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Regions Liège

Accostée lourdement en pleine campagne, Éloïse a trouvé de l’aide via l’appli The Sorority

Éloïse avait téléchargé l’application The Sorority il y a quelques mois.
22 juin 2022 à 06:59Temps de lecture3 min
Par Florine Berger (st)

The Sorority, App-elles ou Mon Chaperon. Si vous êtes une femme, ces applications vous sont peut-être familières. Des plateformes d’entraide en cas de mauvaise rencontre dans la rue ou tard le soir. Vous partagez votre localisation et d’autres utilisatrices vous viennent en aide, en vous appelant ou en vous rejoignant. De plus en plus d’outils comme ceux-là voient le jour, mais sont-ils vraiment efficaces ? Une étudiante liégeoise n’est plus à convaincre et ne manque pas de le faire savoir depuis que The Sorority l’a sortie d’une mauvaise situation.

 

Éloïse Weckx promène son chien sur le RAVeL entre Bomal et Barvaux quand un homme d’une quarantaine d’années, à vélo l’interpelle pour lui demander où il pourrait trouver une pharmacie de garde. " Il me dit " C’est quoi le nom de ton chien ? " et moi gentille comme je suis, je lui réponds. Puis ça embraye vite sur " Et toi c’est quoi ton prénom ? " et au moment où il me demande où j’habite, j’ai vraiment une pièce qui tombe dans mon cerveau et je me dis c’est pas normal ", se souvient Éloise. L’individu tente alors de lui agripper le bras. " J’essaie de couper court à la discussion, mais ça ne fonctionne clairement pas et il me propose " Si tu n’habites pas trop loin, je peux te raccompagner dans ton lit. "

" Si tu n’habites pas trop loin, je peux te raccompagner dans ton lit. "

Éloïse envoie un SMS à sa maman, qui vient de la déposer et ne se trouve donc pas bien loin. Mais pas de réponse. Elle se rappelle alors l’application The Sorority, car elle avait justement été notifiée de l’appel à l’aide d’une autre utilisatrice le matin même. Elle appuie sur le bouton d’alerte. " La jeune fille arrive sur son vélo, à moitié en pyjama aussi. Elle me dit " Oh Eloise, qu’est-ce que tu fais là ? T’es quand même assez loin de chez toi. " Elle me demande si je le connais, je lui fais de grands yeux et lui dis que non, je ne le connais pas. Le monsieur me dit " Ah ben merci du renseignement. Bonne soirée les filles ", il remonte sur son vélo et il s’en va. "

« Je ne suis pas le genre de fille standard à qui ça peut arriver. »

Pour Éloise, l’application lui a sûrement évité le pire. " Je ne suis pas le genre de fille standard à qui ça peut arriver. Je n’aurais vraiment pas cru qu’à cet endroit-là, à ce moment-là il y ait quelqu’un qui réponde. Honnêtement, ma 3G est tout le temps allumée maintenant, au cas où. Ça peut peut-être sonner maintenant et si c’est pas trop loin, j’irai vraiment porter aide à la personne. "

Post Facebook et affiches placardées sur les murs de son école, Éloise met tous les moyens en œuvre pour sensibiliser d’autres jeunes femmes. " Avec tout ce qu’il se passe, les festivals qui arrivent, les piqûres qui sont partout, la fin des examens dans le carré et les filles qui se baladent toutes seules, je me suis dit autant faire de la prévention même si personne ne le voit. " Quelques heures plus tard, son message sur Facebook récolte plusieurs centaines de likes et de nombreuses personnes la contactent pour la soutenir et la remercier de son partage.

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Une vérification du profil des utilisatrices

Pour éviter la création de faux profils et donc le détournement de l’application à des fins dangereuses, toute nouvelle utilisatrice est soumise à plusieurs vérifications. Lorsque vous installez The Sorority sur votre téléphone, vous devez entrer vos informations complètes, mais aussi photographier votre carte d’identité et faire un selfie sur le moment.

Une fois votre compte créé, l’application fonctionne tant que vous avez une connexion à internet afin de pouvoir partager votre localisation. Si vous vous sentez en danger, il vous suffit d’appuyer sur le bouton d’alerte au centre de l’écran. Vous pouvez aussi demander de l’aide par téléphone ou par SMS aux utilisatrices les plus proches ainsi qu’appeler les secours.

Lancée en France en septembre 2020, l’application s’est exportée dans de nombreux pays d’Europe et même jusqu’au Maroc. Elle se veut aussi un lieu d’échange pour les victimes de violences conjugales ou de harcèlement via un système de chat.

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