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Afghanistan : à quoi va servir la session extraordinaire au Parlement britannique ?

Afghanistan : à quoi va servir la session extraordinaire au Parlement britannique ?
18 août 2021 à 10:20 - mise à jour 18 août 2021 à 10:484 min
Par RTBF

Vingt ans après leur chute, les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan à la suite d’une offensive fulgurante. Ce qui suscite de nombreuses réactions comme à Londres où Boris Johnson, le Premier ministre britannique, a demandé la réouverture exceptionnelle du Parlement ce mercredi pour parler de la situation en Afghanistan. Mais de quoi vont-ils parler ? Chloé Goudenhooft, correspondante à Londres est revenu sur le sujet dans "L’invité de l’Actu" sur la Première.

Incontestablement et au vu de la situation que traverse l’Afghanistan en ce moment même, les députés britanniques vont évoquer la décision du retrait des forces britanniques du sol afghan après le départ des Américains. La question d’une nouvelle intervention britannique sur place devrait aussi être évoquée, même si Ben Wallace, le ministre de la Défense, a déjà fait savoir qu’il serait impossible pour le Royaume-Uni d’agir seul dans le pays. Enfin, Boris Johnson devra aussi rendre des comptes sur la lenteur de la réaction de ses équipes vis-à-vis de la progression rapide des talibans.


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Le 28 juillet, des militaires à la retraite avaient envoyé une lettre ouverte au gouvernement pour lui faire part de leurs inquiétudes quant à la situation des interprètes dans la région. En réponse, Priti Patel, la ministre de l’Intérieur, et le ministre de la Défense ont rappelé qu’ils s’étaient engagés à faire venir au Royaume-Uni plus rapidement les personnes les plus à risque. Mais malgré ces alertes, le gouvernement a été pris de court ce week-end quand les talibans se sont rapprochés de Kaboul.

Un manque de réactivité de Londres

Ce manque de réactivité est lié à plusieurs facteurs. D’abord, le Premier ministre, comme Dominic Raab, le ministre des Affaires étrangères, étaient en vacances, ce qui leur a valu beaucoup de critiques en raison de l’implication de la Grande Bretagne sur le dossier.

Pour rappel, les forces britanniques ont rejoint l’action militaire dirigée par les États-Unis en Afghanistan dès le mois d’octobre 2001. C’était les camps d’entraînement d’Al-Qaïda et le régime taliban qui étaient visés à ce moment-là. Durant ces 20 années, des liens forts se sont tissés comme le souligne Tom Tugendhat, le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement.

"Ce sont des personnes aux côtés de qui moi-même et beaucoup d’autres soldats britanniques avons servi. J’ai vécu en Afghanistan durant quatre années et ces gens ont montré un énorme courage à se tenir debout et combattre à nos côtés. Ce ne sont pas des étrangers, ce sont des frères et des sœurs, et de voir cette destruction, cela me brise vraiment le cœur. Mais en partant, nous les avons privés de leur puissance de combat et les avons convaincus qu’il n’y avait pas de lendemain", affirme-t-il.


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Tom Tugendhat a ensuite qualifié la décision de retirer les troupes britanniques d’Afghanistan de plus grand désastre de la politique étrangère britannique depuis la crise de Suez en 1956. Pour de nombreux députés et lords, qui comptent parmi leurs rangs des militaires à la retraite, le Royaume-Uni a un devoir moral vis-à-vis de l’Afghanistan et il est impensable de laisser les Afghans à l’abandon.

Le programme d’accueil crée le débat

Toutefois, le gouvernement actuel rend éligible un accueil sur le territoire uniquement aux Afghans qui ont travaillé pour le gouvernement britannique dans des rôles de première ligne et qui ont fait une différence matérielle dans la réalisation des missions dans le pays. Ce qui suscite de nombreuses réactions puisque le programme d’accueil actuel fait débat. En effet, celui-ci exclut le personnel du consulat britannique en Afghanistan, qui n’est pas employé directement par le gouvernement britannique. Le gouvernement doit présenter un nouveau programme pour permettre à plus de réfugiés afghans de se rendre au Royaume-Uni.


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Selon Sky News, le nouveau programme devrait être similaire à celui qui avait été mis en place pour la Syrie en 2014 et devrait aussi permettre à 20.000 réfugiés de rejoindre le Royaume-Uni. Les 5000 personnes les plus vulnérables devraient pouvoir rentrer sur le territoire britannique dès la première année. La priorité sera donnée aux femmes, aux filles et aux minorités religieuses et de tout genre susceptible d’être maltraité par les talibans.

Toutefois, ce programme est contesté par certains députés, même issus du Parti conservateur, et déclare que ce programme ne va pas assez loin. Ian Blackford, le leader du Parti national écossais au Parlement, estime que le Royaume-Uni devrait accueillir 35.000 réfugiés. Le Parti libéral démocrate considère de son côté que 20.000 devraient être un point de départ et non un objectif final.

Pour l’instant, le gouvernement britannique a annoncé mardi le lancement d’un dispositif destiné à accueillir "à long terme" 20.000 réfugié afghan, à la veille d’une session extraordinaire du parlement consacrée à la crise liée au retour des talibans au pouvoir.

 

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Afghanistan: quelle position pour le Royaume-Uni ?

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