Las Lloronas, un trio de jeunes femmes réunies autour d’une musique acoustique mâtinée de poésie slam

12 août 2021 à 07:46Temps de lecture2 min
Par Brigitte Mahaux

Des mots intimes sur des mélodies et des harmonies bordées de mélancolie, le Trio Las Lloronas, formé par les musiciennes Amber in’t Veld, Sura Solomon et Marieke Werner propose un mélange original de musique du monde et de slam.

Mélange de musique du monde et de slam

Accompagnées d’accordéon, guitare, ukulélé et clarinette, leurs voix font fusionner des textes intimes avec des harmonies mélancoliques, pour un résultat simple, beau, fort et touchant. Des voix imprégnées, gorgées de leur XXIe siècle, avec leurs peurs, leurs peines et leurs joies… Gorgé, en anglais "Soaked", le titre de leur premier album paru en plein confinement et produit avec l’asbl Muzikpublique.

Au sein du trio, Amber est espagnole et hollandaise, Marieke est allemande, Sura est belge, avec des racines aux Etats-Unis et en Pologne. À trois, elles réunissent au minimum six instruments : le ukulélé, l’accordéon, la guitare, la clarinette et leurs voix, qui respirent ensemble dans une même volonté de partager leur perception du monde d’aujourd’hui, un regard qu’elles ont affûté ensemble pendant leurs études en sciences humaines à Maastricht…

Amies, elles sont animées d’une passion commune pour la sociologie, l’activisme et l’art.

Oser dire l’intime

Las Lloronas devrait être traduit par "les pleureuses" et pourtant, il n’y a rien de larmoyant dans leurs compositions : juste la force de laisser émerger une fragilité, et d’oser dire l’intime, au plus vrai… Une musique pour dire, dénoncer, prendre leur espace dans la société, écouter et être entendues, pour faire changer les choses…

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Les pleureuses existent depuis très longtemps, elles occupaient un rôle primordial dans les cérémonies funéraires dans l’Antiquité, et aujourd’hui encore, dans certaines communautés, elles jouent toujours un rôle important lors de célébrations : leurs pleurs et leurs cris, qui affirment haut et fort les sentiments de tristesse, de colère ou de révolte, ont une fonction de catalyseur d’émotions trop fortes. Ce qui permet à chacun dans l’assistance de laisser une place à ses émotions propres…

Et ça, les membres de Las Lloronas le font très bien. Elles ouvrent la porte à ce qui peut être "autre", inattendu, spontané, surprenant. Elles restent proches de leurs centres d’intérêt, qui sont à la fois les leurs et tellement les nôtres, les questions d’une société en pleine mutation.

Et, centrées sur ce qu’elles veulent se dire et nous dire, et sur ce qu’elles veulent partager pour inciter une réflexion, une émotion vraie, elles transcendent les appartenances culturelles, "dépassent même les instruments et la musique, l’immédiat et l’évidence… et il se passe quelque chose", comme le dit Didier Mélon…

Quels que soient nos âges, nos origines et nos vécus, on ne peut que les suivre dans leur partage interpellant…

Las Lloronas nous font entrer dans leur univers, celui de femmes du XXIe siècle, attentives et conscientes, à la vulnérabilité puissante.

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