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94 ans et toutes ses dents : la Taverne du Passage a rouvert ses portes

94 ans et toutes ses dents : la Taverne du Passage a rouvert ses portes
14 janv. 2022 à 13:502 min
Par Marc Oschinsky

On l'avait crue morte et enterrée, après plus d'un an de fermeture et une faillite prononcée en mai dernier. Pourtant, il y a quelques semaines, la Taverne du Passage, ce haut lieu de la restauration bruxelloise, a rouvert ses portes. Nouvelle direction, nouvelle équipe, nouveau chef: la Taverne 2.0 parviendra-t-elle à convaincre ses nombreux habitués ? 

A deux pas de la Grand-Place, dans les galeries Saint-Hubert, la Taverne, comme disent les clients fidèles, est une institution. Depuis 1928, une clientèle essentiellement bruxelloise s'y retrouve, dans un décor Art Déco inchangé, pour déguster soles meunières et autres waterzooi à la gantoise. Mais le Covid et le confinement ont eu raison de son équilibre économique. La Taverne était donc à reprendre et c'est Raphaël Nataf qui l'a emporté. S'il est jeune (30 ans), il a déjà une certaine expérience dans la restauration bruxelloise, puisque le groupe familial possède également la Chaloupe d'Or, et, dans un genre différent, l'Ultime Atome à Ixelles et la chaîne Hector Chicken.

Aux fourneaux, il a mis Antoine Mariscal. ici aussi, place aux jeunes, puisqu'Antoine a 25 ans à peine. Il ne cache pas avoir eu de longues discussions avec son prédécesseur, qui a régné en cuisine pendant une quarantaine d'années. Puis, il a décidé de créer sa propre carte. Certes, les croquettes aux crevettes sont toujours là (on ne change pas une formule qui gagne), mais d'autres classiques ont disparu : exit les rognons de veau, par exemple. "Oui, ils ont disparu, concède le chef. Mais nous venons de nous lancer et nous avons choisi une carte plus courte. Ce qui ne signifie pas qu'ils ne reviendront pas. Nous allons écouter nos clients et voir ce qu'ils nous demandent.

La décoration aussi a été rafraîchie. Mais comme l'explique Raphaël Nataf : "On a tout changé pour ne rien changer." En un peu plus d'un mois, la salle a été mise à nu, le carrelage du sol et les moulures au plafond nettoyés (ce sont les seuls éléments classés de l'endroit), les murs recouverts d'un papier peint discret, l'électricité refaite et les banquettes remplacées. Le résultat est étonnant : le visiteur a l'impression que, à part le grand mobile accroché au plafond, tout est comme avant. Mais, quand il y regarde de plus près, il constate la remise à neuf.

Cette renaissance convaincra-t-elle le public, composé essentiellement d'habitués ? Sur les réseaux sociaux, quelques avis regrettent, outre la disparition de certains incontournables de la carte, un service parfois débordé. Mais sur place, un (très) rapide coup de sonde n'a trouvé que des dîneurs satisfaits. Comme cette dame, qui vient depuis plus de quarante ans  : "Ici, je me sens chez moi, j'ai retrouvé quelque chose de nos habitudes. Et en même temps, quelque chose de nouveau."

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