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Alain Mathot et l’incinérateur d’Intradel : le Parquet demande deux ans avec sursis

Alain Mathot devant le palais de justice de Liège, lors du procès de 2021, devant le tribunal correctionnel
18 janv. 2022 à 16:58 - mise à jour 18 janv. 2022 à 17:242 min
Par François Braibant

Alain Mathot sera-t-il condamné un an après avoir été acquitté ? Ce mardi se déroulait la deuxième journée de son procès en appel. Le ministère public a requis contre lui une peine de deux ans de prison avec sursis, assortie d’une privation de ses droits civils et politiques (pour 8 ans) et d’une "interdiction de commercialité" d’une durée de cinq ans. Le Parquet réclame aussi une amende plus une peine de confiscation qui peut monter jusqu’à un million cinq cent mille euros.

L’ex-bourgmestre de Seraing est accusé de corruption passive dans l’affaire du marché de construction de l’incinérateur d’Intradel. Il avait été acquitté il y a un an dans un premier procès, mais le parquet avait immédiatement fait appel.

Pour le parquet, l’ex-bourgmestre de Seraing est coupable de corruption

Pour le Parquet, Alain Mathot a beau avoir été acquitté en février dernier, il est bel et bien coupable de corruption. Il a reçu de l’argent pour influencer le marché de l’incinérateur d’Hertal, et en faire attribuer la construction au groupe Inova.

Qu’Alain Mathot ait vraiment influencé ou qu’il ait seulement tenté de faire croire qu’il allait jouer de ses contacts, c’est tout aussi illégal, selon l’avocate générale : c’est de la corruption. Il suffit que le corrupteur (Philippe Leroy, l’ancien directeur d’Inova) soit convaincu que le corrompu (Alain Mathot) a le pouvoir d’influencer une décision pour que l’infraction existe !

L’avocate générale revient sur la lettre anonyme de dénonciation qui est à l’origine de l’enquête et des procès. Pour elle, cette lettre est "crédible", puisqu’elle contient des faits et des détails que les enquêteurs ont pu vérifier.

Des trous dans le scénario

Cependant, l’avocate générale a admis dans la matinée qu’il pouvait y avoir des trous dans le scénario, car il y a des choses qui ne peuvent être appréhendées : parce qu'"on" n’a pas voulu laisser de traces. Elle a admis un peu plus tard n’avoir pas d’acte matériel à rapporter.

Elle détaille les liens, les rencontres, les coups de fil, les courriels, les versements entre les très nombreux protagonistes du dossier. Elle remonte jusqu’au tout début des années 2000, à l’époque où le dossier de l’incinérateur se préparait à aboutir.

Elle évoque l’influence du père Mathot, Guy, et l’activité professionnelle de son fils, Alain, qui monnayait son carnet d’adresses. Elle souligne qu’il est resté à la tête de sa société alors même qu’il était mandataire public. Elle estime invraisemblable qu’Alain Mathot prétende ne pas se souvenir de ses contacts téléphoniques avec Philippe Leroy, le directeur d’Inova, condamné pour l’avoir corrompu, et qui venait de décrocher l’énorme marché de la construction de l’incinérateur, marché auquel Alain Mathot s’était intéressé de près et récemment. Elle compare le niveau des dépenses en cash d'Alain Mathot avec ses déclarations de patrimoine. Elle estime que le prévenu dépense beaucoup plus que ce qu'il semble posséder.

Alain Mathot est assis au premier rang, le regard tourné vers l’avocate générale. A plusieurs reprises, à l’énoncé d’un fait ou d’une date, il hoche la tête, se retourne vers son avocat et ses mimiques montrent sans aucun doute qu’il n’est pas d’accord avec la thèse du ministère public.

Le procès se poursuivra ce mercredi avec la plaidoirie de l’avocat d’Alain Mathot.

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