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Regions Bruxelles

A Bruxelles, ne dites plus "crèches" mais "éco-crèches"

Le mobilier et les jouets de la nouvelle éco-crèche des Marolles sont tous faits en bois ou en plastique durable et recyclé
13 janv. 2022 à 06:023 min
Par Bruno Schmitz

Plus de la moitié des crèches de la Ville de Bruxelles sont désormais des éco-crèches. Un concept créé et lancé par la majorité communale en 2019, lors de la création des premières éco-crèches dans le nouvel écoquartier Tivoli à Laeken.

Aujourd’hui, deux ans et demi plus tard, 25 des 46 lieux d’accueil bruxellois pour la petite enfance en appliquent les principes. L’objectif, pour la Ville, est d’atteindre les 100% au cours de l’année à venir.

Une de ces nouvelles éco-crèches vient justement d’être inaugurée au cœur du quartier des Marolles. Le bâtiment, situé à l’angle des rues Notre-Seigneur et de la Chapelle, a été rénové pour respecter les normes énergétiques passives. Il compte un nouvel ensemble de cinq logements qui forme un habitat groupé et solidaire pour personnes âgées et, juste à côté donc, cette nouvelle éco-crèche baptisée "Les quatre saisons".

La directrice adjointe de la nouvelle éco-crèche Olivia Sergier (à gauche) et l’une des puéricultrices Julie Thirion (à droite)
La directrice adjointe de la nouvelle éco-crèche Olivia Sergier (à gauche) et l’une des puéricultrices Julie Thirion (à droite) B. Schmitz – RTBF

Plastiques à usage unique et déchets dans le viseur

Le principe de fonctionnement d’une éco-crèche est assez simple. Sur place, il n’y a presque plus de plastique. Pour y arriver, on utilise par exemple des barquettes en métal pour la nourriture, des biberons en verre et des verres pour les boissons plutôt que des gobelets. Les tables et jouets sont en bois en général en bois. Si c'est du plastique, c'est alors du plastique durable et recyclé. 

La gestion de l’eau est aussi revue complètement. "Fini les bouteilles en plastique", explique la puéricultrice Julie Thirion. "Pour servir les enfants, on utilise soit de l’eau en bouteille en verre pour les tout-petits, soit de l’eau du robinet pour les plus grands".

Les langes (jetables) proposés sont bios. Un test est en cours dans certaines éco-crèches bruxelloises pour passer carrément aux langes lavables (et donc réutilisables). La nourriture proposée est également garantie bio, locale et de saison. Même le lait en poudre est bio.

De quoi faire exploser le budget par rapport à d’autres crèches plus classiques ? "Pas du tout", répond l’échevin de la petite enfance Arnaud Pinxteren. "Lors de la mise en place du projet, nous avions promis qu’une crèche "éco-crèche" ne coûterait pas plus cher, ni au budget de la Ville, ni à celui des parents. On y parvient en réalisant un équilibre des dépenses. Par exemple, il y a un jour où on ne propose pas de viande dans la nourriture. Or, la viande coût très cher. L’eau du robinet coûte aussi 100 fois moins que celle en bouteille. Vu la consommation d’eau par jour, on fait vite de solides économies".

La nouvelle éco-crèche des Marolles se situe dans ce bâtiment blanc et orangé fraîchement rénové en immeuble passif
La nouvelle éco-crèche des Marolles se situe dans ce bâtiment blanc et orangé fraîchement rénové en immeuble passif B. Schmitz – RTBF

Le personnel s’adapte, mais ne croule pas sous une charge supplémentaire

Les éco-crèches profitent aussi de prix très avantageux sur les produits bios qu’elles achètent. "On passe par la centrale d’achat de la Ville de Bruxelles qui commande d’énormes stocks pour toutes une série de ses services", confie la directrice adjointe de la nouvelle éco-crèche Olivia Sergier. "Cela permet par exemple d’avoir des langes qui sont bios pour les prix des langes les moins chers que les parents trouvent dans le commerce. Pour le lait en poudre bio, aussi, on s’est rendu compte qu’avec ces prix de gros, il était finalement moins cher que celui qui n’est pas bio".

Mais moins de déchets produits, cela signifie devoir nettoyer et laver souvent tout ce que, auparavant, on jetait en général directement à la poubelle après utilisation. "Mais cela ne demande pas plus de travail aux puéricultrices et aux autres travailleurs. En fait, il faut simplement adapter certains gestes. Par exemple, c’est notre femme de service qui sera chargée de remplir, en amont, des carafes d’eau du robinet et les mettre au frigo".

C’est un tout petit peu de travail en plus. Mais il y a aussi beaucoup d’autres tâches que je ne ferai plus ou alors moins. Comme vider les poubelles

L’une de ces femmes de service, Djenabou, chargée aussi des lessives et de la cuisine, confirme : "Oui, c’est un tout petit peu de tâches en plus par rapport à la crèche précédente où je travaillais. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses que je ne ferai plus ou alors moins. Comme vider les poubelles".

Les éco-crèches pourraient se multiplier à l’avenir puisque l’ONE (l’Office de la Naissance et de l’Enfance) souhaite désormais copier et développer le modèle ailleurs en Fédération Wallonie-Bruxelles. Certains principes des éco-crèches bruxelloises ont d’ailleurs été incorporés au dernier contrat de gestion de l’institution et un support financier est à l’étude pour, à l’avenir, pouvoir être octroyé aux crèches qui décideraient de sauter le pas.

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