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Le 6/8

8 idées reçues en nutrition attestées ou infirmées par la science

La vérité sur les sujets chauds de la nutrition

Le 6-8

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28 avr. 2022 à 10:30Temps de lecture4 min
Par François Saint-Amand

La recherche scientifique sur la nutrition progresse de jour en jour. Cependant, quelques faits sont formellement certifiés et ne laissent plus aucune place au doute. Chantal van der Brempt, nutritionniste, en pointe 8 essentiels.

Faut-il vraiment ne plus manger de sucre ? Les édulcorants sont-ils vraiment dangereux pour la santé ? Les aliments transformés sont-ils à bannir absolument ?

Comme de nombreux sujets ayant trait à la santé, la nutrition n’est pas à l’abri des polémiques et des débats interminables sur l’apport nutritif et les effets positifs ou néfastes de certains aliments sur le corps. On lit notamment toutes sortes d’inepties et d’idées reçues sur un sujet pourtant nuancé et complexe. Cette science est pourtant constante évolution et la vérité d’hier peut être contredite par celle d’aujourd’hui.

Chantal van der Brempt tente d’y voir plus clair avec 8 sujets qui sont scientifiquement prouvés.

Le jeûne intermittent : attention aux patients atteints par le cancer

Prôné par les nutritionnistes, le jeûne intermittent - à savoir la réduction du temps entre le premier et dernier repas de la journée entre 6h et 8h, impliquant de sauter le petit-déjeuner ou le souper – n’est pas un régime. S’il fait bien perdre du poids au début, il est d’abord valorisé pour son aide aux patients touchés par un cancer.

C’est précisément dans ce cas que la réalité scientifique est plus nuancée. Si des études prometteuses sont réalisées pour affamer les cellules cancéreuses et les éliminer plus facilement, il faut faire attention indique Chantal van der Brempt : "Si vous êtes atteints par le cancer, ne faites pas ce type de régime sans demander conseil, pour l’instant. Même si les recherches montrent des résultats assez positifs mais beaucoup de patients cancéreux doivent manger, même si ce sont des aliments sucrés".

Les aliments transformés oui, pas les ultratransformés

Souvent les nutritionnistes déconseillent les aliments transformés. Cependant, il convient d’établir une différence entre le transformé, qui peut se consommer avec modération, et l’ultratransformé peu recommandé pour ses apports nutritifs.

Le transformé englobe autant les boîtes de conserve contenant légumes ou fruits, des pots de sauce qui contiennent des légumes, le pain, le fromage, les jambons fumés,… Il est reconnaissable avec l’abréviation T sur les emballages.

L’ultratransformé, ou UT en abrégé, s’applique à tous les plats dénaturés, à savoir tous les plats préparés. Ils contiennent additifs chimiques, colorants, sel, sucres sous différentes formes,…

On dit oui au sucre mais sans excès !

Si on recommande en général de ne pas manger sucré, cela ne signifie pas qu’on ne peut pas s’autoriser des aliments sucrés quand on en a envie.

On peut s’octroyer ce genre de plaisirs de la vie assure Chantal van der Brempt. C’est l’excès de sucre qui est formellement déconseillé : "Dans les produits ultratransformés il y a du sucre partout. Si vous mangez une alimentation naturelle vous pouvez vous enfiler un petit morceau de gâteau même une fois par jour".

La règle à suivre est de ne pas dépasser 25 à 35 grammes de sucre par jour. Or, une canette de coca apporte déjà 35 grammes de sucre dans le corps.

Peter Dazeley / Getty Images

Les fruits et légumes sans et… avec pesticides

Certes la nourriture bio, garantie donc sans pesticides, est bonne pour la santé.

Cependant, "une personne qui mange des fruits et des légumes conventionnels sera toujours en meilleure santé que quelqu’un qui n’en mange pas". Il vaut mieux manger des fruits et légumes avec pesticides qu’aucun fruit et légumes.

Si le portefeuille le permet, alors on passe un cran au-dessus en optant en effet pour les produits bios.

Ne pas s’arrêter de manger du gluten mais varier les céréales

Faut-il bannir le gluten ? Il faut distinguer la maladie cœliaque, à savoir l’allergie immédiate au gluten, de l’hypersensibilité au gluten. Pour cette dernière, 6% de la population en souffrirait : elle n’entraîne pas de réactions immédiates mais engendre des ballonnements, crampes, problèmes cutanés,…

Dans ce cas, il faut effectivement prêter attention à la nourriture qui contient du gluten, mais cela ne sous-entend pas qu’il ne faut jamais en manger. "Des études montrent qu’il y a des réactions dans l’intestin, il ne faut donc pas exagérer" explique la nutritionniste. Il faut donc plutôt adapter les quantités.

Pour tout le monde, il faut surtout varier la consommation de céréales alors que l’on se cantonne bien souvent qu’au blé.

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Le fructose, à petites doses

Le fructose est souvent diabolisé. Pourtant manger des fruits reste bon pour la santé. En réalité, son seul problème est d’être régulièrement injecté dans l’industrie alimentaire pour sucrer d’autres aliments et des préparations comme les sodas.

Une fois isolé de ses fibres, il est donc transformé et le foie métabolise le fructose qu’il transforme en graisse qui se déposera dans le foie voire les muscles. "Cela peut donner des soucis à terme, mais une fois de plus, c’est quand on en consomme beaucoup" souligne la chroniqueuse.

iStock / Getty Images Plus

Évitez les édulcorants

Concernant les édulcorants, l’agence de la sécurité alimentaire précise que "quelques études soulignent toutefois la nécessité d’approfondir les connaissances entre la consommation intense et certains risques".

Encore une fois, tout est dans la nuance. Si pour les gens qui ont du diabète, c’est peut-être une solution mais "on n’a toujours pas assez de recul" prévient la nutritionniste, qui conseille donc de s’abstenir vu les doutes qui entourent encore les édulcorants.

Peter Dazeley / Getty Images

Les acides gras saturés à contrôler

Pas d’excès non plus pour les acides gras saturés (beurre, charcuteries, viandes grasses,…). "Il faut diminuer cet apport et le varier" car on a besoin de ces acides gras.

La graisse de coco est par exemple intéressante pour le cerveau, en petite quantité toutefois.

► En résumé, dans la majorité des cas, il faut varier sa nourriture et consommer des aliments à petites doses.

Retrouvez les conseils nutrition de Chantal van der Brempt et bien d’autres chroniques tous les jours de la semaine dans Le 6-8 sur La Une.

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