RTBFPasser au contenu
Rechercher

Belgique

Affaire de harcèlement au Parlement wallon : par courrier, les agents du Parlement mettent la pression sur le Bureau

15 sept. 2022 à 07:33 - mise à jour 15 sept. 2022 à 09:13Temps de lecture3 min
Par Jean-François Noulet

C'est un courrier dont la RTBF a pu prendre connaissance ce jeudi matin. 52 agents statutaires parmi les 106 agents du greffe du Parlement wallon ont envoyé, ce jour, un courrier aux membres du Bureau du Parlement, avec copie à l’auditorat du travail. Ces agents qui ne signent pas la missive, par peur de représailles de la part du greffier, s’inquiètent de la manière dont sont gérées par le Bureau du Parlement les révélations de harcèlement dans le chef du greffier du Parlement, Frédéric Janssens.

En particulier, c’est le communiqué, lu et publié, à l’issue de la réunion du Bureau du Parlement, mardi 13 septembre qui interpelle une majorité des agents.

"Nous nous sentons abandonnés"

"Les révélations de l’article du Soir ne nous ont guère surpris, mais face à une menace de mort, étayée par un enregistrement, nous espérions davantage de votre part", écrivent les agents du Parlement. "Au cœur de la démocratie, un acte illégal qui semble impuni est d’autant plus révoltant, et le justifier par un quelconque contexte est hors de tout entendement".

Les agents mettent en avant la fierté qu’ils ont à travailler au Parlement, "au service de la démocratie", sans ménager leurs efforts au quotidien. Mais ajoutent-ils à l’adresse des membres du Bureau, "nous nous sentons abandonnés" à notre sort et salis par les techniques managériales de celui qui a autorité sur nous en votre nom et qui ternissent l’image du Parlement".

Les agents dénoncent un monde politique qui "a fermé les yeux pendant trop longtemps sur ces abus de pouvoir qui durent depuis plus d’une décennie, dont il avait pourtant parfaitement connaissance""Nous ne pouvons plus l’admettre", estiment les agents derrière le courrier envoyé au Bureau du Parlement.

Pour que "ces agissements indignes d’un haut fonctionnaire cessent"

Dans leur lettre, les agents poursuivent en insistant que les problèmes de harcèlement au Parlement wallon ne datent pas d’hier. "Ce n’est pas la première fois qu’une plainte est déposée à l’encontre de M. Janssens et que des faits de harcèlement sont relayés par la presse", écrivent les auteurs de la lettre. "Depuis des années, nous sommes les témoins impuissants du départ précoce ou de la chute soudaine de nombreux collègues durablement abîmés psychologiquement par un management toxique", écrivent-ils. Et de rappeler que "deux responsables de direction sur quatre sont en burn-out, sans compter les nombreux fonctionnaires qui ont eu et ont à vivre cette terrible maladie après de longues années de dévouement sans faille envers l’institution".

Il est de notre devoir de les soutenir et de sortir de notre réserve afin que ces agissements indignes d’un haut fonctionnaire cessent une bonne fois pour toutes.

Un climat de terreur au Parlement

Les agents derrière ce courrier dénoncent "l’autoritarisme de M. Janssens" qui a des conséquences sur leur travail et leur santé. "Ses pressions, ses menaces, ses colères, ses insultes, ses humiliations ainsi que sa violence psychologique – et parfois physique – ont instauré une ambiance délétère, un climat de terreur et une résignation au mutisme qui impactent notre travail au service des parlementaires et des citoyens, et, au-delà même, notre vie privée ainsi que notre santé psychique et physique", écrivent-ils.

Un appel au Bureau à prendre ses responsabilités

Dans le communiqué du Bureau, lu par le président du Bureau, Jean-Claude Marcourt, il était question d’une concertation avec le personnel. Une concertation à laquelle les agents ne croient plus. "Vous évoquez la concertation sociale. Trop souvent, nous n’avons assisté qu’à des simulacres de dialogue qui n’ont jamais abouti, notamment faute de confidentialité réelle et d’impartialité", estiment-ils dans la lettre.

Par cette lettre, que les auteurs qualifient de "démarche courageuse au vu du contexte de terreur et de délation" dans lequel ils vivent au quotidien, il est demandé au Bureau de prendre ses responsabilités et "de ne plus cautionner cette situation inacceptable, car cette impunité ne peut plus durer".

Les agents prient, "cette fois", le Bureau de les soutenir et de tenir compte de leur situation lors des futures prises de décision les concernant. "Nous demandons à être reçus et entendus, urgemment et individuellement, en présence d’une personne extérieure et neutre".

Les agents tiennent à préciser que, "contrairement à ce que nous avons pu lire dans la presse, ce message n’est en rien lié à une quelconque révision du statut". Ces méthodes visant à nous discréditer nous mobilisent davantage, car notre bien-être au travail nous importe bien plus que l’aspect financier et les avantages liés à notre fonction", précisent les agents.

 

 

Sur le même sujet : Extrait JT (14/09/2022)

Témoignage accablant dans l affaire Janssens

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

"Du harcèlement permanent pour des petites choses" : un témoin accable le greffier du Parlement wallon

Politique

Le Bureau du parlement wallon n’a pris "aucune décision radicale" contre son greffier

Belgique

Articles recommandés pour vous