les utilisateurs à les emprunter, estime Gianni Tabbonne, porte-parole de l’association Navetteurs.be. Mais il constate que la crise sanitaire n’a pas joué un rôle favorable. "Entre les périodes d’interdiction de prendre le train et la peur d’y attraper le Covid, cette période a été plus favorable à la voiture qu’aux transports en commun".

Le succès des voitures de société

Le système des voitures de société n’encourage pas non plus les travailleurs à explorer d’autres modes de transport, même si l’instauration du "budget mobilité" peut faire évoluer les choses en entreprise. "L’employé peut par exemple choisir d’avoir une voiture moins polluante et un vélo électrique" explique Benoît Caufriez, porte-parole d’Acerta.

Particularité hennuyère relevée par ce baromètre de mobilité, la distance moyenne entre la maison et le lieu de travail est de trente kilomètres. C’est plus que dans toutes les autres provinces de Belgique. Et ça pourrait encore augmenter à l’avenir. Les employés sont prêts à parcourir plus de kilomètres quand ils se rendent au boulot, en sachant que certains jours, ils resteront chez eux grâce au télétravail.

 

 

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