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Alexandre Bompard, patron de l'enseigne: "Carrefour croulait sous une multitude de projets"

Interview d Alexandre Bompard patron de Carrefour

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24 janv. 2018 à 09:52 - mise à jour 24 janv. 2018 à 10:012 min
Par RTBF

Supérettes, supermarchés et hypermarchés, le géant français de la distribution, Carrefour, veut refonder littéralement son modèle économique.
Ce n’est sans doute pas un hasard si le premier chantier qu’a évoqué hier le patron de Carrefour, Alexandre Bompard, c’est une simplification radicale de l’organisation du groupe. "Pour regagner en efficacité, nous devons mettre fin à la dispersion de l’entreprise. À mon arrivée, Carrefour croulait sous une multitude de projets. Trop nombreux, ils ne disposaient pas de moyens suffisants et ne répondaient pour la plupart à aucune attente de nos clients."
Des projets, il y en avait des centaines. Beaucoup seront supprimés. Trop de niveaux hiérarchiques ? Leur nombre va diminuer. Trop de sièges, trop grands ? Leur nombre va diminuer. Et c’est là aussi que la restructuration va être la plus lourde : 2400 postes de travail supprimés dans les sièges en France sur les 10 000 emplois qu’ils comptent actuellement.

Restructuration ou refondation ?

Pour Alexandre Bompard, la simplification implique de grosses économies: 2 milliards d’euros en année pleine. L’idée est de regagner en compétitivité et en productivité, et c’est là qu’on arrive à la refondation. Elle passe aussi par des partenariats destinés à renforcer l’entreprise. Pour Alexandre Bompard,  être leader impose de se faire des alliés. "C’est ce que nous avons fait avec FNAC Darty le 5 décembre, avec Showroomprivé le 11 janvier, et je suis très fier de vous annoncer aujourd’hui la signature d’un partenariat stratégique avec Tencent en Chine." 

Tencent est un des géants des réseaux sociaux en Chine, un milliard d’utilisateurs chaque mois, une présence dans les médias, les paiements en ligne… Tencent va entrer au capital de Carrefour Chine — pas Carrefour en France — qui va ainsi acquérir des connaissances essentielles sur l’e-commerce alimentaire, par exemple comment exploiter efficacement les données clients -le fameux big data- pour mieux personnaliser et donc cibler les offres. Il sera aussi question d’investir dans le magasin du futur.

En faisant cela, Carrefour copie son concurrent Auchan, qui s’allie avec le géant Alibaba sur le même territoire. La chine.

Commerce en ligne : l’enjeu

L’e-commerce et un chantier fondamental pour Carrefour pour les prochaines années. C’est là qu’ Alexandre Bompard veut mettre le paquet : 2,8 milliards d’euros investis dans le digital d’ici 2022, 6 fois plus qu’aujourd’hui.  "Aujourd’hui, notre enseigne n’offre pas une expérience digitale homogène et satisfaisante. C’est normal. Avec pas moins de 8 sites d’e-commerce non reliés entre eux et 14 applications, nos clients ne peuvent pas s’y retrouver."
Tout sera donc rationalisé. Carrefour va réorienter massivement ses investissements marketing vers le digital. Avec, de la part d’Alexandre Bompard une ambition très claire : faire de Carrefour le leader de l’e-commerce alimentaire sur ses principaux marchés. Et cela dans les 5 ans.
Les conséquences pour la Belgique? On ne sait pas encore. Un conseil d’entreprise extraordinaire est convoqué par Carrefour Belgique jeudi après-midi. Comme on l’imagine, L’inquiétude règne parmi les syndicats et parmi les salariés de Carrefour Belgique.
 

Suppression d'emploi chez Carrefour

JT 19h30

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