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Allemagne: percée des populistes de l'AfD, "début d'une nouvelle politique"

Allemagne: coup dur pour Angela Merkel

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14 mars 2016 à 06:42 - mise à jour 14 mars 2016 à 07:032 min
Par Delphine Nerbollier à Berlin

Voilà que l'AfD, l'Alternative Für Deutschland fait un triomphe dans trois Landers. L'AfD c'est un parti populiste de droite, radicalement anti-immigration, dont la direction se défend d'être raciste mais qui a multiplié les dérapages xénophobes au cours de la campagne. 

L'AfD a placé au cœur de la campagne la politique migratoire jugée trop généreuse de la chancelière, qui a ouvert ses portes à 1,1 million de demandeurs d'asile en 2015 en Allemagne. La politique d'accueil des milliers de victimes de la guerre venues chercher asile en Europe, prônée par Angela Merkel, a donc fait perdre des voix à son parti la CDU. Cette politique divise le pays et, on le constate, elle a désorienté les électeurs traditionnels de la CDU.

Ce sont bien les populistes de l'AfD, parti fondé il y a seulement trois ans, qui apparaissent comme les grands vainqueurs du scrutin. Cette percée va aussi compliquer la tâche de la CDU, du SPD et des Verts pour bâtir des coalitions régionales stables.

L'AfD sera désormais représentée dans huit des 16 régions du pays, à dix-huit mois des élections législatives et alors que d'autres scrutins régionaux sont attendus d'ici là.

En cause, la politique d’ouverture en direction des réfugiés

Le coup est très dur pour Angela Merkel. Son parti n’arrive en tête que dans une seule des trois régions qui votaient dimanche. Les électeurs ont massivement délaissé la formation chrétienne démocrate. 

Le grand gagnant de ces élections régionales est indiscutablement le parti populiste de droite – l’AFD – l’Alternative pour l’Allemagne, qui a été fondé il y a seulement trois ans. Son score dépasse ses espérances avec 24% des suffrages en Saxe Anhalt. Il se place en deuxième position dans cette région. Dans le très riche Bade-Wurtemberg, il dépasse même les socio-démocrates à la plus grande satisfaction de sa présidente Frauke Petry. "Nous ne sommes pas devenu un parti protestataire, malgré ce qu’on dit, mais protester c’est le début d’une nouvelle politique tout comme s’éloigner des autres partis à qui on ne fait plus confiance. Faire ça, c’est évidemment protester, mais c’est aussi dire oui à une nouvelle force politique et ce ‘oui’ a été très clairement lancé aujourd’hui.

A Berlin, au sein du parti chrétien démocrate de la chancelière, on dit avoir entendu le message lancé par les électeurs protestataires mais pour l’instant pas question de changer de cap en matière de politique migratoire.

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