RTBFPasser au contenu

Societe

Agriculteurs en colère: actions levées, accord pour des mesures d'ici fin août

Rencontre agriculteurs - grande distribution

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

31 juil. 2015 à 00:52 - mise à jour 31 juil. 2015 à 14:155 min
Par RTBF

La réunion tenue au siège de Comeos entre organisations agricoles, secteur agroalimentaire et grande distribution s'est soldée par un accord pour définir des mesures de soutien d'ici la fin août. En attendant, les actions sont levées, assure-t-on : une promesse qui a pu se vérifier dans l'après-midi avec le déblocage des supermarchés Carrefour de Bruges, puis de celui de Waterloo que les agriculteurs ont quitté vers 15h30.

Après la journée de mobilisation de jeudi, la plupart des dépôts de grande distribution ont été libérés par des agriculteurs ce vendredi matin. Certains ont néanmoins passé la nuit sur place, en attendant ce qu'il ressortira d'une réunion cruciale prévue avec tous les acteurs du secteur à 10 heures.

Le blocage du dépôt du hard discounter Aldi à Erpe Mere a été levé cette nuit aux alentours de minuit, tandis que les agriculteurs ont quitté la laiterie Corman à Goé vers environ 23h. Les agriculteurs qui bloquaient le supermarché Lidl de Courcelles ont également quitté les lieux pendant la nuit. Le dépôt Colruyt de Ghislenghien a également été débloqué dans la nuit tandis que le barrage filtrant devant celui d'Ollignies a été levé dans l'attente des conclusions de la réunion que tiennent les différents acteurs du secteur à partir de 10 heures.

Action des agriculteurs devant le Carrefour de Waterloo.
La direction de Carrefour rencontre les agriculteurs qui manifestent devant le magasin de Waterloo.

La Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA) avait par ailleurs annoncé une action de protestation dès 11 heures au rond-point de Mont-Saint-Jean à Waterloo, "dans un profond souci de la rentabilité et de la survie des exploitations familiales à court et à long terme", indiquait la fédération en début de journée.

Peu avant midi, une trentaine de tracteurs et quelque 50 agriculteurs s'étaient postés devant le magasin Carrefour de Waterloo. La direction de la chaîne était rapidement venue les rencontrer sur le parking du supermarché.

Loading...

Blocage du magasin

Arnaud de Lauzieres, directeur d'exploitation des hypermarchés Carrefour, a proposé de suspendre l'action en attendant l'issue des négociations de la réunion interprofessionnel au siège de Comeos (voir infra) et rappelle par ailleurs qu'il y a, entre producteurs et distributeurs, toute une chaîne d'intervenants.

De leur côté, les agriculteurs menaçaient de passer d'une action de sensibilisation à une action de blocage du magasin, ce qu'ils ont finalement fait aux alentours de 13h30, paralysant les voies d'accès au magasin. La police était présente sur place, mais il n'y a pas eu d'incident.

Les manifestants ont fini par lever leurs barrages à Waterloo vers 15h30.

Loading...
Loading...

Fin de l'action devant le supermarché à Bruges.

Une dizaine d'agriculteurs menaient encore une action de protestation à Bruges, où ils bloquent là aussi l'entrée d'un magasin Carrefour. L'Algemeen Boerensyndicaat (ABS), l'un des principaux syndicats agricole de Flandre, soutient l'action mais ne l'a pas initiée, a-t-il fait savoir.

"Pour nous, l'action est terminée mais certains membres d'ABS ont décidé de la prolonger. Nous soutenons les agriculteurs, mais pour ABS l'action menée hier suffisait", réagit le secrétaire général du syndicat, Guy Depraetere.

Bruges était la seule ville de Flandre où se tenait encore une action, mais celle-ci a pris fin vers 13h40, a indiqué Carrefour.

L'enseigne assurait, en réaction, "avoir beaucoup de compréhension pour la situation difficile dans laquelle se trouve le secteur agricole", mais se disait quand même "très surprise que cette action ait lieu aujourd'hui devant un de nos magasins".

L'entreprise souligne par ailleurs ne jamais prendre elle-même l'initiative de faire baisser le prix d'achat ou de vente du lait.

Un premier progrès

Les éleveurs dénoncent des prix trop bas pour couvrir leurs frais de production et pointent notamment du doigt la grande distribution, et singulièrement les "hard discounters" qui font du lait un produit d'appel. En moyenne, les producteurs laitiers wallons ne perçoivent plus qu'environ 25 centimes le litre.

