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A Bruxelles, l'habitat groupé doit faire face encore à certains obstacles

A Bruxelles, l'habitat groupé doit faire face encore à certains obstacles
11 avr. 2013 à 07:411 min
Par OPPENS Xavier Van

Dans l'immeuble de Jasmine, un étage et le jardin seront commun aux quatre ménages propriétaires. Ils veulent y développer des projets culturels, et être plus que des voisins, mais en ayant quand même chacun son appartement. 

La frontière entre privé et collectif a été tracée ici au fil de longs débats, d'un règlement, d'une charte d'immeuble. S'entendre, c'est la première difficulté. "On me disait souvent que je n’allais pas m’entendre avec mes voisins, que ce ne serait pas facile de vivre ensemble… Tout cela, je le sais. C’est la raison pour laquelle on a une charte de base, un règlement d’ordre intérieur. On ne part pas n’importe où. On sait que ce n’est pas facile. D’ailleurs, on s’est déjà engueulé (…) Tout doit être bien cadenassé."

A Bruxelles, trouver un lieu adéquat est un défi. Et ensuite il faut trouver dans la commune, dans les administrations, quelqu'un qui soutienne ce type d'habitat. "Il faut expliquer et les convaincre que c’est intéressant. S’ils comprennent la démarche, on a en général tout l’aide qu’on veut."

Certains communes bloquent, elles n'aiment pas les subdivisions d'immeubles. Il faut aussi formaliser légalement cette association. Or, il n'y a pas de statut juridique adapté à ce type d'habitat.

Autre contrainte: respecter les délais, pour l'achat, pour des primes... Mais décider à huit prend bien plus de temps.

Enfin, il est bien d’expliquer le projet aux voisins, de l'ancrer dans le quartier pour éviter un ghetto bobo mal accueilli.

Quand ces obstacles sont franchis sans que l'entente ne tourne au vinaigre, on sent dans ces coins de ville des ambiances de villages.

A Bruxelles, le gouvernement régional annonce qu’elle facilitera la vie aux initiateurs de tels projets. Aujourd'hui, obtenir un permis, des primes à la rénovation ou garder un chômage pour isolé dans un habitat groupé sont encore des paris risqués.

Myriam Baele

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