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A Liège, un projet de "casiers solidaires" devrait se concrétiser à la Noël

Les casiers solidaires liégeois n'auront pêut-être pas la forme ni la couleur des consignes portugaises, mais voici, en simulation, ce que ça pourrait donner, sur l'un des sites prévus, près du commissariat Régence

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24 août 2017 à 10:56 - mise à jour 24 août 2017 à 10:56Temps de lecture2 min
Par Michel Gretry

Les gens de la rue se baladent souvent avec le fardeau de leurs maigres effets personnels, un couverture, du linge de corps, des vêtements secs. Lorsque de guerre lasse, ils déposent ce barda quelque part, pendant la journée, ils ne le retrouvent presque jamais, lorsque le soir tombe: volé, et évacué par les services de propreté urbaine. D'où cette idée de consignes, à installer dans des lieux publics, inspirée d'une expérience portugaise, qui a montré son utilité et son efficacité.

Le dossier est porté par le groupe Terre, qui assurerait la logistique, le financement et éventuellement la fabrication des casiers, et par deux associations, les Sentinelles de la Nuit et Fleur, qui s'occuperaient  de la surveillance, de l'hygiène, et de l'accompagnement social. Concrètement, six sites ont été choisis, ni trop visibles, ni trop isolés, pour implanter une double rangée de six armoires métalliques. Ce projet a  été plébiscité par plus d'un demi millier de votes citoyens, lors d'une récente consultation populaire des Liégeois sur la manière dont ils voudraient "réinventer" leur ville.

Une question de cohésion sociale

L'administration communale, justement, jusqu'à présent, n'a guère montré d'empressement à ce propos. Mais, comme l'explique David Schena, l'un des promoteurs,"la marginalité n'est pas à la marge d'une métropole: en trois ans, nous avons constaté une hausse de 20% du nombre de personnes qui dorment dehors, et que nous rencontrons lors de nos tournées nocturnes; et comme la réinsertion est un objectif chimérique en cas de déclassement chronique, il faut à la fois rendre de la dignité aux plus précarisés et limiter les nuisances qu'ils peuvent parfois représenter: les "casiers solidaires" rencontrent ce double objectif. Il ne faut pas craindre que le confort relatif qu'ils peuvent apporter conforte les sdf dans leur situation: il n'existe pas de pays de cocagne pour sdf...."

Vaincre les réticences municipales

Les autorités locales sont clairement sollicitées: avec les éducateurs de rues, par exemple, un comité de suivi pourrait être instauré, pour contribuer à la gestion, à l'attribution, aux inspections des dépôts, aux retraits en cas d'hospitalisation ou d'incarcération. Les moyens budgétaires sont qualifiés de dérisoires par les initiateurs, qui comptent interpeller les élus locaux, et qui, quel que soit l'accueil qu'ils reçoivent du côté officiel, ont programmé pour la fin décembre, si les autorisations d'urbanisme sont accordées, l'implantation des douze premiers "casiers solidaires" sur la septantaine prévue.

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