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A Verviers, réparer les ponts, voiries, parcs, écoles, musées et bâtiments publics inondés coûtera 40 millions d’euros

© RTBF - François Braibant

09 déc. 2021 à 21:16Temps de lecture3 min
Par François Braibant

Le coût total des travaux pour restaurer le domaine public ravagé par l’inondation à Verviers avoisinera les 40 millions d’Euros. En ce qui concerne les voiries, ponts et parcs, la Région couvrira 90% de la dépense. L’assurance prend en charge "la plupart des travaux" sur les bâtiments. Le reste sera à charge de la ville de Verviers, qui devra emprunter.

Onze ponts à réparer

Rien que réparer les ponts coûtera 4,8 millions d’Euros. Onze ouvrages d’art ont subi des dégâts. La ville a désigné un bureau d’études. Ce bureau a présenté le projet ce jeudi. "L’intervention la plus lourde, c’est sur le pont Francval" détaille Vincent Servais. "L’inondation y a formé un gros bouchon. La pile centrale a été détruite." Cette pile centrale ne sera pas remplacée. Une arche plus large prendra sa place : "on va dégager l’ouverture hydraulique de la Vesdre". C’est une manière de prévenir le problème à l’avenir : sans la pile, il y a moins de chance que se forme un bouchon à cet endroit en cas de nouvelle inondation.

"On a deux ponts qui sont assez proches. Les ponts de la Raye et de Nasproué. Ils avaient une ou deux piles intermédiaires dans la Vesdre et des tabliers assez simples. On va les remplacer par des ouvrages qui franchiront la rivière d’une seule portée. Il y a ensuite le pont Marie-Henriette, dont la structure n’a pas du tout souffert, mais dont le revêtement est abîmé. Ça, c’est une intervention un peu lourde, mais sur la partie supérieure.

Les interventions plus légères concernent les passerelles Roggeman et Sauvage. On remplace les garde-corps. Il y aura une intervention assez importante au pont de l’Epargne. C’est technique. Il y a eu un affouillement. Le sol s’est dérobé sous une des piles. Il y a eu un tassement de dix-onze centimètres. On doit consolider les fondations. Au pont de Renoupré, on va travailler au niveau du revêtement. Le pont du Chêne n’a eu aucun dégât, mais il était habillé d’éléments préfabriqués sur les côtés. Ces éléments ont été partiellement emportés. On ne va pas les remplacer. On va plutôt enlever ce qui reste et rendre ce pont à un état plus simple qui lui suffit parfaitement."

Unité de style

Le travail sur les ponts sera aussi esthétique : tous les ponts de la ville vont recevoir un garde-corps du même type. Les impétrants, c’est-à-dire les câbles électriques et conduites d’eau et de gaz seront intégrés "dans" les structures au lieu d’y être simplement accrochés. La réparation des ponts de Verviers doit se terminer entre mai et septembre 2022.

La Vesdre a aussi ravagé des voiries. "On en profitera pour embellir et verduriser" annonce la bourgmestre Targnion. Les rues à réparer ont été réparties en trois catégories par ordre de priorité. Celles dont il faut juste remplacer le revêtement, celles qu’il faut réparer plus en profondeur, de façade à façade avec nouvel éclairage et nouveau mobilier urbain, et puis celles qui relèveront de la catégorie "C", qui seront repensées et verdurisées. Cette catégorie "C" comprend les rues Francomont, Godin et en mi-ville à Ensival, du collège et des Raines au centre, des Hospices, Raymond, Marie-Henriette, et Courte en Pré-Javais. "Les interventions légères commenceront cette année et se poursuivront l’année prochaine, […] les interventions complètes commenceront à l’automne 2022 et se poursuivront sur plusieurs années" détaille le plan d’action "reconstruire Verviers".

La trémie sauvée ?

Engin, l’inondation de juillet va peut-être paradoxalement sauver la trémie. Ce tunnel au centre-ville a été rempli d’eau par la Vesdre. Il est aujourd’hui fermé. La trémie devait être supprimée pour le projet de centre commercial. Mais d’une part le projet a du plomb dans l’aile et d’autre part, avec la trémie fermée, les problèmes de circulation dans le centre-ville sont manifestes. Le collège communal a demandé une étude pour savoir combien coûterait de réhabiliter cette trémie. L’échevin Maxime Degey se dit personnellement plutôt en faveur d’une réfection du tunnel routier verviétois.

La bourgmestre Targnion dément la rumeur qui veut que des personnes s’y soient noyées en juillet. Il y a bien eu un mort dans le quartier, mais pas dans la trémie assure-t-elle. Au total, huit citoyens verviétois sont morts dans cette inondation.

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