Agressions, intimidations, discriminations: les Belges ne se sont jamais sentis autant harcelés au travail

29 janv. 2019 à 05:01Temps de lecture2 min
Par RTBF

Un travailleur belge sur trois se sent victime de harcèlement sur son lieu de travail, selon une enquête réalisée par Securex auprès de 1500 travailleurs et dont les résultats sont dévoilés ce mardi. Ce taux marque une augmentation considérable puisqu'il s'agit d'une hausse de près de 3% par rapport à la même étude réalisée en 2017.

N'avez-vous jamais eu l'impression qu'un collègue ou un supérieur hiérarchique avait une attitude oppressante à votre égard ? Si ce n'est pas votre cas, vous faites sans doute partie des deux tiers des personnes qui ne ressentent pas de harcèlement sur votre lieu de travail. Ce taux est en hausse depuis 2009, l'année où Securex a commencé à analyser le bien-être au travail.

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Les agressions, première cause de mal-être

Mais le harcèlement professionnel peut prendre bien des formes comme le démontre l'étude. Parmi les sondés, plus d'un employé sur cinq (21%) déclare souffrir d'"agression" sur son lieu de travail.


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Près de deux sur dix (17%) évoquent plutôt de l'intimidation contre 16% qui parlent de discrimination. Enfin, 5% des employés interrogés dans le cadre de cette études ont le sentiment de subit un comportement sexuel non souhaité.

Une plus grande conscience du harcèlement

La raison pointée par l'étude pour expliquer l'évolution des chiffres entre 2017 et 2018 est la conscience des faits de harcèlement. Concernant l'intimidation, par exemple, elle accuse une augmentation de 14% en terme de perception des employés qui se croient victimes de ce type de comportement. La perception de ce type de comportement paraît donc plus systématique.

Concernant la personne mise en cause, elle diverge selon les personnes interrogées. Près de la moitié accusent leur responsable, ce qui marque une diminution de 9% par rapport à la précédente étude. À côté de la hiérarchie, 16% pointent un collègue et 7%, une personne extérieure au lieu de travail.

Peu d'intention de plaintes

Depuis 2007, le harcèlement au travail est encadré pénalement. Les lois du 10 janvier et du 7 février 2007 évoquent clairement la "charge psycho-sociale" du travail et englobent la violence et le harcèlement moral ou sexuel au travail. Elles imposent aux employeurs de prendre des mesures pour assurer le bien-être au travail et d'assurer la prévention et le suivi en cas de harcèlement professionnel.

Néanmoins, l'étude révèle que moins d'un employé sur 100 qui se sent victime de harcèlement le communiquera à son service de prévention et de protection du travail.  Le service externe pour la prévention et la protection au travail Idewe et l'université KU Leuven ont d'ailleurs mis au point un nouvel instrument pour lutter contre le harcèlement sur le lieu de travail début 2018. 

Pour que les chiffres repartent à la baisse, le chemin semble encore long mais la conscience de ce phénomène semble quant à elle, bien présente.

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