Coupe du Monde 2022

7.300 kilomètres à vélo entre Paris et le Qatar : l'exploit sensationnel de deux supporters français

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27 nov. 2022 à 06:03Temps de lecture3 min
Par Maxime Berger et Sarah Mottard

Ils s'appellent Gabriel et Mehdi. Ils ont 26 ans. Ils sont supporters de l'Equipe de France de football. Ils ont parcouru plus de 7300 kilomètres à vélo entre le Stade de France, à Paris, et Doha, la capitale du Qatar, qui accueille la Coupe du monde 2022.

"On est fan de l'équipe de France, on la suit depuis plusieurs années dans les compétitions internationales. On est également fan de voyages à vélo. En allant supporter les Bleus à la Ligue des nations l'an dernier, on s'est dit que ce serait une bonne idée de faire cela un peu plus longtemps. Comme on est tous les deux indépendants, on est parvenu à organiser notre année de travail afin de partir trois mois. On s'est élancé le 20 août dernier du Stade de France, tout un symbole. Nous voilà maintenant à Doha. La raison principale de ce voyage, c'est se faire un kiff entre potes, partir trois mois à l'aventure afin de vivre un million d'aventures entre Paris et ici. En faisant ça et en documentant nos journées sur les réseaux sociaux, on se retrouve à promouvoir la mobilité durable. On est très content de faire ça car on reçoit beaucoup de messages. Les gens nous disent que, grâce à nous, ils ont eu l'idée d'aller travailler ou de faire un week-end à vélo. On a pu voir des réseaux de pistes cyclables incroyables en Europe, du côté de l'Allemagne ou l'Autriche par exemple", racontent-ils.

"Notre philosophie, c'est de voyager, ce n'est pas la performance. C'est de l'endurance et du mental. On ne s'est pas préparé pour ce défi. On a compté sur les premiers jours de vélo pour se mettre en jambes physiquement. Logistiquement, on a essayé d'être le plus flexible possible. On ne peut prévoir ce qui va se passer sur la route ou avec nos vélos. On a fait des étapes au jour le jour pour avancer avec des points de repère. Istanbul, Petra, Riyad et finalement Doha. En plus de ce voyage, on avait envie de partager ça à notre retour en France avec des jeunes de quartiers défavorisés. On voudrait pouvoir les emmener en voyage à vélo pour qu'ils découvrent les joies, et les peines aussi, de ce genre de voyages. C'est une ouverture d'esprit sur les autres, sur le monde, mais aussi sur le développement durable et la mobilité durable. On a donc ouvert une plateforme de récolte de dons", narrent ensuite les deux potes.

Gabriel (à gauche) et Mehdi (à droite)

Et d'ajouter : "La galère sur ce voyage, elle est quotidienne. Il faut réussir à s'accrocher mentalement car Doha était un objectif très lointain. En Arabie saoudite, c'était difficile car on était dans le désert. C'était long, monotone, ennuyeux. On s'est tapé du vent de face, des tempêtes de sable. On a eu des galères techniques aussi, comme des crevaisons, un changement de roue ou un pédalier cassé au milieu de l'Arabie saoudite. Pas de magasin de vélos aux alentours. On ne s'est pas senti en insécurité en général. Toutefois, on a traversé Israël et on voulait faire de même en Palestine. On est arrivé dans un climat de tension. On a vu certaines choses qui ne rassuraient pas, on a changé un peu l'itinéraire. On a également traversé des très grandes villes, hostiles à la pratique du vélo. On a un peu serré les dents. On a tout fait à vélo, on a simplement dû emprunter un bateau pour passer du sud de la Turquie à Chypre et un avion du sud de Chypre à Tel Aviv. Dans le détroit du Bosphore, on a négocié pour qu'une voiture accepte de nous accompagner sur le pont. On est donc passé de l'Europe à l'Asie uniquement à vélo."

Des galères et surtout... des souvenirs impérissables. "De nombreuses rencontres ont jalonné notre parcours. Tout ça, ça reste. Des gens nous écrivent, on partage des photos et des souvenirs ensemble. On avait très peu d'attentes en Arabie saoudite par exemple. Pourtant, on a trouvé dans ce pays une grande générosité. On a pu échanger autour de nos différences culturelles, avec pudeur, respect, curiosité et tolérance. Nos tentes nous permettaient d'être autonomes. On a privilégié le camping en Europe. Dans un deuxième temps, c'était soit en tente, soit chez l'habitant. On est allé à l'hôtel quelques fois pour vraiment se reposer, on a dormi dans des mosquées également. Les tapis sont confortables, mais le bémol, ce sont les prières matinales", sourient les deux compères.

A Doha, leur arrivée était complètement folle. "L'ambassade de France au Qatar s'est prise au jeu. Elle a organisé une super arrivée avec des dizaines de médias et de cyclistes. L'équipe de France nous a réservé un accueil incroyable puisqu'on a pu rencontrer les joueurs. On a reçu un maillot dédicacé par les joueurs et par Didier Deschamps. C'était très touchant. On va pouvoir suivre l'intégralité des matches des Français. On reste de toute façon un mois ici. On a reçu beaucoup d'invitations donc on va pouvoir découvrir Doha et le Qatar", concluent-ils.

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