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Belgique

Accord numéros INAMI : il est temps aussi de lutter contre la pénurie de médecins généralistes

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30 avr. 2022 à 14:30Temps de lecture2 min
Par Fabien Van Eeckhaut et Danielle Welter

Retour sur l’accord intervenu hier vendredi 29 avril entre le gouvernement fédéral et celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles à propos des numéros INAMI et les études de médecine et de dentisterie. A partir de la rentrée 2023, l’examen d’entrée sera remplacé par un concours d’entrée, avec un quota de lauréats prédéterminé en fonction des numéros disponibles, soit le précieux sésame qui permet effectivement de pouvoir exercer à l’issue des études. A l’horizon 2028, un nouveau mode de calcul sera instauré pour la répartition de ces numéros à l’échelle du pays, en évitant cette fois les dérapages du passé, pour l’essentiel du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mais un autre volet de l’accord conclu concerne cette fois les médecins généralistes. Avec pour objectif d’augmenter la proportion de médecins généralistes dans un futur proche pour faire face à la pénurie actuelle dans certaines régions. Ainsi le quota de numéros INAMI fixé à l’horizon 2028 a déjà été anticipativement augmenté de 10% pour booster la formation et la sortie des études de généralistes avant tout. Et sur les 744 numéros INAMi et donc les médecins attendus en 2028 côté francophone, il faudra sur la part et dans les compétences de la FWB faire en sorte qu’il se trouve 361 généralistes, soit quasi 50%.

Et c’est vrai qu’il y a du travail pour faire face aux manques, à la pénurie. Illustration ainsi dans le petit village de Stockem, près d’Arlon en province du Luxembourg (1548 habitants au dernier recensement), où le docteur Gilson vient d’effectuer ses dernières consultations.

"La principale qualité d’un médecin généraliste c’est sa disponibilité"

Le docteur Jean-Paul Gilson a 71 ans. Hier, il a mis un terme à 41 ans de service, 41 ans de consultations 6 jours sur 7 et raccroche définitivement. Fermé son petit cabinet de la rue des Bruyères. Finies les visites à domicile qu’il adorait faire, parties intégrantes de son activité à la rencontre des malades.

Ce médecin généraliste a tout fait pour se trouver un successeur. "J’ai mis des annonces, notamment dans une série de journaux médicaux. J’ai indiqué que j’étais dans une région semi-rurale, et ça c’est déjà limitant", éloignant déjà visiblement certaines candidatures. Les jeunes médecins apparemment préfèrent la ville et surtout les cabinets médicaux.

Peine perdue donc, il n’a pas encore trouvé la perle rare. Un départ à la retraite bien mérité, ses patients en conviennent – une série de cadeaux reçus le dernier jour le montre -, mais ils sont un peu inquiets. "Il faudra téléphoner à qui alors ? On est vraiment tristes, tristes, tristes". Réponse du médecin répétée plusieurs fois ces derniers jours : "Il y aura peut-être quelqu’un à partir du mois de juin… Peut-être… Tu peux bien rester encore un mois en bonne santé en attendant que mon successeur arrive", dans un éclat de rire. Le docteur Gilson faisait un peu partie de la famille pour de nombreux villageois.

L’accord politique intervenu hier est censé répondre à cette pénurie de généralistes… Mais on l’a compris, il faudra aussi trouver des médecins attirés par la pratique en milieu rural.

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