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Agressions sexuelles à Cologne: "Une action coordonnée", pense le ministre de la Justice

Agressions sexuelles à Cologne: "Une action coordonnée", pense le ministre de la Justice
06 janv. 2016 à 07:13 - mise à jour 06 janv. 2016 à 13:133 min
Par RTBF avec AFP

Les agressions sexuelles perpétrées à grande échelle à Cologne le soir du Nouvel An pourraient avoir été organisées, a indiqué le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, sur la chaîne télévisée ZDF mercredi. "Le tout semble avoir été coordonné", a-t-il dit.

Quelques 90 plaintes pour agressions sexuelles et un viol ont été enregistrées à la suite de la Saint-Sylvestre dans la ville de l'ouest de l'Allemagne. Les agressions se sont produites vers minuit autour de la gare de Cologne, mais également à Hambourg, où 27 plaintes ont été déposées.

Pour le ministre de la Justice, il est peu probable que ces événements se soient produits par hasard.

La police a annoncé mercredi avoir trois suspects dans son viseur, sans donner plus d'informations.

"Gardez vos distances"

Par ailleurs, la maire de Cologne, Henriette Reker, était sous le feu des critiques mercredi après avoir conseillé aux femmes de garder leurs distances et de rester groupées. Twitter s'est rapidement emparé de sa formule sous le hashtag #EineArmlaenge ("à distance d'un bras"). Ses détracteurs estiment qu'elle devrait focaliser son action sur le renforcement de la sécurité et l'interpellation des agresseurs, plutôt que de blâmer les victimes.

Se basant sur les témoignages, la police estime que les suspects sont des hommes d'apparence nord-africaine, a indiqué mardi le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. Mais peu de détails sont connus sur l'identité des assaillants et il n'est pas avéré qu'il s'agisse de demandeurs d'asile, soulignent différents médias allemands.

Les événements créent néanmoins le malaise dans le pays, qui a accueilli un million de réfugiés en 2015. Plusieurs personnalités politiques ont exprimé leur crainte de voir apparaître des amalgames, comme n'hésitent pas à le faire le mouvement anti-islam Pegida et le petit parti d'extrême droite AfD.

Manifestation pour plus de respect envers les femmes

Mardi en début de soirée, entre 200 et 300 personnes (selon la police) se sont symboliquement rassemblées devant la cathédrale de Cologne pour appeler à plus de respect envers les femmes.

"Madame Merkel, que faites-vous ? Ça fait peur", s'interrogeait sur une pancarte une des manifestantes. Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a lui critiqué dans la soirée l'inaction des forces de l'ordre à Cologne le soir des faits. "La police ne peut pas travailler comme ça", a-t-il dénoncé.

20 à 30 jeunes hommes ivres

Ces agressions sont attribuées à des groupes de 20 à 30 jeunes hommes ivres qui ont encerclé leurs victimes au milieu du millier de personnes qui s'était rassemblé autour de la cathédrale et de la gare centrale de Cologne. Mais la police a aussi signalé une dizaine de plaintes à Hambourg (nord).

"Un groupe d'une dizaine, vingtaine, trentaine de jeunes hommes étrangers s'en est pris à nous", a raconté une victime sur le plateau de la chaîne d'information en continu N-TV.

"Ils se sont mis à nous agresser, nous prenant l'entre-jambe, touchant nos décolletés, sous les manteaux", a-t-elle expliqué, ajoutant que "seules les femmes" étaient visées.

Selon M. Albers, les policiers intervenus ce soir-là font état "dans leur très large majorité de jeunes hommes, âgés de 18 à 35 ans, apparemment d'origine arabe ou nord-africaine", un constat corroboré par les descriptions des victimes.

Rapprochement "inadmissible"

"Nous n'avons aucun indice montrant qu'il puisse s'agir de réfugiés séjournant à Cologne" ou dans les environs, a insisté la maire Henriette Reker, jugeant ce rapprochement "inadmissible" à la suite d'une réunion de crise à la mairie.

Le ministre de la Justice Heiko Maas a lui aussi mis en garde contre toute "instrumentalisation" de ces agressions dans un pays où l'afflux de réfugiés a parfois suscité de vives tensions ces derniers mois.

Son homologue de l'Intérieur a abondé contre "la suspicion généralisée" à l'égard des immigrés mais demandé aussi qu'il n'y ait "pas de tabou" s'il devait se confirmer que les auteurs sont d'origine étrangère.

Allemagne "multicolore"

Sans attendre, plusieurs personnalités politiques ont commencé à utiliser l'événement. Après ces incidents, "est-ce que l'Allemagne est suffisamment ouverte sur le monde et multicolore pour vous, Madame Merkel ?" a lancé, provocatrice, Frauke Petry, la patronne du parti populiste Alternative für Deutschland (AfD) qui progresse dans les sondages.

Au sein même de la coalition gouvernementale, les conservateurs bavarois de la CSU, qui tempêtent depuis des mois contre la politique favorable aux réfugiés de la chancelière, ont trouvé aussi matière à alimenter leurs griefs.

"Si des demandeurs d'asile ou des réfugiés se livrent à de telles agressions (...) cela doit conduire à la fin immédiate de leur séjour en Allemagne", a lancé Andreas Scheuer, secrétaire général du parti, qui recevra mercredi Angela Merkel en Bavière lors d'une réunion prévue de longue date.

Un renforcement des effectifs des forces de l'ordre ainsi que de la vidéo-surveillance a été annoncé par le président de la police de Cologne qui se prépare à accueillir du 4 au 10 février des centaines de milliers de fêtards pour le carnaval, l'événement emblématique de cette ville.

Cologne: manifestation pour le respect envers les femmes

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