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Belgique

Afrique et Palestine: la coopération belge au développement restreint ses priorités

Afrique et Palestine: la coopération belge au développement restreint ses priorités
21 mai 2015 à 12:28 - mise à jour 21 mai 2015 à 13:142 min
Par Belga News

Revue à la baisse pour des raisons budgétaires, cette aide belge se concentrera dorénavant quasi exclusivement sur l'Afrique (à l'exception de la Palestine). "Nous voulons faire moins, mais nous voulons faire mieux", a indiqué jeudi le ministre de la Coopération, Alexander De Croo lors d'une conférence de presse.

Dans cette même optique, le gouvernement mettra également l'accent sur les pays les moins développés qui, selon un récent rapport de l'OCDE, ont vu leur aide publique au développement reculer l'an dernier. "Cette tendance est paradoxale. Ce sont pourtant les pays qui ont le plus besoin d'aide", a pointé M. De Croo.

La Belgique devrait ainsi consacrer à l'avenir la moitié de son aide publique au développement à ces pays les moins développés.

A l'analyse de la nouvelle liste des bénéficiaires, on recense six pays sortants (le Vietnam, le Pérou, l'Equateur, la Bolivie, l'Algérie et l'Afrique du Sud) qui sont maintenant devenus des pays à "revenus intermédiaires", et deux pays entrants, à savoir la Guinée, lourdement affectée par l'épidémie Ebola en début d'année, et le Burkina Faso.

Bénéficiaire de la Coopération belge jusqu'en 2003, ce pays réintègre donc la liste des pays partenaires. "Nous souhaitons supporter le processus démocratique en cours dans ce pays", justifie M. De Croo.

Malgré la crise politique actuelle au Burundi, le pays reste dans la liste des pays partenaires de la Belgique. Mais avec un avertissement clair au président Nkurunziza, désireux de se maintenir contrairement aux accords d'Arusha.

"Un troisième mandat présidentiel entacherait au plus haut niveau la légitimité de l'exécutif burundais et placerait le gouvernement belge dans l'impossibilité d'organiser, l'année prochaine comme il était prévu, une commission mixte (...) et de conclure un programme de coopération bilatéral classique", avertit le gouvernement belge. "La Belgique serait alors amenée à chercher d'autres formes de coopération, dans le double objectif d'améliorer le sort de la population burundaise et de renforcer les forces démocratiques".

En 2013, la Belgique a accordé une aide publique au développement de 47,4 millions d'euros au Burundi, dont 34,4 millions affectés à la coopération gouvernementale, ce qui fait de la Belgique le 3e bailleur de fonds à ce pays, après la Banque mondiale et l'Union européenne.

Outre la Guinée, le Burkina et le Burundi, la nouvelle liste des pays partenaires reprend donc désormais le Bénin, la RDC, le Mali, le Maroc, le Mozambique, le Niger, l'Ouganda, la Palestine, le Rwanda, le Sénégal et la Tanzanie.

Le gouvernement belge a également revu à la baisse la liste des organisations partenaires de sa coopération multilatérale (Unicef, OMS, FAO, etc.). Celles-ci seront dorénavant au nombre de 15, contre 20 jusqu'ici. Une nouvelle structure fait son apparition dans la liste. Il s'agit du "Tax Policy and Administration Topical Trust Fund" (TPA TTF), un organe qui aide les pays en développement à mieux organiser la perception de leurs impôts.

Cette concentration de la Coopération belge au développement, qui a bénéficié en 2014 d'un budget de 1,2 milliard d'euros, soit 0,44% du PIB, s'inscrit dans le nouveau cadre budgétaire restreint défini par la nouvelle majorité.

Celle-ci a pour mémoire décidé l'été dernier de réduire son aide au développement de l'ordre de 21% sur l'ensemble de la législature actuelle (2014-2019), ce qui s'est matérialisé par une compression des budgets de l'ordre de 150 millions d'euros cette année. Une économie qui sera progressivement augmentée d'année en année pour atteindre 260 millions en 2019.

Belga

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