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Regions Bruxelles

A Bruxelles, le bureau n'a pas encore dit son dernier mot

14 déc. 2021 à 15:27Temps de lecture2 min
Par Marc Oschinsky

Avec la généralisation du télétravail, les immeubles de bureaux vont-ils disparaître du paysage bruxellois ? Jones Lang Lasalle (JLL), un spécialiste de l’immobilier de bureau, actif dans notre capitale, ne le croit pas. Mais il estime que l’avenir est au bureau durable.

Quand une société spécialisée dans le conseil et la gestion de l’immobilier de bureau présente son bilan 2021 et ses prévisions 2022 pour Bruxelles, c’est une bonne occasion de voir comment évolue le secteur. Et, surprise, le bureau bruxellois se porte plutôt bien !

 Après une année 2020 plutôt morose, ce ne sont pas moins de 365.000 m² qui ont été livrés cette année, soit une hausse de 37% par rapport à l’an dernier et de 7% sur la moyenne des cinq dernières années.  Les domaines d’activité qui se sont installés dans leurs nouveaux locaux ? Une majorité de compagnies privées (66%), un peu l’Europe (10%, en légère baisse) mais aussi les administrations publiques qui, via la Régie des Bâtiments, représentent 23% de l’occupation de ces nouveaux bureaux. Jones Lang Lasalle estime qu’il y a, actuellement, 1.112.000 m² de bureaux dans le grand Bruxelles (Bruxelles et périphérie)

Le durable recherché

Caractéristique commune des exigences immobilières des administrations et des sociétés : elles veulent du bureau durable, (" sustainable ", pour reprendre l’expression anglaise utilisée dans le secteur). En 2021, 62% des transactions réalisées ont concerné des immeubles de moins de 5 ans équipés des techniques les plus récentes. Des immeubles qui doivent également être adaptés aux nouvelles méthodes de travail hybrides. C’est ainsi que, paradoxalement, l’augmentation du télétravail amène à une demande plus forte pour certains bureaux à Bruxelles. Cette année, c’est l’hypercentre qui a été recherché : plus de 60% des immeubles livrés sont situés dans le centre-ville, parce que faciles à joindre par les transports en commun. Une offre qui séduit aussi bien les multinationales déjà présentes dans la zone que celles installées précédemment dans le reste de la région ou en périphérie.

Corollaire de ce qui précède : les bureaux situés hors de cette zone et qui ne peuvent pas facilement devenir " verts " sont moins recherchés. Pourtant, le taux de vacances (les bureaux inoccupés) n’a pas connu d’accroissement spectaculaire. Pour la simple raison que si, depuis dix ans, 1,9 million de mètres carrés de nouveaux bureaux ont été achevés dans la région et sa périphérie, 1,5 millions de mètres carrés ont disparu sur la même période. Comprenez : ils ont été transformés en écoles, en hôtels, en immeubles pour étudiants ou en logement. Le cas est particulièrement flagrant du côté de l’avenue Louise, où le résidentiel se loue plus cher que le bureau : l'offre du bureau y a diminué de 20% en dix ans.

  Et en 2022 ?

Pour 2022, JLL entrevoit la possibilité que l’offre de bâtiments modernes et durables ne puisse pas satisfaire l’ensemble de la demande. La Commission européenne est actuellement à la recherche de quelque 200.000 m² et la Fédération Wallonie-Bruxelles cherche à quitter ses immeubles du boulevard Leopold II, vieillissants. Or l’expert ne prévoit que l’arrivée de 75.000 m² sur le marché. De quoi voir la disponibilité légèrement diminuer. Mais, pour ce qui est des loyers, le spécialiste ne s’attend pas à une augmentation avant 2023. Actuellement, le m² est 315 euros par an dans le quartier européen, contre 275 euros dans le quartier Nord, le centre-ville et Louise et 165 euros dans la périphérie.

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