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Economie

99e Salon de l’Auto en mode pandémie pour la deuxième année consécutive : "On ne sait pas quand ça s’arrêtera, et en même temps, notre industrie doit avancer"

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11 janv. 2022 à 09:324 min
Par Miguel Allo sur base de l'invité d'Anne-Sophie Bruyndonckx

La 99e édition du Salon de l’auto est en préparation. Elle se déroulera de ce vendredi 14 janvier au 23 janvier prochain, mais pandémie oblige, la grande messe de l’automobile se déroulera chez les concessionnaires. Ça fait deux ans de suite que le grand rendez-vous n’a pas lieu à Brussels Expo.

Le mois de janvier est donc une période importante pour le secteur et à la Febiac, la Fédération belge de l’industrie de l’automobile et du cycle, "on est dans un état d’esprit heureux et optimiste", nous dit Gabriel Goffoy, directeur de la communication. L’année commence bien, poursuit-il avec cette version décentralisée du salon et une l’activité commerciale qui a lieu dans le réseau des concessionnaires en toute sécurité. "On a pris toutes les précautions nécessaires afin de pouvoir recevoir ceux et celles qui s’intéressent à un nouveau véhicule ou à un nouveau deux-roues en toute sécurité".

Cet expert automobile rappelle que cela fait déjà deux ans que le secteur automobile vit avec la pandémie et qu’il a appris à vivre avec, comme beaucoup d’autres pans de la société. "On est en train de s’habituer à un nouveau contexte. On ne sait pas quand ça s’arrêtera, et en même temps, notre industrie doit avancer. Nous sommes une industrie qui offre des solutions de mobilité, donc on doit aussi trouver des solutions pour continuer à le faire pendant une pandémie".

Des immatriculations en baisse en raison de la pénurie de semi-conducteurs

La pression est certainement importante pour les concessionnaires qui doivent vendre et faire du chiffre. Or, ces chiffres sont en recul. Le marché belge de l’automobile a enregistré un recul de 11,2% par rapport à l’exercice de 2020, qui était déjà lui aussi largement perturbé. Malgré ce contexte : "Je pense qu’on peut dire que les concessionnaires vont bien", estime le directeur de la communication de la Febiac.

Gabriel Goffoy précise que ces chiffres sont ceux des immatriculations et ils ne reflètent pas ce qui se trouve aujourd’hui dans les carnets de commandes. "On a donc un réel décalage entre les véhicules que nous avons immatriculés et les véhicules qui sont vendus". Ce décalage, explique-t-il, est dû à la crise au niveau de la disponibilité des semi-conducteurs dont l’industrie automobile a besoin pour produire les véhicules et les livrer aux clients. "Donc, les délais d’attente sont un peu plus longs que d’habitude. Là où normalement vous attendez entre deux et quatre mois pour un véhicule, aujourd’hui c’est plutôt entre quatre et six mois, et dans certains modèles, un tout petit peu plus".

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Une percée des véhicules électriques

L’expert souhaite également mettre l’accent sur d’autres éléments :"les véhicules qui ont été livrés en 2021 ont un rejet de CO2 moyen qui est largement en dessous de celui de l’année précédente. On passe — j’arrondis les chiffres — de 130 à 117 grammes. C’est donc un recul très important". Par ailleurs, la Febiac confirme une réelle percée du véhicule électrifié, "qui occupe aujourd’hui presque un quart du marché".

Par rapport à cette percée des véhicules électrique, Gabriel Goffoy rappelle que l’Europe indique le chemin actuel avec des normes qui font partie du green deal européen. "L’industrie suit le carnet européen, ce qui veut dire que nous sommes bien évidemment enchantés de ce recul au niveau des rejets de CO2, et il est pour nous extrêmement important de continuer sur cette voie, mais de le faire d’une manière réfléchie, avec les ressources nécessaires".

Pour la Febiac, la mobilité individuelle électrique est donc une très bonne solution, mais elle ne l’est pas encore pour tout le monde, précise-t-elle : "puisqu’elle s’appuie sur un écosystème qui n’est pas encore en place".

Neuf véhicules sur dix électrifiés sont achetés par des entreprises ou des sociétés

La voiture électrique est actuellement "un tout petit peu plus cher qu’un véhicule non électrique", nous dit Gabriel Goffoy. Cela explique-t-il que neuf véhicules sur dix électrifiés soient achetés par des entreprises ou des sociétés ? En Belgique, il n’y a pas d’aide à l’achat ou de prime pour le particulier qui souhaite faire le pas, souligne l'expert. Mais, selon lui, ce n’est pas le seul problème, "puisque dans nos pays voisins, ça existe".

Se donner les moyens de faire cette transition

L’autre souci, c’est le nombre de bornes de recharges et : "il y a des régions — je ne vais pas les nommer — où nous sommes très loin". En Belgique, il y a un total de 13.000 bornes de recharge et :"on a vendu seulement en 2021, et là je parle des voitures 100% électriques, déjà presque 20.000 unités". Gabriel Goffoy estime qu’il y a : "un réel devoir pour la force politique de mettre en place des structures de recharge suffisantes dans toutes les régions. À Bruxelles, on parle de 22.000 bornes en 2035. C’est largement insuffisant. À Amsterdam, on parle de 82.000 bornes. On doit donc se donner les moyens de faire cette transition".

Le variant Omicron et les risques de perturbations

Environ 370.000 voitures et 40.000 véhicules utilitaires – autobus, autocars – sont assemblés chaque année en Belgique. On voit donc que l’ensemble de l’industrie automobile a une influence considérable sur l’économie et sur l’emploi. On s’attend dans les prochaines semaines à un vrai ralentissement dans de nombreux secteurs à cause du variant Omicron qui circule, à cause encore une fois de la pandémie. Le secteur a-t-il anticipé le fait qu’il y aura peut-être moins de travailleurs disponibles ?

Selon le directeur de communication de la Febiac, le secteur automobile, comme toutes les autres industries, prend les précautions nécessaires et essaye d’éviter un recul des effectifs sur place. Ceci dit, il ajoute que : "nous sommes très heureux avec toutes les mesures qui existent aujourd’hui pour se protéger. On les met en place dans toutes les industries et tous ceux qui sont actifs dans notre domaine, que ce soit dans la distribution ou dans la production, prennent les précautions nécessaires pour éviter que trop de gens se rendent malades. Je pense qu’en Belgique, on est bien au-delà ou bien plus loin que d’autres pays au niveau du taux de vaccination, donc je suis plutôt à l’aise et prudent".

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