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Alimentation : et vous, qu'est-ce qui vous dégoûte ?

Alimentation : et vous, qu'est-ce qui vous dégoûte ?

Vous est-il déjà arrivé de ne pas pouvoir manger un aliment, simplement parce qu’il vous dégoûte ? Si oui, c’est tout à fait normal. Le dégoût est une émotion qui peut être ressentie de la même manière que la joie, la colère ou la tristesse. Cette réponse émotionnelle apparaît suite à un sentiment de rejet et de profonde aversion qui sont provoqués par différentes stimulations. Le point dans "La Grande Forme" avec le Dr Grégory Nawara, ORL.

Les huîtres, les moules ou encore, les aliments avariés… Leur aspect visqueux ou leur mauvaise odeur provoque dégoût et aversion chez de nombreuses personnes. Mais ce n’est pas le seul motif… Pour comprendre, il y a deux types de dégoûts :

  • Le dégoût primaire (purement physique) qui est inné, instinctif et auto programmé. Il a tendance à protéger notre intégrité physique. Il va, par exemple, se déclencher lorsque nous sommes exposés à des aliments avariés, pour protéger notre santé.
  • Le dégoût secondaire (L’aspect comportemental) qui est plutôt acquis. Il est le fruit d’une construction culturelle, basée sur notre expérience personnelle, il est lié à l’enfance, à l’éducation, au milieu culturel et socio-économique. Il a plutôt pour but de protéger notre intégrité psychique. Il est le garant de nos valeurs morales.

Dans nos sociétés contemporaines et industrielles, on n’est de moins en moins confronté à des aliments avariés. À l’époque, c’était parfois une question de survie : quelqu’un qui mangeait un aliment avarié, pouvait en mourir. Maintenant, ce qui caractérise nos sociétés, c’est que la comestibilité d’un aliment est plus devenue une question symbolique que biologique et va plus être en rapport avec la représentation symbolique qu’une personne va lui accorder. L’exemple classique : une personne mange un repas très savoureux et tout à coup, quelqu’un lui dit qu’il s’agit de quelque chose qui le dégoûte, cela va provoquer un rejet, même si l’aliment est savoureux souligne le Dr Grégory Nawara.


►►► À lire aussi : Coronavirus : goût et odorat perdus à jamais, l’angoisse de rescapés de la maladie


 

Selon une nouvelle étude publiée dans les Actes de l’Académie nationale des sciences, une répulsion devant certains aliments pourrait être le mouvement du corps pour éviter une infection alimentaire. Cette étude confrontait les sujets à deux images. Ces images étaient toutes les deux dégoûtantes, mais l’une véhiculait inconsciemment une notion d’infection, une notion de danger pour la santé : "Inconsciemment, les gens étaient systématiquement plus dégoûtés par l’image qui leur donnait l’impression que l'aliment était toxique. Donc, plus les aliments présentaient un risque sanitaire, plus les gens avaient tendance à présenter des signes de répulsion."

Le dégoût: qu'est ce que c'est et d'où vient-il ?

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Nous avons une véritable cartographie du goût, qui est inscrite dans des zones précises du système nerveux central. Cette cartographie a la capacité de se moduler… Et en fonction du vécu et de l’expérience, peut aller vers le positif ou alors vers un sentiment de dégoût : "Le dégoût n’est donc pas simplement lié au goût : tous les organes sensoriels participent à la construction du dégoût. Il n’y a pas forcément besoin d’un aliment en bouche pour être dégoûté. On peut également éprouver du dégoût face à un aliment visqueux ou peu appétissant car on mange avec les yeux ! On aura beau dire que c’est délicieux, on ne voudra pas y goûter à cause de l’aspect, de la texture ou de la couleur."

►►► À lire aussi : Le bruit peut changer le goût de la nourriture, c’est la science qui le dit !


Heureusement, ce dégoût peut être réversible. C’est le but des thérapies cognitives et comportementales : il s’agit de remettre une personne dans une situation, dans la condition qui provoque le blocage. C’est un peu le même principe pour les personnes qui ont peur de prendre l’avion. Mais dans quelle mesure y-a-t-il une urgence de santé à vouloir absolument faire goûter quelque chose ? Peut-on vivre normalement avec certaines aversions et dégoûts ? Il y a une question de santé, de motivation. En agissant sur l’aspect primaire et secondaire, il y a un moyen d'obtenir un caractère réversible pour ces différents dégoûts conclut le Dr Nawara.

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13 heures à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast telles que : Pocket Casts, Podcast addict, Google Podcast ou encore Apple Podcast.

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