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Economie

A Marrakech, l'immobilier résiste plutôt bien à la morosité générale

Si le riad a moins la cote qu'auparavant, les appartements et les villas se vendent toujours bien à Marrakech à des prix plus raisonnables qu'avant 2008. Les amateurs ont de vraies possibilités de négociation car les offres sont nombreuses.
21 déc. 2015 à 07:07 - mise à jour 21 déc. 2015 à 07:07Temps de lecture3 min
Par Michel Visart

Si le tourisme tunisien est quasiment à l’arrêt, d’autres pays de la région sont touchés par le climat de tension qui touche toutes les rives de la Méditerranée. Même si c’est moins apparent, le Maroc n’échappe pas à ce reflux et à Marrakech le marché immobilier s’en ressent.

Sur place, il suffit de se promener dans la ville et de discuter un peu pour se rendre compte que l’ambiance est à la fois calme et morose. Calme parce que le flux touristique s'est nettement réduit. Hôtels, restaurants et commerce tournent au ralenti. Morose parce que le climat international n'incite par les Marocains à l'optimisme. Sans oublier qu'à Marrakech, l'attentat de 2011 sur la place Jema El Fna et ses 17 morts reste dans les mémoires.

On peut supposer que ce contexte compliqué pèse sur l'immobilier et c'est en effet le constat que font tous les professionnels et notamment Paul Neveu de l'agence Atlas : " C’est en effet quelque chose que nous ressentons. C’est plus au niveau touristique pour les gens qui ont des riads ou des hôtels parce que c’est une clientèle qui connait peu le Maroc et qui vient moins vu l’ambiance générale. Par contre dans l’immobilier, même si nous sommes bien évidemment touchés, les gens qui décident d’acheter à Marrakech sont le plus souvent aujourd’hui des gens qui connaissent bien le Maroc, qui ont plus de recul et donc plus confiance. Ils se laissent moins influencer par la conjoncture ".

A prix réduits

Pour bien comprendre, il faut rappeler entre 2005 et 2008 environ, Marrakech a vécu une flambée des prix. Les amateurs très fortunés et les spéculateurs faisaient le marché avant que cette bulle éclate en 2009-2010 en prolongement de la crise financière. Depuis lors, les prix se sont plus ou moins stabilisés mais ils restent 20 à 30% inférieurs à ce qu'ils étaient avant 2008.

Il est donc possible de faire des bonnes affaires car il y a pas mal de biens à vendre et moins d'acheteurs.

Ces derniers ont donc la possibilité de négocier comme l’explique Othman Benhallam pour le réseau d’agence Guy Hoquet : " On revient à des niveaux de prix qui sont abordables avec de bons niveaux de rentabilité sur la gestion locative. Il est possible d’atteindre des taux de rentabilité de 8 à 10% ce qui est difficile à obtenir ailleurs aujourd’hui. Un appartement ou une maison se loue bien en saisonnier à Marrakech parce que c’est une ville touristique. Nous avons aussi des investisseurs, dont un Belge notamment, qui achètent beaucoup de bas d’immeubles pour faire du commerce et qui les louent avec une rentabilité d’environ 10% ".

Il faut quand même préciser que rares sont les étrangers qui achètent uniquement pour le rendement.

Leur objectif est le plus souvent de profiter de leur bien et le louer pour réduire les frais. Pour les prix, il faut compter entre 100 000 et 300 000 euros pour un appartement, de 300 000 à 1 million d’euros pour une villa.

Le grand luxe se compte en plusieurs millions. Ces dernières transactions sont peu nombreuses mais c’est une niche de marché stable car la clientèle très fortunée est peu sensible à la crise.

Des achats marocains

Sur le marché de Marrakech, une bonne partie des amateurs, environ 50% selon les spécialistes, sont des Marocains ayant les moyens de s’offrir une seconde résidence dans une ville prestigieuse. Sans oublier ceux que l'on appelle les MRE, les Marocains résidant à l'étranger.

Qu'est-ce qui les motivent? La réponse de David Monterin de Prestige Immobilier : " Ils trouvent que l’ambiance en Europe est un peu morose. Ils apprécient énormément la qualité de vie à Marrakech et au Maroc en général. Ils reviennent vers leurs souches et leurs origines. Certains achètent pour venir y vivre, d’autres comme pied-à-terre. Beaucoup d’entre eux sont en carrière professionnelle à l’étranger et qui envisagent de rentrer au pays à leur retraite ".

Un résumé, le marché immobilier est plus calme mais aussi plus raisonnable qu'avant 2008. Cela dit, Marrakech garde tout son pouvoir d'attraction. La ville impériale a fêté en 2015, ses 30 ans au patrimoine mondial de l'Unesco et chaque année, plus de deux millions de visiteurs la choisissent comme destination. Sauf gros problème, le marché immobilier local a de beaux jours devant lui.

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