Un premier progrès a été enregistré jeudi puisque, selon Christian Wiertz, vice-président du MIG, le directeur de la laiterie Corman, qui est également responsable de la Confédération belge de l'industrie du lait, s'est engagé à augmenter la part de lait belge traité dans sa laiterie.

"Il faut pousser les acteurs industriels à s'approvisionner avec plus de produits belges. Les laiteries doivent changer. Maintenant, nous devons analyser la situation et regarder les chiffres de plus près", explique Christian Wiertz qui précise qu'aucun mot d'ordre n'a été donné pour le moment quant à de nouvelles actions. L'European Milk Board tiendra une réunion d'urgence à ce propos mardi.

Loading...

Réunion interprofessionnelle chez Comeos

En soirée, une première rencontre a eu lieu entre les agriculteurs et le ministre de l'Agriculture, Willy Borsus, sur le site du centre logistique et de distribution de Colruyt, situé à cheval sur les localités d'Ollignies (Lessines) et de Ghislenghien (Ath).

Une nouvelle rencontre réunissant les six organisations agricoles, les représentants de l'industrie alimentaire et de la grande distribution avait lieu ce vendredi matin dès 10 heures à Bruxelles, au siège de Comeos, la fédération du commerce. Le cabinet du ministre Borsus n'y était pas représenté.

"Nous sommes réunis aujourd'hui avec le comité de pilotage de la plateforme concertation chaîne : tous les partenaires de la chaîne agroalimentaire seront présents, les organisations agricoles qui se sont déjà réunies hier, l'industrie alimentaire, la distribution...", a exposé Piet Vanthemsche, président du Boerenbond, avant le début de la réunion.

"Le but est de se réunir entre nous, au niveau interprofessionnel, sans les autorités, pour réfléchir à la situation difficile de nos agriculteurs et pour voir si on peut, au niveau interprofessionnel, trouver des solutions pour le court et le long terme. Nous sommes toujours volontaristes, nous cherchons des solutions", a-t-il encore ajouté.

De son côté, Philippe Duvivier, le président de la Fédération Unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs (FUGEA), s'est montré plus dur : il faut "un prix minimum pour le lait sinon les blocages continueront", a-t-il lancé sans détour.

Levée des actions et accord pour de nouvelles discussions

La réunion s'est soldée peu avant 14 heures par une sorte de pré-accord : les agriculteurs, l'industrie alimentaire et le secteur de la distribution ont convenu de se revoir fin août pour plancher sur des mesures. D'ici là, les actions seront levées, annonce-t-on.

"Des mesures concrètes vont être prises d'ici fin août", précise-t-on du côté de la FUGEA. "Les actions de blocage vont être levées. On va faire de la sensibilisation et, le 7 septembre, nous serons présents à Bruxelles", indique le Boerenbond.

"On va travailler pour trouver une solution pour lutter contre la volatilité des prix. Il faut un vrai système de solidarité", assure pour sa part Comeos.

"Soutien temporaire"

Les propositions prendront à court terme la forme "d'un soutien temporaire aux prix des secteurs laitier et porcin". À long terme, il s'agira d'un mécanisme de stabilisation auquel tous les maillons de la chaîne participeront, indique un communiqué commun signé par l'ABS, le Boerenbond, Comeos, la Fevia, la FJA, la Fugea, la FWA et le MIG.

"Les deux éléments sont indissociablement liés et feront partie intégrante d'une proposition concrète et globale qui sera élaborée avant la fin du mois d'août", précisent les protagonistes.

es partenaires de la concertation de la chaîne élaboreront, aussi pour la fin du mois d'août, des propositions relatives à la durée des contrats d'achat, au contenu des campagnes de promotion (origine des produits, politique des prix) et à l'adéquation entre l'offre et la demande, aussi bien sur le plan des quantités que sur celui de la spécificité des produits, en tenant compte de l'évolution du comportement du consommateur.

Visionnez ci-dessous Piet Vanthemsche (Boerenbond), Didier Coulonval (FWA) et Philippe Duvivier (FUGEA)​ s'exprimant au micro de Laurent Henrard avant la réunion.

Réunion du secteur agroalimentaire: Piet Vanthemsche (Boerenbond), Didier Coulonval (FWA) et Philippe Duvivier (FUGEA)

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Relire le point sur les actions de ce jeudi et de la nuit de jeudi à vendredi ci-dessous :

Loading...

Articles recommandés pour vous