On n'est pas des pigeons

A l’avenir roulera-t-on tous en électrique ?

A l’avenir roulera-t-on tous en électrique ?

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C'est une question très délicate aujourd’hui, car parler de voiture électrique, c’est risquer de recevoir des dizaines de mails d’insultes. C’est pire que de parler de l’utilité du vaccin anti- Covid devant un auditoire de conspirationnistes.

Car tout le monde a son avis là-dessus. Tout le monde est un petit peu ingénieur en mécanique sur les réseaux sociaux. Si on consulte quelques sites, on réalise qu'on n’est pas à une contradiction près. Il y a pas mal de fake news. Et de nombreux internautes qui s’insultent à cause d’une question technique sur les batteries !

Les voitures électriques, ce n’est pas une nouvelle histoire

Depuis quand date la première électrique commercialisée ? 1852. C’était plutôt une carriole électrique, mais ça veut dire que la voiture électrique existait avant la voiture fonctionnant au carburant. Si vous allez au musée Autoworld, vous pouvez voir la première voiture qui a atteint les 100 kilomètres/heure en 1899. Elle est belge et électrique. Sa forme est celle d'une espèce d’obus sur roue. Son nom : la " jamais contente ". Un nom donné en l’honneur de la femme du constructeur ! Aujourd’hui l’électrique fait son grand retour.

Voiture plus propre ?

La voiture électrique est une voiture plus propre. Ça a l’air d’aller de soi, mais petit hic, c'est que la production d’un véhicule électrique est plus consommatrice en CO2 qu’un véhicule à combustion. Par contre, si on calcule toute la durée de vie d’une voiture électrique, de sa production à sa fin de vie, les véhicules électriques sont plus propres, vu qu'ils émettent quatre fois moins d'émissions de CO2 que les véhicules classiques.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de voitures électriques aujourd’hui sur nos routes ?

Mais parce que ça coûte une "blinde" ! Une Tesla model X à 140 000€, c’est le prix d’un appartement à Charleroi. Evidemment,c’est un modèle hors de prix. Il y en a des moins chères. A partir de 8 000 euros, vous pouvez rouler en Citroën Ami. Une micro machine à une seule place. Il y a aussi une Dacia plus grande à 17 000 euros. Son autonomie est de 230 km, donc si vous venez de Liège à Ostende, vous tombez en panne avant d’arriver à la mer !

A voiture égale avec leur homologue thermique, avec une autonomie acceptable, combien ça coûte ? 40 000 à 50 000 euros, pour environ 400 kilomètres d’autonomie. Bref, il faut avoir de l’argent ou une société qui vous l’offre.

Il n’y a, en Belgique, aucune aide à l’achat de voiture électrique, alors que, dans d’autres pays, on vous donne jusqu’à 7 000 euros pour vous inciter à en acheter une. Même si les frais d’entretien sont minimes et que l’électricité est gratuite si vous la produisez chez vous avec des panneaux solaires, la mise de départ fait très peur. Si les prix ne diminuent pas, à part ceux qui peuvent se le permettre, peu de gens rouleront en électrique.

Et puis il n’y a pas assez de bornes électriques

© Getty Images

Si vous habitez dans un appartement, vous ne pouvez pas brancher votre voiture à une prise chez vous. Ça bloque évidemment beaucoup de gens à passer à ce type de véhicule. Il y évidemment les bornes électriques qui commencent à se multiplier. Mais attention, également au prix : l’électricité coûte plus cher à cause aujourd’hui de la guerre en Ukraine.

Argument massue entendu dans les couloirs de la RTBF : on n’aura pas le choix. On sera obligé de passer à l’électrique, parce que l’Union européenne a décidé l'interdiction de vente des voitures neuves à essence, diesel ou hybrides en 2035. Attention, ça non plus, ce n’est pas aussi définitif que ça.

Voilà peut-être le monde du futur : des véhicules électriques, mais aussi roulant au bio carburant ou à l’hydrogène. Et toujours des véhicules roulant à l’énergie fossile comme les camions, camionnettes, et deux routes. Les avions, eux, ne sont pas concernés par l’interdiction européenne. Tout le monde ne roulera pas en électrique loin de là. 

Il n’y a pas assez de terres rares pour produire des véhicules électriques pour tout le monde

Rare-earth mine in Baiyun'ebo or Bayan Obo, China.
Rare-earth mine in Baiyun'ebo or Bayan Obo, China. © Getty Images

Les terres rares, ce sont 17 métaux aux propriétés intéressantes. On les retrouve principalement dans le moteur des véhicules électriques. Mais en fait, elles ne sont pas si rares que ça. On les trouve assez facilement : les réserves sont trois fois plus importantes que celle du cuivre et deux fois plus importantes que celle du zinc. Donc, aucune pénurie n’est à craindre avant très longtemps.

Plus problématique, c’est le lithium qu’on retrouve dans les batteries (et qui n’est pas une terre rare). Là, les besoins en lithium sont critiques: ils devraient être multipliés par six d'ici 2030 pour arriver à suivre la demande. Il faudra ouvrir 50 nouvelles mines. On en parle notamment en Alsace. Le lithium n’est pas une source inépuisable et il est cher: les prix explosent en ce moment, encore à cause de la guerre en Ukraine.

Il faudra donc trouver d’autres technologies alternatives de batteries, recycler ou acheter des voitures plus petites. Car sinon, il y aura là un vrai problème.

Retrouvez "On n’est pas des pigeons" du lundi au vendredi à 18h30 sur la Une et en replay sur Auvio.

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