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A Bruxelles, cinq mille primo-arrivants se sont engagés dans un parcours d'intégration

Cours de citoyenneté dans les locaux de l'ASBL Via à Schaerbeek
21 juin 2018 à 08:56 - mise à jour 21 juin 2018 à 08:56Temps de lecture2 min
Par Véronique Fievet

Ce mercredi matin, une douzaine de participants attentifs (principalement des syriens) suivent le cours de citoyenneté dans les locaux de l'ASBL VIA, à Schaerbeek. Au programme : "A quoi servent les imports?".  Manal, la formatrice dispense les informations en arabe et la discussion s'engage. Sarab, est ingénieure civil. Elle est arrivée en Belgique il y a deux ans et demi avec son mari et ses enfants. "Pour moi, les impôts doivent servir à assurer la sécurité des citoyens, avance-t-elle, car je viens d'un pays où cette sécurité n'existe pas". "Mais en Belgique, c'est différent", explique Manal, "il n'y a plus eu de guerre depuis 1945, alors l'état dépense beaucoup pour la sécurité sociale et le bien-être de la population".

Les parcours d'accueil pour primo-arrivants fonctionnent depuis 2 ans à Bruxelles

Abd Almonam et Sarab étaient ingénieurs civils en Syrie

Depuis mars 2016, deux structures francophones ont vu le jour pour faciliter l'intégration des étrangers arrivés depuis moins de trois ans sur le territoire belge. Bapa Bruxelles (dans le centre-ville) et Via (implantée à Schaerbeek et Molenbeek) ont accueilli jusqu'à présent 5000 personnes. Le premier volet de ce parcours consiste à dresser un bilan social et linguistique de la personne ainsi qu'une courte formation de 10 heures sur les droits et les devoirs en Belgique. On lui propose ensuite un accompagnement individuel en vue de son intégration socio-professionnelle ainsi que des cours de français (jusqu'à 1200 heures de cours) et 50 heures de "citoyenneté" pour comprendre le fonctionnement de la Belgique. Les étrangers arrivés récemment sur le territoire et en ordre de séjour peuvent s'y inscrire  sur base volontaire. Mais cela pourrait changer, un décret prévoit en effet de rendre bientôt ce parcours obligatoire à Bruxelles.

Des participants enthousiastes et qui voudraient surtout trouver un emploi

Khano était commerçant avant de fuir la guerre en Syrie

Pourquoi se sont-ils inscrits dans ce parcours d'accueil?

Lors de la pause déjeuner, plusieurs participants acceptent de nous expliquer le parcours, souvent douloureux, qui les a amené sur les bancs de cette classe. En Syrie, Khano était négociant en pièces de voitures. Habitué des allers-retours entre l'Europe et le moyen-Orient, il parle 6 langues, dont le français, l'anglais, l'arabe, et l'arménien. Avec la guerre, il a tout abandonné pour se réfugier en Belgique avec femme et enfant. "Je suis content car nous sommes en sécurité, c'est très bien mais j'ai besoin de travailler sinon je me sens en prison. Je suis ici pour comprendre comment fonctionne la Belgique mais un jour, c'est sûr, j'espère retourner en Syrie, c'est mon pays ".

Batal (en retrait) et Ahmad, espèrent mieux comprendre la Belgique pour décrocher un emploi

A côté de lui, Batal et Ahmad approuvent : "l'accueil, les cours pour les adultes, l'école pour les enfants, c'est bien et nous remercions la Belgique mais ce que nous voulons c'est travailler pour avoir un bon logement".

La moitié environ des participants au parcours d'intégration; sont des réfugiés. Ils sont jeunes (85% ont entre 18 et 44 ans) et viennent majoritairement du Moyen-Orient. Si le dispositif, côté francophone, n'est pas encore saturé pour le moment, il pourrait vite le devenir si le parcours d'accueil devenait obligatoire. Le nombre de primo-arrivants susceptibles de suivre cet accompagnement pourrait alors atteindre 10.000 chaque année.

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